« Nous n’avons tou­jours pas de vol, c’est scan­da­leux ! »

CONFLIT SO­CIAL. Si 87 % des vols d’Air France ont été as­su­rés hier, la grève des ste­wards et hô­tesses d’Air France, pré­vue jus­qu’au 2 août, a af­fec­té 20 000 pas­sa­gers.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - VIC­TOR TASSEL Pro­pos re­cueillis par ÉTIENNE MAR­TIN

DANS LE TER­MI­NAL 2F de l’aé­ro­port de Rois­sy, la zone 7 du comp­toir d’en­re­gis­tre­ment a été spé­cia­le­ment ou­verte hier ma­tin pour trou­ver une so­lu­tion aux pas­sa­gers cloués au sol par la grève lan­cée mer­cre­di par les hô­tesses et ste­wards na­vi­gants.

Par­mi eux, Er­wann Le Qer­nec, Etienne Ge­nest et Tho­mas Goze, trois amis qui de­vaient par­tir pour dix jours de va­cances en Grèce hier ma­tin, à 7 heures. « La veille (NDLR : mar­di), j’ai re­çu un SMS et un e-mail pour me pré­ve­nir que le vol était an­nu­lé avec un nu­mé­ro à ap­pe­ler. Jusque-là, tout al­lait bien », sou­rit Etienne. Un autre vol pour Athènes est ré­ser­vé à 14 h 55. Mais, à l’aé­ro­port, c’est la douche froide. « Là, on nous a ex­pli­qué que, fi­na­le­ment, il n’y avait pas de place pour nous. C’est scan­da­leux ! » s’énerve Er­wann. La com­pa­gnie a ef­fec­tué de la sur­vente, une pra­tique cou­rante. Air France pré­voit qu’il y au­ra des non-dé­parts et vend donc des places dé­jà pour­vues en pré­vi­sion de ces dé­fec­tions.

Mais l’an­nu­la­tion du vol n’est pas la seule rai­son qui peut em­pê­cher un pas­sa­ger de prendre son avion. L’Or­ga­ni­sa­tion de l’avia­tion ci­vile in­ter­na­tio­nale (OACI) im­pose un per­son­nel na­vi­gant pour cin­quante pas­sa­gers. Si le quo­ta n’est pas res­pec­té, Air France re­tire des pas­sa­gers du vol. Ques­tion de sé­cu­ri­té. La pro­cé­dure pré­voit une hié­rar­chi­sa­tion pour sa­voir qui peut em­bar­quer (voir in­fo­gra­phie). De quoi éner­ver les pas­sa­gers concer­nés.

Hier, confor­mé­ment aux pré­vi­sions, 36 % du per­son­nel na­vi­gant était en grève et Air France a as­su­ré

80 % du tra­fic de­vrait être as­su­ré au­jourd’hui

87 % du tra­fic. 20 000 pas­sa­gers ont été af­fec­tés, dont 17 000 par une an­nu­la­tion de vol. Au comp­toir 7, la ten­sion règne pour la tren­taine de pas­sa­gers en at­tente d’une so­lu­tion. « Si nous ne sommes pas à Athènes ce soir, ce sont les 700 € de notre nuit d’hô­tel et les billets pour le ba­teau de­main ma­tin qui vont s’en­vo­ler en fu­mée », re­doute Er­wann.

Un peu plus loin, Jean-Fran­çois Gau­thier, en va­cances avec sa femme et ses deux pe­tites filles, a ap­pris en ar­ri­vant à l’aé­ro­port le ma­tin que leur vol pour Mu­nich était an­nu­lé. Ils peuvent fi­na­le­ment prendre l’avion pré­vu à 18 h 15. « C’était la pre­mière fois que je pre­nais Air France, ce se­ra la der­nière », lâche ce Qué­bé­cois.

Une ten­sion que doivent gé­rer les ste­wards et hô­tesses au sol. « Même si nous ne sommes pas di­rec­te­ment concer­nés, moi, je sou­tiens la grève, souffle une hô­tesse d’Air France. On est en sous-ef­fec­tif, il faut em­bau­cher ! » Un tech­ni­cien du siège s’est por­té vo­lon­taire pour prê­ter main­forte, « par res­pect et sou­tien pour le client ». « Les gré­vistes de­mandent des em­bauches, ou le main­tien de la si­tua­tion ac­tuelle, mais il n’y a plus de sous ! Une dis­cus­sion fon­dée et claire per­met­trait sû­re­ment d’ar­ri­ver à un com­pro­mis, tacle-t-il. La grève est in­utile. »

La com­pa­gnie aé­rienne pré­voit d’as­su­rer 80 % de ses vols en moyenne au­jourd’hui, soit un peu moins qu’hier.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.