Un at­ten­tat sous bra­ce­let élec­tro­nique

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - STÉ­PHANE SEL­LA­MI (AVEC T.R.)

C’est l’élé­ment qui va, à coup sûr, ali­men­ter la po­lé­mique au­tour de ce nou­vel at­ten­tat com­mis sur le sol fran­çais. L’un des deux ter­ro­ristes qui ont fait ir­rup­tion dans cette église de Saint-Etienne-du-Rou­vray (Sei­ne­Ma­ri­time) avait été pla­cé sous sur­veillance élec­tro­nique de­puis le mois de mars der­nier. Adel Ker­miche fai­sait l’ob­jet d’une as­si­gna­tion à ré­si­dence sous sur­veillance élec­tro­nique (Arse) or­don­née par un juge d’ins­truc­tion an­ti­ter­ro­riste du tri­bu­nal de Paris. Il por­tait donc un bra­ce­let élec­tro­nique, im­po­sé après sa re­mise en li­ber­té. Adel Ker­miche avait été in­ter­pel­lé, une pre­mière fois, le 23 mars 2015, en Al­le­magne, sous l’iden­ti­té de son frère, alors qu’il ten­tait de re­joindre les zones de com­bat en Sy­rie. De re­tour en France, il avait été mis en exa­men avant d’être pla­cé sous contrôle ju­di­ciaire au do­mi­cile de ses pa­rents à Saint-Etien­ne­du-Rou­vray. Moins de deux mois plus tard, le même jeune homme avait été in­ter­pel­lé, sur man­dat d’ar­rêt international, en Tur­quie alors qu’il ten­tait, à nou­veau, d’en­trer en Sy­rie, mu­ni de la carte d’iden­ti­té de son cou­sin… Il avait re­joint les rives du Bos­phore après être pas­sé par la Suisse.

Li­bé­ré le 25 mars der­nier

« Son contrôle ju­di­ciaire avait alors été ré­vo­qué et il avait été in­car­cé­ré à son re­tour en France, le 22 mai 2015 », re­late une source ju­di­ciaire. Après dix mois pas­sés en dé­ten­tion pro­vi­soire, Adel Ker­miche a fi­na­le­ment été li­bé­ré le 25 mars der­nier. Le par­quet de Paris s’était op­po­sé à sa li­bé­ra­tion et avait fait ap­pel. Mais la chambre de l’ins­truc­tion avait confir­mé la dé­ci­sion prise par le ma­gis­trat ins­truc­teur. Pla­cé, à nou­veau, sous contrôle ju­di­ciaire, il avait eu pour obli­ga­tion d’élire do­mi­cile chez ses pa­rents. Il était au­to­ri­sé à quit­ter le foyer fa­mi­lial, au cours de la se­maine, entre 9 h 30 et 12 h 30. Le week-end et les jours fé­riés, ses ho­raires de sor­tie étaient fixés entre 14 heures et 18 heures. En re­vanche, il avait pour in­ter­dic­tion de quit­ter le dé­par­te­ment de la Seine-Ma­ri­time et avait été contraint de re­mettre sa carte d’iden­ti­té et son pas­se­port aux au­to­ri­tés ju­di­ciaires. En­fin, il avait pour obli­ga­tion de se pré­sen­ter une fois par se­maine au com­mis­sa­riat de sa ville et de jus­ti­fier d’une ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle. Des « contraintes » qui ne l’au­ront pas em­pê­ché de pé­né­trer dans l’église, hier ma­tin, avant d’y com­mettre l’in­nom­mable.

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