Der­rière Clin­ton, l’union sa­crée !

ÉTATS-UNIS. Pre­mière femme de l’his­toire amé­ri­caine à bri­guer la pré­si­dence, la can­di­date dé­mo­crate doit faire dé­col­ler sa cam­pagne ce soir, lors de son grand dis­cours.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - New York (Etats-Unis) De notre en­voyée spé­ciale Ba­rack Oba­ma JANNICK ALIMI

DÉ­SOR­MAIS in­ves­tie par le Par­ti dé­mo­crate dans la course à la Mai­son-Blanche, Hilla­ry Clin­ton doit pro­non­cer cette nuit le dis­cours de clô­ture de la conven­tion de Phi­la­del­phie. Il lui fau­dra briller, sé­duire, don­ner envie… bref, sor­tir en­fin le grand jeu. Car la suite s’an­nonce rude : trois mois d’un duel sans mer­ci avec l’in­fa­ti­gable Do­nald Trump — qui la de­vance dans cer­tains son­dages — avant, peut-être, de de­ve­nir le 45e pré­sident des Etats-Unis… et la pre­mière femme à s’ins­tal­ler dans le bu­reau ovale.

Les stars qui ont dé­fi­lé pen­dant quatre jours sur la scène du Wells Far­go Cen­ter n’avaient d’ailleurs d’autre but que de re­don­ner du souffle et de la cré­di­bi­li­té à la cam­pagne sans re­lief de l’ex-first la­dy. Après la pres­ta­tion en­flam­mée de Mi­chelle Oba­ma, l’épouse du pré­sident, lun­di soir, c’est Bill Clin­ton, l’ex-pré­sident des Etats-Unis (42e) et ma­ri de la can­di­date, qui a pris la pa­role dans la nuit de mer­cre­di à jeu­di. « Choi­sis­sez n’im­porte quel pro­blème et r eve­nez un mois après, elle au­ra trou­vé le moyen pour que les choses aillent mieux », a af­fir­mé « Bill », qui reste l’un des pré­si­dents pré­fé­rés de beau­coup d’Amé­ri­cains. Hilla­ry est un « agent du chan­ge­ment », a-t-il en­core mar­te­lé alors que le camp Trump mais aus­si de nom­breux dé­mo­crates doutent pro­fon­dé­ment de sa vo­lon­té de ré­forme.

Dans ce bal­let mi­nu­tieu­se­ment ré­glé des poids lourds, Ba­rack Oba­ma est mon­té à la tri­bune la nuit der­nière pour dres­ser un por­trait flat­teur de la can­di­date. « Il n’y a ja­mais eu un homme ou une femme qui soit aus­si qua­li­fié pour ce poste. Ja­mais ! » avait ain­si lan­cé, dé­but juillet, le pré­sident qui connaît bien Hilla­ry Clin­ton : elle a été sa fa­rouche ad­ver­saire lors de la pri­maire dé­mo­crate de 2008, avant d’in­té­grer son gou­ver­ne­ment en 2012. « Nous avons été ri­vaux po­lit i ques, pui s par t e nai r e s , pui s amis », a ré­su­mé la pré­ten­dante.

A six mois de son dé­part, le 44e pré­sident des Etats-Unis pou­vait s’ap­puyer sur sa so­lide cote de po­pu­la­ri­té pour re­do­rer le bla­son bien terne de son an­cienne se­cré­taire d’Etat. Son « in­tel­li­gence », sa « ca­pa­ci­té de j u g e ment » , s a « so­li­di­té »… au­tant de ver­tus dont le ma­gnat de l’im­mo­bi­lier et star de la té­lé­réa­li­té se­rait to­ta­le­ment dé­pour­vu, se­lon le pré­sident, qui a mis en garde les Amé­ri­cains sur le risque Trump.

Mais la mis­sion d’Oba­ma cette nuit vi­sait aus­si à ras­sem­bler une fa­mille dé­mo­crate se­couée par le duel entre Hilla­ry Clin­ton et le sé­na­teur Ber­nie San­ders, son ad­ver­saire mal­heu­reux. Car si l’ap­pa­reil du par­ti — cen­sé res­ter neutre — a sou­te­nu Clin­ton comme semblent en té­moi­gner de ré­centes fuites, les dé­lé­gués et une grande par­tie des élec­teurs dé­mo­crates ont ex­pri­mé avec force pen­dant toute la cam­pagne et pen­dant la conven­tion leur at­ta­che­ment au très à gauche s éna­teur du Ver­mont. « Clin­ton a vo­lé sa no­mi­na­tion », es­timent même de nom­breux dé­mo­crates, dont cer­tains pro-Hilla­ry !

Cette der­nière reste dé­ci­dé­ment la mal-aimée de la vie po­li­tique outre- At­lan­tique. Sa proxi­mi­té avec les mi­lieux d’af­faires, qui la fi­nancent à coups de cen­taines de mil­lions de dol­lars, conti­nue de les­ter son image dans une Amé­rique tra­vaillée par les in­éga­li­tés. Du chan­ge­ment, veulent les Amé­ri­cains ! De­ve­nir la pre­mière femme à la tête du pays suf­fi­ra-t-il à com­pen­ser ce que des can­di­dats comme San­ders ou Trump ont réus­si à tra­duire ? Ver­dict le 8 no­vembre.

« Il n’y a ja­mais eu un homme ou une femme qui soit aus­si qua­li­fié pour ce poste. Ja­mais ! »

@Jan­ni­ckA­li­mi1 Les échanges Oba­ma-Clin­ton

Phi­la­del­phie (Etats-Unis), hier soir. Le dis­cours de clô­ture d’Hilla­ry Clin­ton à la conven­tion dé­mo­crate marque le dé­but d’un duel de trois mois avec le can­di­dat ré­pu­bli­cain Do­nald Trump.

A six mois de son dé­part, le pré­sident amé­ri­cain Ba­rack Oba­ma peut s’ap­puyer sur sa so­lide cote de po­pu­la­ri­té pour re­do­rer le bla­son bien terne de son an­cienne se­cré­taire d’Etat Hilla­ry Clin­ton.

Phi­la­del­phie (Etats-Unis), mar­di. Bill Clin­ton, qui reste un des pré­si­dents amé­ri­cains les plus po­pu­laires, est ve­nu ap­por­ter son sou­tien à son épouse, un « agent de chan­ge­ment ».

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