Bor­deaux tourne à l’ovale

Aujourd'hui en France - - SPORTS - OLI­VIER BER­NARD

D’UN CÔ­TÉ, il y a les Gi­ron­dins, un grand nom du foot­ball fran­çais, as­sis sur six titres na­tio­naux, mais clai­re­ment en perte de vi­tesse de­puis sept ans (une Coupe de France en 2013, mais au­cune place dans le top 4 de la Ligue 1). De l’autre, on trouve l’UBB, un club por­té par un vent de re­nou­veau. Au pe­tit jeu des com­pa­rai­sons, le constat s’im­pose à l’évi­dence : Bor­deaux penche de plus en plus pour le bal­lon ovale. Etat des lieux avant la re­prise de la Ligue 1 et du Top 14, en août.

L’un s’af­firme, l’autre déçoit

Willy Sa­gnol dé­bar­qué à huit jour­nées de la fin, le plus mau­vais clas­se­ment en Ligue 1 de­puis 2005 (11e) : les Gi­ron­dins doivent se re­le­ver d’une sai­son der­nière to­ta­le­ment ra­tée. L’UBB, elle, a joué sa qua­li­fi­ca­tion pour les phases fi­nales jus­qu’à l’ul­time jour­née pour la troi­sième fois consé­cu­tive (7e). Et elle par­ti­ci­pe­ra en­core à la Coupe d’Eu­rope cette sai­son, quand les foot­bal­leurs re­gar­de­ront les joutes conti­nen­tales à la té­lé­vi­sion. « Je rap­pelle à ceux qui nous cri­tiquent que nous avons rem­por­té tous les tro­phées na­tio­naux de­puis dix ans et que nous avons été eu­ro­péens trois fois de­puis 2012 », s’agace Jean-Louis Triaud, le pré­sident des hommes au sca­pu­laire. « Les Gi­ron­dins sont un grand club, ajoute son ho­mo­logue de l’UBB, Laurent Mar­ti. Nous, nous construi­sons avec l’am­bi­tion d’ac­cé­der aux phases fi­nales. »

Trois fois plus de bud­get, mais…

Les Gi­ron­dins ont un bud­get trois fois su­pé­rieur à ce­lui de Bor­deauxBègles (60 M€ contre 20 M€). Mais le tis­su éco­no­mique lo­cal est plus rug­by. Le ré­sul­tat d’un tra­vail de fond en­tre­pris par Laurent Mar­ti, in­fa­ti­gable VRP de son club et pa­tron d’en­tre­prise lui-même. Il a ain­si créé une as­so­cia­tion avec les grands noms du monde du vin pour ré­col­ter des fonds pour le centre de for­ma­tion. L’UBB a une très bonne image. Celle des Gi­ron­dins souffre des mau­vais ré­sul­tats et d’un manque glo­bal d’am­bi­tion. Un signe de la baisse d’at­trac­ti­vi­té ? A deux se­maines du dé­but de la L 1, Bor­deaux n’a tou­jours pas de spon­sor maillot de­puis la fin du par­te­na­riat avec Kia que le construc­teur au­to­mo­bile n’a pas sou­hai­té re­nou­ve­ler au prin­temps. Avec 25 559 spec­ta­teurs de moyenne, Bor­deaux-Bègles avait la sai­son der­nière la fré­quen­ta­tion la plus im­por­tante d’Eu­rope. Cet en­goue­ment est d’au­tant plus si­gni­fi­ca­tif qu’il est, lé­gè­re­ment certes, plus im­por­tant que ce­lui pour les Gi­ron­dins (25 088 spec­ta­teurs en moyenne). L’ar­gu­ment fi­nan­cier ne tient pas car le prix des places pour voir l’UBB est éle­vé, par­fois plus qu’au foot­ball. En re­vanche, la pers­pec­tive de voir des in­ter­na­tio­naux fran­çais comme Se­rin et Poi­rot ou des stars pla­né­taires comme Ash­ley Coo­per fait la dif­fé­rence. « Nous jouons trois matchs par sai­son au Mat­mut At­lan­tique. Ce­la per­met d’amé­lio­rer notre bud­get et donc d’at­ti­rer des bons joueurs », es­time Mar­ti. « Pour notre pre­mière sai­son a u Mat mut At l a n t i q u e , n o t r e moyenne est su­pé­rieure à celle que nous fai­sions à Cha­ban », re­tient le di­rec­teur gé­né­ral des Gi­ron­dins, Alain De­ve­se­leer. Certes, il avait 39 692 spec­ta­teurs en dé­cembre lors de Bor­deaux - Mar­seille, re­cord de la sai­son der­nière pour les Gi­ron­dins qui n’ont ja­mais fait le plein. Mais, avec 38 416 per­sonnes face à Tou­lon le 14 fé­vrier, l’UBB n’était pas très loin…

L’UBB sé­duit da­van­tage

L’en­goue­ment des Bor­de­lais et des ha­bi­tants de la ban­lieue a été plus fort pour Ash­ley Coo­per et les rug­by­men de l’UBB que pour Ja­ro­slav Pla­sil et les foot­bal­leurs des Gi­ron­dins.

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