« Un re­cru­te­ment à la Arles-Avi­gnon »

Mi­chel To­ni­ni,

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Mar­seille (Bouches-du-Rhône) De notre cor­res­pon­dant CLÉ­MENT CHAILLOU

ELLES ONT FLEU­RI à gauche et à droite. Au-des­sus de la bou­tique du Vé­lo­drome, sur les pan­neaux de la Ca­ne­bière ou les lam­pa­daires de la Com­man­de­rie. De­puis mer­cre­di, les Mar­seillais au­ront cer­tai­ne­ment aper­çu, dis­sé­mi­nées en ville, de pe­tites af­fiches blanches au mes­sage ex­pli­cite : « Mld GO ! ». Dans la ci­té pho­céenne, les vi­rages sont vi­dés, mais en dé­tour­nant le der­nier jeu à la mode, la Vieille Garde a te­nu à rap­pe­ler que chez les sup­por­teurs olym­piens l’in­quié­tude est tou­jours d’ac­tua­li­té.

De­puis l’achè­ve­ment d’une sai­son noire à une triste 13e place, il y a pour­tant eu du chan­ge­ment à l’OM. L’équipe a été li­qui­dée, l’or­ga­ni- gramme re­pen­sé par Mar­ga­ri­ta Louis-Drey­fus, et le tant contes­té Vincent La­brune, dé­bar­qué. Sauf que le re­nou­veau, le vrai, se fait at­tendre. « Le dé­part de La­brune était in­évi­table, confie un lea­deur du vi­rage sud. Mais sur le fond, qu’est-ce que ça change ? L’OM n’a pas d’équipe, et sur­tout, n’a pas été ra­che­té. Non seule­ment, ça ne va pas mieux, mais c’est peut-être en­core pire. »

Les abon­ne­ments au ra­len­ti

Alors, chez les fi­dèles, on broie du noir. « Il n’y a même plus de co­lère, l’at­mo­sphère est mo­rose, sou­pire Mi­chel To­ni­ni, le pa­tron des Yan­kees. On vient de nous mettre un pré­sident ita­lien qui n’a rien fait dans le foot, un di­rec­teur spor­tif qua­si­ment in­con­nu. Au­jourd’hui, trois quarts des abon­nés ne sont pas re­ve­nus. Le pacte de solidarité a été bri­sé. L’amour du club, ça ne suf­fit plus. »

Chez les Dod­ger’s, les voi­sins du vi r age nord, on c omp­tait hi e r 460 adhé­sions, contre presque 2 000 la sai­son pas­sée. A deux se­maines seule­ment de la re­prise. « Les ti­fos, je vous le dis, c’est fi­ni. Je n’ai ja­mais vu ça, as­sure le pré­sident Ch­ris­tian Ca­tal­do, as­sis dans un lo­cal déses­pé­ré­ment calme. Même en D 2, ce n’était pas pa­reil. Ils ont sai­gné le club. » Et de pré­ci­ser que sur les 460 adhé­rents à l’as­so­cia­tion, seuls 20 % se sont pour l’heure abon­nés au­près du club. « Cer­tains at­tendent de voir et s’abon­ne­ront au der­nier mo­ment, pour­suit- il, mais d’autres ne le fe­ront pas. Ils en ont marre des men­songes de la pro­prié­taire, marre des mau­vais choix. »

Le mer­ca­to ne de­vrait guère in­ver­ser la ten­dance. « On fait un re­cru­te­ment à la Arles-Avi­gnon, es­time To­ni­ni. Re­cru­ter ma­lin, c’est bien quand tu es un club mo­deste, mais quand tu es l’OM et que tous tes ad­ver­saires viennent au Vé­lo­drome pour jouer le match de leur vie, ça ne marche pas. A l’heure ac­tuelle, on a un ef­fec­tif pour fi­nir 20e… »

Peut-être conscient du ma­laise am­biant, le club vient de contac­ter les groupes pour pro­po­ser dans les pro­chains jours une ren­contre avec Gio­van­ni Cic­co­lun­ghi, le nou­veau pré­sident. « On ira », lâche sè­che­ment Ca­tal­do, peu op­ti­miste quant à l’is­sue de l’en­tre­vue. Pas plus que sur celle de la sai­son : « On ne sait pas com­ment elle fi­ni­ra, mais elle risque d’être très longue. »

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