A droite, pas de ré­pit pour Hol­lande

OP­PO­SI­TION. L’union na­tio­nale, c’est fi­ni. Comme après l’at­ten­tat de Nice, la droite cri­tique le gou­ver­ne­ment et avance ses me­sures.

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - CHARLES SA­PIN

LE GOU­VER­NE­MENT était dé­jà fra­gi­li­sé. Il n’ob­tien­dra pas de la droite une mi­nute de co­hé­sion na­tio­nale pour res­pi­rer. Après ce nou­vel at­ten­tat, la droite a dé­ci­dé de pous­ser son avan­tage en ré­ité­rant son pro­cès en in­com­pé­tence de la gauche au pou­voir. Mar­tial, le pré­sident des Ré­pu­bli­cains (LR), Ni­co­las Sar­ko­zy, a ba­layé « les ar­gu­ties ju­ri­diques, les pré­cau­tions, les pré­textes » comme au­tant de vaines jus­ti­fi­ca­tions à l’« ac­tion in­com­plète » de l’Etat face au ter­ro­risme.

Comme au len­de­main du drame ni­çois, l’an­cien chef de l’Etat a en­joint au gou­ver­ne­ment de mettre en oeuvre toutes les me­sures de sé­cu­ri­té pro­po­sées par son par­ti ces der­niers mois ( voir en­ca­dré c i - c ontre).

Un ap­pel qui a été lar­ge­ment re­layé par les té­nors de son par­ti. Même les ri­vaux à la pri­maire de no­vembre pro­chain sont à l’unis­son. Réunis ain­si sous le même éten­dard, Jean-Fran­çois Co­pé ou Fran­çois Fillon ont concen­tré leurs at­taques sur l’exé­cu­tif : « Com­bien de morts, com­bien d’as­sas­si­nats ignobles fau­dra-t-il en­core que nous su­bis­sions avant que la France et l’Eu­rope se dé­cident à com­prendre que nous sommes en guerre et que la guerre ne se fait pas à moi­tié ? » a sur­en­ché­ri l’an­cien Pre­mier mi­nistre.

Phi­lip­pot at­taque... Sar­ko­zy

En ap­pe­lant les Fran­çais à faire « bloc contre ces bar­bares » et à leur op­po­ser « une ri­poste sans faille et sans fai­blesse », ce sont fi­na­le­ment les pro­pos du maire de Bor­deaux, Alain Jup­pé, qui ont dé­no­té par leur mo­dé­ra­tion ! Plus ques­tion, cette fois, d’as­su­rer que « si tous les moyens avaient été pris, le drame n’au­rait pas eu lieu », comme il l’avait as­su­ré au len­de­main de l’at­ten­tat du 14 Juillet. La bron­ca alors sou­le­vée dans les ré­seaux so­ciaux et par­mi les élus de son propre camp semble l’avoir convain­cu à plus de pru­dence. Mais là n’est pas le seul chan­ge­ment.

La par­ti­cu­la­ri­té de ce der­nier at­ten­tat vi­sant un prêtre dans son église, qua­li­fié d’« âme de la France » par Ni­co­las Sar­ko­zy, ren­force les ac­cents guer­riers de l’op­po­si­tion qui se re­trou­ve­ra au com­plet ce ma­tin, dans l’en­ceinte de la ca­thé­drale Notre- Dame de Paris, pour l’hom­mage don­né en l’hon­neur des vic­times.

A l’ex­trême droite, la pa­tronne du Front na­tio­nal cri­tique l’in­ac­tion du gou­ver­ne­ment. Ma­rine Le Pen n’a pas man­qué de fus­ti­ger « tous ceux qui nous gou­vernent de­puis trente ans », leur im­pu­tant la res­pon­sa­bi­li­té du drame. Le vi­ce­pré­sident du Front na­tio­nal, Flo­rian Phi­lip­pot, a quant à lui pré­fé­ré concen­trer ses at­taques contre Ni­co­las Sar­ko­zy : « Un des nom­breux princes du laxisme et de l’im­mi­gra­tion fait la le­çon : stop. »

Aux armes rhé­to­riques, la jeune dé­pu­tée du Vau­cluse, Ma­rion Ma­ré­chal-Le Pen pré­fère les actes, as­sure-t-elle : elle an­nonce sur Twit­ter vou­loir s’en­ga­ger dans la ré­serve mi­li­taire. @csa­pin

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