Le dé­fi du fou vo­lant

EX­PLOIT. Cette nuit, l’Amé­ri­cain Luke Ai­kins de­vrait plon­ger sans pa­ra­chute de 8 km d’al­ti­tude pour ter­mi­ner sa chute dans un fi­let géant.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Luke Ai­kins VINCENT MONGAILLARD

IL COMPTE dé­jà 18 000 sauts avec un pa­ra­chute. Il am­bi­tionne dé­sor­mais de s’of­frir le pre­mier sans. Au­jourd’hui, entre 17 heures et 18 heures (heure de Ca­li­for­nie, soit entre 2 heures et 3 heures du ma­tin, di­manche, en France) dans la Si­mi Val­ley, à 70 km au nor­douest de Los An­geles, l’Amé­ri­cain Luke Ai­kins, 42 ans, va, si les condi­tions mé­téo le per­mettent, plon­ger dans le vide à près de 8 km d’al­ti­tude. Sous les yeux de sa femme, de son fis­ton de 4 ans et de mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs, le Fan­gio des airs dé­les­té de voile dans le dos a pré­vu d’amor­tir sa chute dans un im­mense fi­let de dé­cé­lé­ra­tion. Cet ab­sor­beur d’im­pact com­po­sé d’un car­ré de ny­lon cos­taud et sal­va­teur, il ne pour­ra le dis­tin­guer pré­ci­sé­ment qu’à la moi­tié de sa des­cente ver­ti­gi­neuse.

« J’ai tra­vaillé avec un psy­cho­logue et les meilleurs cas­ca­deurs »

Au beau mi­lieu des col­lines, il de­vra vi­ser juste s’il ne veut pas être ra­mas­sé à la pe­tite cuillère. « La dif­fi­cul­té, ça va être sa ges­tion du stress, sa ca­pa­ci­té à res­ter lu­cide. Tout se joue dans la tête », ana­lyse le Fran­çais Oli­vier He­naff, 45 ans, pa­ra­chu­tiste to­ta­li­sant pas moins de 19 000 sauts. Le dé­fi bap­ti­sé Hea­ven Sent (Tom­bé du ciel) se­ra re­trans­mis sur le ré­seau de té­lé­vi­sion Fox avec un très lé­ger dif- fé­ré, his­toire de pou­voir cou­per le pro­gramme au cas où le pire sur­vien­drait. Luke Ai­kins a collectionné des di­zaines de sauts d’en­traî­ne­ment ces der­nières se­maines mais tou­jours équi­pé d’une voile ou­verte à 300 m du plan­cher des vaches, donc ja­mais en condi­tions réelles. « J’ai tra­vaillé avec un psy­cho­logue de la per­for­mance spor­tive et avec les meilleurs cas­ca­deurs du monde pour être prêt. Je me sens très confiant pour être là où il faut at­ter­rir », nous confie-t-il.

Pour une fois, ce n’est pas la cé­lèbre bois­son éner­gi­sante don­nant des ailes qui a spon­so­ri­sé cette aven­ture ex­trême mais une marque de che­wing-gum en quête de no­to­rié­té.

Lu­cky Luke (Luke le chan­ceux), comme on le sur­nomme, ne cesse de ré­pé­ter qu’il n’est ni sui­ci­daire ni tête brûlée. « Si je n’étais pas sûr à 100 % que je peux le faire en toute sé­cu­ri­té, je ne m’élan­ce­rais pas », ré­torque-t-il tout en re­con­nais­sant que, « bien sûr, il y a des risques ». Son « plus grand ad­ver­saire » ? « As­su­ré­ment le vent. Un rien peut me pous­ser en de­hors de ma tra­jec­toire », ré­pond-il.

Si l’on se fie à son CV, l’homme n’a rien du trompe-la-mort. Il a sau­té pour la pre­mière fois dans le ventre de sa mère avant de ré­ci­di­ver, seul comme un grand, dès l’âge de 16 ans. Ce fon­ceur de l’Ore- gon, dé­ten­teur de trois re­cords du monde, en­seigne le pa­ra­chu­tisme aux forces spé­ciales de l’US Ar­my. En 2012, il a conseillé l’Au­tri­chien Fe­lix Baum­gart­ner lors de sa vi­rée stra­to­sphé­rique fran­chis­sant le mur du son. Il a éga­le­ment joué les cas­ca­deurs dans les films hol­ly­woo­diens « Iron Man 3 » ou « God­zilla ». Si notre mé­téo­rite à deux jambes ne manque pas sa cible, elle est pro­mise au buzz pla­né­taire.

« J’es­père que les en­fants pour­ront voir ça et com­prendre qu’avec un en­traî­ne­ment adap­té, presque tout est pos­sible. A la fin de la jour­née, ce se­ra la chose la plus in­tense que j’ai faite dans ma vie », se pro­jette l’in­té­res­sé.

En cas de réus­site, la pluie de dol­lars est ga­ran­tie. « Comme Fe­lix Baum­gart­ner, Luke Ai­kins est un très bon com­mer­cial, il va s’as­su­rer un jo­li pe­tit ma­te­las fi­nan­cier. Il va aus­si faire rê­ver des gens », pro­nos­tique l’ins­truc­teur Oli­vier He­naff, roi de la pré­ci­sion, 7 titres de cham­pion du monde… tous avec un pa­ra­chute. les pour orien­ter sa chute. A 120 m du fi­let, l’aven­tu­rier se re­tour­ne­ra sur le dos pour que Fa­bri­qué avec du ny­lon so­lide, il a été ca­ta­pul­tés de­puis un hé­li­co­ptère.

L’Amé­ri­cain Luke Ai­kins, sur­nom­mé Luke le chan­ceux, comp­ta­bi­lise 18 000 sauts.

Jean-Louis Etienne reste as­sez ré­ser­vé sur les mo­ti­va­tions de Luke Ai­kins.

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