Sau­vé par Google

AC­CI­DENT. Vic­time d’une sor­tie de route, un mo­tard a été re­trou­vé via sa boîte mail.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - ÉLO­DIE CHERMANN

« DE­VANT UNE AI­GUILLE, mon com­pa­gnon est plu­tôt du genre à s’en­fuir en cou­rant », plai­sante Cé­cile Bou­vet. Vic­time d’une sor­tie de route le 20 juillet der­nier, à Nuilléle-Ja­lais (Sarthe), à une di­zaine de ki­lo­mètres de son do­mi­cile, Eric Luxe­reau, un père de fa­mille de 38 ans, a pour­tant réus­si à sur­vivre quatre jours, avec ses bles­sures, au mi­lieu d’un champ. « Il est par­ti au tra­vail à mo­to mer­cre­di ma­tin à 7 h 30 », ra­conte Cé­cile. La suite de l’his­toire, il ne s’en sou­vient pas. « Ai-je été ren­ver­sé par une voi­ture ou vic­time d’un AVC ? Je n’en sais rien. C’est le trou noir », confie le mo­tard, res­pon­sable de pro­jet dans l’in­dus­trie au­to­mo­bile. In­quiet de ne pas le voir ar­ri­ver, son chef contacte Cé­cile à 14 heures. Pen­sant im­mé­dia­te­ment à l’ac­ci­dent, elle fait la tour­née des hô­pi­taux, contacte le 18, puis dé­cide d’ex­plo­rer le bord des routes en voi­ture. Sans suc­cès. A la tom­bée de la nuit, elle se ré­sout à aler­ter la gen­dar­me­rie. Le len­de­main, on l’in­forme que le té­lé­phone d’Eric a émis un si­gnal à plu­sieurs en­droits dans la Sarthe. On en reste- ra là. « Dans la me­sure où il était ma­jeur, il avait le droit de dis­pa­raître sans pré­ve­nir. Au­cun moyen n’a donc été dé­ployé pour le re­trou­ver. » Cé­cile prend le tau­reau par les cornes. Elle lance un ap­pel sur Fa­ce­book pour dis­pa­ri­tion inquiétante et pla­carde des af­fiches dans tous les com­merces du coin. « J’ai re­çu trois ou quatre coups de fil de gens m’in­di­quant qu’ils l’avaient soi-di­sant aper­çu », té­moigne-t-elle. Après trois jours de re­cherches in­fruc­tueuses, une bat­tue est or­ga­ni­sée sur la zone poin­tée par le si­gnal GPS. Sauf que les don­nées com­mu­ni­quées par l’opé­ra­teur étaient to­ta­le­ment er­ro­nées. « Cette nou­velle nous a com­plè­te­ment abat­tus », in­dique-t-elle.

Lo­ca­li­sé grâce à son compte Google

L’es­poir re­naî­tra grâce à son beau­frère. « En se connec­tant avec le mot de passe du compte Google d’Eric, que je connais­sais, il a réus­si à ob­te­nir la lo­ca­li­sa­tion exacte, ex­plique-telle. Alors on a fon­cé. » La mo­to est cou­chée au mi­lieu d’un champ, à une cen­taine de mètres de la chaus- sée. Cé­cile n’ose pas s’ap­pro­cher. Elle pré­fère en­voyer ses deux beaux­frères, sa­peurs-pom­piers pro­fes­sion­nels, en éclai­reurs. « Quand ils ont crié : il est vi­vant, il parle, au dé­but, je n’y croyais pas. » Le mi­racle est pour­tant bien réel. Trans­por­té au centre hos­pi­ta­lier du Mans, Eric s’en tire avec cinq côtes cas­sées, la cla­vi­cule en vrac, deux si­nus frac­tu­rés au ni­veau de la pom­mette droite et une forte déshy­dra­ta­tion. « Un moindre mal », re­con­naît Cé­cile. La jeune femme a pour­tant du mal à ca­cher sa co­lère : « Je n’ar­rive tou­jours pas à com­prendre com­ment l’opé­ra­teur té­lé­pho­nique a pu se plan­ter à ce point ! Si les forces de l’ordre s’ap­puient chaque fois sur ces don­nées, il doit y avoir un pa­quet d’in­no­cents en pri­son ! »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.