De Pal­mas : « Sau­vé par Gold­man »

L’ac­cou­che­ment de « J’en rêve en­core » ne s’est pas fait sans souf­france. Il a fal­lu un coup de pouce ami­cal de Jean-Jacques Gold­man pour que la chan­son prenne le vi­sage qu’on lui connaît.

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IL EN RÊ­VAIT de « J’en rêve en­core ». Du vrai tube, de la chan­son po­pu­laire ul­time. Sur­tout en 2000. A l’époque, Gé­rald de Pal­mas en est loin. Il s’est of­fert un jo­li suc­cès avec « Sur la route » six ans plus tôt et son pre­mier al­bum. Mais le se­cond n’a pas at­ti­ré grand monde. « J’étais dé­çu par l’échec de ce disque, se sou­vient-il au­jourd’hui. Et j’avais per­du confiance. Je tour­nais en rond en pré­pa­rant mon 3e CD. Je fai­sais un blo­cage sur les textes, je n’y ar­ri­vais pas. J’écri­vais des choses, mais c’était tou­jours moyen.

Heu­reu­se­ment, le gui­ta­riste chan­teur, alors âgé de 33 ans, com­pose, trouve beau­coup de mé­lo­dies sur les­quelles il met des pa­roles « en yaourt », comme disent les spé­cia­listes, de l’an­glais qui ne veut rien dire. Une chan­son s’ap­pelle alors « Time for Lo­ver ». Elle de­vien­dra « J’en rêve en­core ». « J’ai trou­vé la mé­lo­die de gui­tare qui tourne du dé­but jus­qu’à la fin du mor­ceau de­vant la té­lé, dans mon ap­par­te­ment du XVe, à Pa­ris. Mon Beau­vais (Oise), 2001. ex-femme m’a dit : C’est bien ça, tu de­vrais le tra­vailler. Je sen­tais que je te­nais quelque chose avec cette chan­son. » Mais tou­jours pas de texte. Ni pour ce mor­ceau ni pour les autres. « Je com­men­çais vrai­ment à flip­per. A l’époque, je cô­toyais un peu Jean-Jacques Gold­man, j’avais par­ti­ci­pé aux Res­tos du coeur. Un jour, il m’a in­vi­té à le re­joindre sur la scène du fes­ti­val So­li­days pour une re­prise (NDLR : « Rol­lin and Tum­blin », vieux blues po­pu­la­ri­sé par Mud­dy Wa­ters) et l’après-mi­di, pen­dant les ré­pé­ti­tions, je lui ai de­man­dé : Est-ce que si je t’amène des mé­lo­dies, tu peux m’ai­der ? De Pal­mas en­voie alors quatre ou cinq chan­sons, dont ce fa­meux « Time for Lo­ver. » « Celle-là, elle me plaît, lui ré­pond ra­pi­de­ment Gold­man. Je vais es­sayer de faire quelque chose des­sus, et je te rap­pelle dans un mois. » « Jean-Jacques m’a in­vi­té à ve­nir l’écou­ter, ef­fec­ti­ve­ment, un mois 19 jan­vier. La loi sur les 35 heures de tra­vail heb­do­ma­daire en France est dé­fi­ni­ti­ve­ment adop­tée. 26 mars. Vla­di­mir Pou­tine est élu pour la pre­mière fois pré­sident de la Fé­dé­ra­tion de Rus­sie. 3 juin. Ma­ry Pierce rem­porte le tour­noi de Ro­land-Gar­ros. C’est la pre­mière Fran­çaise à dé­cro­cher le titre de­puis Fran­çoise Dürr en 1967. plus tard. J’étais ter­ri­fié à l’idée que ça ne me plaise pas. Il m’a re­çu dans sa cui­sine. Il avait re­fait un ar­ran­ge­ment avec un son de cla­vier pour­ri. C’était vrai­ment co­mique. » « Il faut le voir sur soi », lui dit alors Gold­man. « Je sen­tais que ça swin­guait bien. Mais je n’étais à l’aise avec quelques mots du texte. J’en ai par­lé à Jean-Jacques qui m’a dit : Je crois que tu te trompes, ré­écoute bien. Il sen­tait que l’équi­libre était bon. »

« J’en rêve en­core » est prêt. C’est le dé­clic pour De Pal­mas. « J’ai re­de­man­dé des textes à Jean-Jacques. Il a re­fu­sé en me di­sant : Tu vas écrire le reste, tu sais le faire. Cette col­la­bo­ra­tion m’a don­né confiance. Qu’un mec comme Gold­man ac­cepte de faire un texte pour moi vou­lait dire que j’avais une va­leur. Et j’ai re­com­men­cé à écrire des textes. »

L’al­bum « Mar­cher dans le sable », qui contient « J’en rêve en­core », sort en no- 2 juillet. L’équipe de France de foot­ball gagne l’Euro face à l’Ita­lie, par deux buts à un, deux ans après sa vic­toire en Coupe du monde. 25 juillet. Le Con­corde s’écrase à Go­nesse (Val-d’Oise), peu après son dé­col­lage de Rois­sy. Le crash fait 113 morts. 12 août. Le sous-ma­rin russe Koursk coule en mer de Ba­rents avec 118 hommes à bord. Il n’y a au­cun sur­vi­vant. vembre 2000 et se vend au fil des mois à plus de 1 mil­lion d’exem­plaires. Son plus gros suc­cès à ce jour, qui lui per­met d’écrire dans la fou­lée un al­bum pour John­ny, et no­tam­ment la chan­son « Ma­rie », autre triomphe. « Je n’ai pas vrai­ment sa­vou­ré le suc­cès, avoue au­jourd’hui De Pal­mas. J’ai vite pen­sé à la suite, à l’al­bum sui­vant. J’ai flam­bé en fai­sant des trucs bêtes : j’ai ache­té une col­lec­tion de voi­tures an­ciennes que j’ai re­ven­due en­suite. J’étais ti­raillé entre le fait de de­ve­nir un ar­tiste po­pu­laire et ma res­pon­sa­bi­li­té de père, avec mes deux en­fants qui étaient pe­tits à l’époque. Mais de­puis, je joue Je rêve en­core à chaque concert. Je suis très re­con­nais­sant à cette chan­son. »

« Je n’ai pas vrai­ment sa­vou­ré le suc­cès »

@ema­rolle Der­nier al­bum, « la Beau­té du geste », Uni­ver­sal. 14,99 €. En concert le 2 no­vembre à En­ghien, le 3 à Nantes, le 4 à Bor­deaux, le 5 à Tou­louse et les 3 et 4 mars 2017 à l’Olym­pia. Et même si je m’amé­liore OhO j’en rêve en­core Mê­meM cas­sé, ivre mortm OhO j’en rêve en­co­ree En­core,E en­core Ne plus rien sen­tir In­cons­cient, mi­né­ral Plus le moindre dé­sir Plus de peur ni de mal Mais même si je m’amé­liore Oh j’en rêve en­core Même en sa­chant que j’ai tort Oh j’en rêve en­core En­core, en­core

L

En concert avec Jean-Jacques Gold­man pour les res­tos du coeur. Ou­veillan (Aude), 2002 . Il par­ti­cipe à une vente aux enchères au pro­fit des Res­tos du coeur.

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