« Tant qu’on n’a pas ga­gné la Ligue des cham­pions… »

FOOT­BALL. Eloi­gné des ter­rains par une pu­bal­gie, Mar­co Ver­rat­ti, le ta­len­tueux mi­lieu du PSG, est de re­tour. Il a faim de jeu et cultive une saine am­bi­tion pour son club de coeur.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Los An­geles (Etats-Unis) De notre en­voyé spé­cial Pro­pos re­cueillis par YVES LE­ROY

IL PIAFFE d’im­pa­tience. Mais l’aty­pique mi­lieu de ter­rain pa­ri­sien de 23 ans ne re­trou­ve­ra pas les ter­rains tout de Com­ment vous sen­tez-vous ? MAR­CO VER­RAT­TI. Bien. J’ai pas­sé une an­née très dif­fi­cile, car je ne pou­vais pas ai­der l’équipe à ga­gner des matchs. Je suis res­té six mois hors du ter­rain, c’était très com­pli­qué pour moi. Je suis content, parce que je re­viens bien. L’opé­ra­tion s’est très bien pas­sée. J’ai tra­vaillé tout l’été avec un ki­né du PSG (NDLR : Da­rio Fort) pour re­ve­nir dès la re­prise avec l’en­semble du groupe. Le plus dur est pas­sé, ma i n t e n a n t . Je fais tous mes exer­cices nor­ma­le­ment avec l’équipe. Après, c’est le coach qui dé­cide du mo­ment où je pour­rai ren­trer dans les matchs, mais je pense que ça va al­ler très vite. Je suis im­pa­tient. Au­riez-vous dû vous faire opé­rer plus tôt ? Non, parce que j’avais ce pro­blème de­puis long­temps. Après, ça a em­pi­ré et j’ai com­pris. J’ai tout ten­té pour Etes-vous dé­çu de ne pas avoir hé­ri­té du n° 10 de votre ami Zla­tan Ibra­hi­mo­vic ? Non, c’est une dé­ci­sion que nous avons prise en­semble avec Fla­co (NDLR : sur­nom de Pas­tore). Il le mé­rite. C’est un des joueurs les plus tech­niques de l’équipe. Je suis très content que ce soit lui notre n° 10. suite. Il est en­core un peu juste pour le match contre Lei­ces­ter la nuit pro­chaine. Dès qu’il se­ra d’at­taque, Ver­rat­ti pour­ra sol­der une sai­son gâ­chée par une pu­bal­gie qui l’a pri­vé de l’Eu­ro. En dé­but de se­maine, sur le toit d’un im­meuble de Los dis­pu­ter l’Eu­ro, mais une fois que j’ai vu que ce n’était plus pos­sible, j’ai dé­ci­dé de me faire opé­rer. Cette dé­ci­sion de re­non­cer à l’Eu­ro a-t-elle été le mo­ment le plus dif­fi­cile à vivre ? C’était un peu avant. Quand on a joué contre Chel­sea et Man­ches­ter Ci­ty, je fai­sais tout pour être sur le ter­rain, et ça ne mar­chait pas. Dé­jà à ce mo­ment-là, j’avais com­pris que pour l’Eu­ro, ça al­lait être très dif­fi­cile. Je veux re­mer­cier Pa­ris qui m’a don­né la pos­si­bi­li­té de tout ten­ter et de ne plus jouer de match de cham­pion­nat à un mo­ment où on était dé­jà as­su­rés du titre. Mais ça ne pas­sait pas et j’ai dé­ci­dé de me faire opé­rer pour re­ve­nir le plus vite pos­sible. Qu’est-ce que cette pé­riode va chan­ger dans votre car­rière ? C’était très dur. Au­jourd’hui, ce jeu est en­core plus jo­li à mes yeux. Ma Je re­mer­cie Ibra qui vou­lait que je le prenne. C’est mon ami, il m’a beau­coup ai­dé ici, mais je pense qu’il est content aus­si que Fla­co porte son n° 10, parce qu’Ibra l’aime beau­coup. Après le dé­part de Zla­tan, vous sen­tez-vous or­phe­lin ? Oui, un peu. Les pre­miers jours où j e s ui s r e - tour­né à Pa­ris, dans le ves­tiaire, on res­sen­tait beau­coup qu’il n’était pas là. Moi, mais aus­si mes co­équi­piers. C’est un gar­çon qui se fait sen­tir sur le ter­rain et en de­hors. Il me manque. Pou­vez-vous lui suc­cé­der comme sym­bole de cette équipe ? La pre­mière chose que j’ai com­prise en ar­ri­vant à Pa­ris, c’est qu’avant d’avoir des grands joueurs, on avait des grands hommes. Dans le ves­tiaire, tout se passe vrai­ment bien. Je pense que je n’ai ja­mais vé­cu dans un groupe comme ça. Per­sonne ne doit être au-des­sus de l’autre. An­geles, au sor­tir d’une séance pho­to pour le nou­veau maillot des cham­pions de France et pour Hu­go Boss, l’ha­billeur du club, il nous a confié sa ferme vo­lon­té de lier son his­toire à celle du PSG. pas­sion est en­core plus grande. Dans la vie de tous les jours, j’ai pas­sé six mois en étant vrai­ment mal. J’ai réa­li­sé que le foot, ce n’était pas seule­ment les 90 mi­nutes sur le ter­rain, les matchs, mais que c’était vrai­ment ma vie. Dans la tête, c’est une ex­pé­rience de plus qui m’a fait gran­dir et me sen­tir plus fort. Faites-vous plus at­ten­tion dé­sor­mais à ce que vous faites hors du ter­rain ? Non, j’ai tou­jours fait at­ten­tion. Je n’avais qua­si­ment ja­mais été bles­sé en quatre ans au PSG. Je me suis tou­jours com­por­té de la même ma­nière. Dans le foot, on tra­vaille tous les jours, c’est nor­mal d’avoir des bles­sures. Cette pu­bal­gie, je la traîne de­puis que je suis à Pes­ca­ra. Ça fait cinq ans que je jouais avec. J’ar­ri­vais à un mo­ment où c’était comme ça, je sa­vais que ce n’était plus pos­sible.

« Dans la vie de tous les jours, j’ai pas­sé six mois en étant vrai­ment mal »

Sui­vez et com­men­tez le match Avez-vous mal­gré tout un rôle à jouer, après quatre ans au club ? Oui, c’est sûr. Les res­pon­sa­bi­li­tés, ce sont des choses que te donnent l’en­traî­neur et tes co­équi­piers. Je me suis tou­jours sen­ti im­por­tant ici. J’ai tou­jours eu la confiance du club et du coach. Après, on est 23, tous en­semble, et on doit tous gar­der le même ob­jec­tif. Il n’y a pas de lea­deur. On doit faire les choses tous en­semble. Quand Pa­ris a été éli­mi­né en Ligue des cham­pions, on a dit que l’équipe n’était pas la même sans vous… C’est un plai­sir d’en­tendre ça. Quand tu te sens im­por­tant pour tes co­équi­piers et ton club, c’est que tu fais du bon tra­vail. Je suis ici pour ga­gner tout ce que je peux, m’amé­lio­rer beau­coup, parce que je suis en­core un jeune joueur. Dans la ma­nière dont je vois le foot­ball, il n’y a pas de pres­sion, seule­ment du plai­sir.

« Zla­tan se fait sen­tir sur le ter­rain et en de­hors. Il me manque »

Los An­geles (Etats-Unis), le 22 juillet. Bles­sé de­puis six mois en rai­son d’une pu­bal­gie, Mar­co Ver­rat­ti va en­fin re­trou­ver les ter­rains.

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