Emo­tion et uni­té à Notre-Dame

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Eli­sa­beth, pré­sente à Notre-Dame NEL­SON GETTEN

SEULS les ap­plau­dis­se­ments de l’as­sem­blée de Notre-Dame de Paris à la fin de l’ho­mé­lie de Mgr Vingt-Trois sont ve­nus in­ter­rompre le re­cueille­ment et l’émo­tion d’une cé­ré­mo­nie qui au­ra du­ré près d’une heure et de­mie hier en fin de jour­née. Dans un si­lence de ca­thé­drale, l’ar­che­vêque de Paris, An­dré Vingt-Trois, a com­men­cé sa cé­lé­bra­tion par un hom­mage au père Jacques Ham­mel, as­sas­si­né mar­di ma­tin. Il a eu ces mots : « Dieu est un Dieu de vie, il n’est pas un Dieu de mort. Ce­lui en qui nous croyons n’est pas un monstre, mais un ami des hommes. »

La nef était pleine à cra­quer et, par­mi les fi­dèles, l’émo­tion était pal­pable pen­dant la cé­lé­bra­tion. « Je n’ai pas ar­rê­té de pleu­rer pen­dant toute la messe », ra­conte, les yeux en­core em­bués de larmes, Eli­sa­beth, une ca­tho­lique de 63 ans d’An­to­ny (Hauts-de-Seine). « Je suis ve­nue pour être avec l es autres, pour qu’on soit tous en­semble. En as­sas­si­nant ce prêtre, ils se sont at­ta­qués à un sym­bole, on doit l eur ré­pondre par un sym­bole d’uni­té », conti­nue-t-elle en­core as­sise sur une des chaises de l’al­lée prin­ci­pale, les deux mains jointes.

C’est aus­si l’avis de Ste­fa­no, un Ita­lien de 55 ans pré­sent avec sa fa­mille pour as­sis­ter à l’of­fice : « C’est une ré­ponse forte que la France a ap­por­té à la bar­ba­rie, j’ai été très im­pres­sion­né par l’uni­té dont cette cé­ré­mo­nie a té­moi­gné. »

Le sym­bole ul­time de cette com­mu­nion fra­ter­nelle en cette soi­rée d’hom­mage, pla­cée sous haute pro­tec­tion po­li­cière, était sû­re­ment la sor­tie sous les ap­plau­dis­se­ments de Fran­çois Hol­lande et de Mg Vingt

r Trois, alors même qu’un dra­peau fran­çais était bran­di au mi­lieu du ras­sem­ble­ment de fi­dèles qui sui­vaient du re­gard leur pas­sage.

De nom­breux hommes po­li­tiques, de gauche et de droite, avaient fait le dé­pla­ce­ment : Fran­çois Hol­lande était as­sis au pre­mier rang. A ses cô­tés avaient pris place le Pre­mier Mi­nistre Ma­nuel Valls, Gé­rard Lar­cher et Claude Bar­to­lone, les pré­si­dents du Sé­nat et de l’As­sem­blée, et deux an­ciens pré­si­dents de la Ré­pu­blique, Va­lé­ry Gis­card d’Es­taing et Ni­co­las Sar­ko­zy. On a éga­le­ment aper­çu Bru­no Le Maire, Fran­çois Bay­rou, Fl ori an Phi­lip­pot, JeanMarc Ay­rault ou en­core Ni­co­las Du­pont-Ai­gnan. Pen­dant la cé­ré­mo­nie, c’est comme si le temps s’était ar­rê­té, consa­crant un re­cueille­ment, une quié­tude et une uni­té sans doute éphé­mère.

Avant et après la cé­ré­mo­nie sur le par­vis de Notre-Dame, de nom- breux fi­dèles, dé­çus de ne pas avoir pu en­trer dans la ca­thé­drale ont lais­sé en­tendre leur frus­tra­tion de­vant la ca­thé­drale : « On est ar­ri­vé à 18 heures et on a été blo­qués par les forces de l’ordre dès le dé­but du par­vis, ils au­raient au moins pu re­trans­mettre la messe sur un écran pour qu’on puisse en pro­fi­ter ! », re­gret­tait Elia, une croyante mexi­caine de 60 ans.

Quelques mi­nutes seule­ment après la fin de l’of­fice re­li­gieux, les tou­ristes avaient ré­in­ves­ti le par­vis de la ca­thé­drale, se pre­nant en photo de­vant l’un des plus beaux mo­nu­ments de Paris, comme pour mon­trer que cet hom­mage, si émou­vant soit-il, n’était qu’une pa­ren­thèse.

« Ils se sont at­ta­qués à un sym­bole, on doit leur ré­pondre par un sym­bole d’uni­té »

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