La France avait été in­for­mée

TER­RO­RISME. Alors que les en­quê­teurs tentent de com­prendre com­ment les deux as­saillants de Saint-Etienne-duRou­vray ont agi, un hom­mage était ren­du au père as­sas­si­né à Notre-Dame de Paris.

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - TIMOTHÉE BOUTRY

L’OR­GA­NI­SA­TION Etat is­la­mique nous im­pose une dra­ma­tique ac­tua­li­té à marche for­cée. Le sou­ve­nir des 84 morts du ca­mion fou de Nice est en­core dans tous les es­prits qu’il faut dé­jà pleu­rer la mort atroce du père Jacques Ha­mel en son église de Saint-Etienne-du-Rou­vray.

Et comme une odieuse ha­bi­tude, re­vivre la même li­ta­nie : les confé­rences de presse du pro­cu­reur Fran­çois Mo­lins, la vi­déo de pro­pa­gande et d’al­lé­geance des au­teurs, l’émo­tion lo­cale et pla­né­taire, la com­mu­nion des au­to­ri­tés re­li­gieuses de toutes confes­sions, les dé­cla­ra­tions so­len­nelles, la convo­ca­tion d’un Con­seil de dé­fense et, c’est nou­veau, les que­relles po­li­tiques. Une tris­tesse in­fi­nie, un zest de po­lé­mique mais sur­tout d’in­nom­brables ques­tions.

La dé­ra­di­ca­li­sa­tion im­pose une ré­ponse au cas par cas

A com­men­cer par celles que pose l’en­quête. Ain­si les ser­vices de ren­sei­gne­ment étaient-ils sur les traces de­puis quatre jours d’un mys­té­rieux jeune homme à la fine barbe, sus­cep­tible, se­lon des in­for­ma­tions four­nies par un ser­vice ami, de pas­ser à l’acte ? Une in­for­ma­tion ma­ni­fes­te­ment sé­rieuse mais une course contre la montre per­due : se­lon toute vrai­sem­blance, ce sus­pect n’est autre que le se­cond as­saillant de l’église. Même s’il était moins connu des ser­vices que son com­plice Adel Ker­miche, por­teur d’un bra­ce­let élec­tro­nique après avoir ten­té à deux re­prises de re­joindre la Sy­rie, sa ra­di­ca­li­sa­tion avait été ré­cem­ment dé­tec­tée. Un par­mi tant d’autres.

Car c’est évi­dem­ment là que se si­tue le prin­ci­pal dé­fi de notre so­cié­té : conte­nir la conta­gion mor­ti­fère qui gagne de plus en plus d’âmes per­dues ou en re­cherche sé­duites par le dis­cours mil­lé­na­riste de Daech. Sur le ter­rain, de nom­breux ac­teurs luttent avec leurs moyens pour prê­cher les bonnes pa­roles de paix. Avec convic­tion mais sans cer­ti­tude. Tout le monde en convient : la dé­ra­di­ca­li­sa­tion im­pose une ré­ponse au cas par cas dont per­sonne n’a en­core concoc­té la re­cette mi­racle. Il y a pour­tant ur­gence car même le pape Fran­çois, en dé­pla­ce­ment en Po­logne pour les Jour­nées mon­diales de la jeu­nesse, dra­ma­tise : « Le monde est en guerre parce qu’il a per­du la paix. »

La Ré­pu­blique ce­pen­dant s’est réunie hier soir à la ca­thé­drale Notre-Dame de Paris, coeur du ca­tho­li­cisme fran­çais, en hom­mage au prêtre égor­gé dans son église de Nor­man­die. Le chef de l’Etat, plu­sieurs membres de son gou­ver­ne­ment, les pré­si­dents des deux chambres, des té­nors de l’op­po­si­tion et deux ex-chefs de l ’ E t a t , Ni c o l a s Sar­ko­zy et Va­lé­ry Gis­card d’Es­taing. Un im­pres­sion­nant dis­po­si­tif de po­lice avait été mis en place, avec double, voire triple fil­trage des 1 500 fi­dèles qui s ont v e nus com­mu­nier.

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