« Il faut ap­prendre à com­po­ser avec ces ou­tils »

Jé­rôme Le­bègue,

Aujourd'hui en France - - TERRORISME - Pro­pos re­cueillis par NI­CO­LAS JACQUARD

PME de 45 sa­la­riés ins­tal­lée en ban­lieue de Rennes, Amos­sys est agréé par l’An­si, l’Agence na­tio­nale de la sé­cu­ri­té in­for­ma­tique. Ses équipes ef­fec­tuent no­tam­ment des au­dits au plus haut ni­veau, en France et dans de nom­breux pays, dont les EtatsU­nis, afin de dé­ter­mi­ner la so­li­di­té des sys­tèmes in­for­ma­tiques face au risque de cy­be­rat­taque. Res­pon­sable des ac­ti­vi­tés de conseil au sein de la so­cié­té, Jé­rôme Le­bègue re­vient sur le rôle des ap­pli­ca­tions type Te­le­gram. Une ap­pli­ca­tion comme Te­le­gram est-elle in­vio­lable ? JÉ­RÔME LE­BÈGUE. Ques­tion sé­cu­ri­té, Te­le­gram n’est pas for­cé­ment celle qui a la meilleure ré­pu­ta­tion dans le pe­tit monde des ex­perts. D’autres ap­plis laissent moins de traces. Com­ment ce type d’ap­pli­ca­tions Sur le prin­cipe du chif­fre­ment point par point, « end to end » en an­glais. Il s’agit d’un sys­tème ba­sé sur une « clé », la­quelle est seule­ment com­mune aux deux in­ter­lo­cu­teurs qui com­mu­niquent. Dans un pas­sé ré­cent, les ser­vices se­crets ont connu une phase de fa­ci­li­té des écoutes élec­tro­niques, ce que l’on nomme les écoutes « pas­sives ». Les EtatsU­nis s’en sont fait une spé­cia­li­té, uti­li­sée no­tam­ment en ma­tière d’in­tel­li­gence éco­no­mique. Cette phase est ré­vo­lue. Es­pion­ner en direct des conver­sa­tions de­vient de plus en plus com­pli­qué, même si ce­la n’est pas im­pos­sible. Ces sys­tèmes ne sont donc pas in­faillibles ? Au­cune sé­cu­ri­té n’est ab­so­lue. Ces sys­tèmes sont plus ou moins ro­bustes, et ont aus­si leurs fai­blesses, par exemple en ma­tière de sto­ckage de ces clés. De la même ma­nière, ils laissent des traces, par­fois sur les ser­veurs, le plus sou­vent sur les ter­mi­naux (NDLR : les té­lé­phones) eux-mêmes. Ce­la per­met une ana­lyse « post mor­tem », comme on dit dans le jar­gon, des conver­sa­tions, c’est-à-dire après coup. Faut-il in­ter­dire ce type d’ap­pli­ca­tions ? Ce­la n’au­rait pas de sens. La tech­no­lo­gie ne dis­pa­raî­tra pas. Et ceux qui sont dé­jà dans l’illé­ga­li­té conti­nue­raient à l’uti­li­ser. Sans comp­ter que ces ap­pli­ca­tions sont éga­le­ment des ou­tils pour les ac­ti­vistes. Ain­si, les pays qui in­ter­disent ou tentent d’en li­mi­ter l’em­ploi sont sou­vent les moins fré­quen­tables. A mon sens, il n’y au­ra pas de re­tour en ar­rière. Il faut ap­prendre à com­po­ser avec ces ou­tils.

« Es­pion­ner en direct des conver­sa­tions de­vient de plus en plus com­pli­qué »

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