« Born to Be Alive », conte de fées dis­co

C’est l’homme d’un seul tube, mais quel tube ! Pa­trick Her­nan­dez n’est plus la ve­dette qu’il était en 1979, mais sa chan­son vit tou­jours sa vie, et lui rap­porte en­core gros.

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - Pa­trick Her­nan­dez, chan­teur ÉRIC BU­REAU

UNE CHAN­SON peut chan­ger votre vie. Pa­trick Her­nan­dez en est la preuve vi­vante. Il vit de­puis trente-sept ans des rentes de « Born To Be Alive ». Le tube dis­co de l’été 1979 lui rap­por­tant en­core plu­sieurs cen­taines d’eu­ros par jour. L’homme à la canne au pom­meau do­ré ne s’en cache pas, il de­mande juste qu’on consi­dère sa chan­son comme un « stan­dard ». « Un tube est éphé­mère, un stan­dard dure », dit-il. Et se­lon lui, « Born To Be Alive » est le troi­sième 45 tours le plus ven­du de l’his­toire, avec plus de 25 mil­lions d’exem­plaires.

L’his­toire tient du conte de fées. « A l’ori­gine, la chan­son est beau­coup plus rock, ra­conte Pa­trick Her­nan­dez. J’en ai en­re­gis­tré une pre­mière ver­sion en 1975 avec le groupe Pa­ris Palace Ho­tel, dont j’étais le chan­teur-gui­ta­riste. Elle n’est ja­mais sor­tie, car le groupe s’est vite sé­pa­ré. Quelques mois plus tard, je tra­vaille avec le pro­duc­teur belge Jean Van Loo et je la lui joue, comme ça. Il la trouve très ef­fi­cace, mais la mode tourne au dis­co. Alors, on le met à la sauce dis­co et on part en­re­gis­trer et mixer pen­dant un mois à Bruxelles avec une équipe belge. Mon co­pain gui­ta­riste Her­vé Tho­lance crée la gui­tare du dé­but et la voix grave du re­frain, on fait tout pour que ce soit un tube. »

« En sor­tant du stu­dio, je suis per­sua­dé que l’on tient une bombe ato­mique, mais per­sonne n’en veut, se sou­vient Her­nan­dez. On m’as­sène : C’est trop ra­pide, le titre en an­glais Né pour être vi­vant ne veut rien dire… Ce n’est pas une faute d’an­glais, mais c’est un pléo­nasme. De toute fa­çon, j e cher­chais un son, pas de la phi­lo­so­phie. En déses­poir de cause, un pro­duc­teur ita­lien ac­cepte de le sor­tir en Ita­lie. En quinze jours, il est pre­mier des ventes. Puis un pro­duc­teur belge le sort, même chose. Au Mi­dem 1979, CBS dé­cide de dis­tri­buer la chan­son. Et c’est une traî­née de poudre… Elle est n° 1 dans le monde en­tier, sauf en An­gle­terre et aux Pays-Bas. »

Pen­dant trois ans, Her­nan­dez est une 7 jan­vier. Les Kh­mers rouges sont chas­sés du pou­voir au Cam­bodge. 26 mars. Si­gna­ture du trai­té de paix entre l’Egypte et Is­raël. 11 avril. Idi Amin Da­da, dic­ta­teur san­gui­naire de l’Ou­gan­da, fuit le pays, mis en dé­route par l’ar­mée de Tan­za­nie. 4 mai. Mar­ga­ret That­cher de­vient Pre­mier mi­nistre du Royaume-Uni. 14 juillet. A Pa­ris, un mil­lion de per­sonnes as­sistent au con­cert de Jean-Mi­chel Jarre place de la Concorde, 19 juillet. Les San­di­nistes prennent le pou­voir au Ni­ca­ra­gua. star pla­né­taire. « Je pas­sais ma vie dans le Concorde. Au Bré­sil, c’était une telle fo­lie que j’ai dû quit­ter une émis­sion de té­lé dans une malle en osier. »

La lé­gende lui in­vente même une dan­seuse nom­mée Ma­don­na. « Elle n’a ja­mais été ma dan­seuse, rec­ti­fie-t-il. On lui avait fait pas­ser une au­di­tion en 1979 à New York, mais elle était trop douée. On l’a ra­me­née à Pa­ris et j’ai vé­cu avec elle pen­dant un an dans le même ap­par­te­ment. Elle vou­lait chan­ter, et elle est re­par­tie à New York. Trois ans plus tard, elle sor­tait Ho­li­day. » Ma­don­na a ex­plo­sé, Her­nan­dez a im­plo­sé. « Après avoir eu des très hauts, j’ai eu des très bas, re­con­naît-il. Mon deuxième disque n’est même pas sor­ti, faute de tube. J’ai fait plu­sieurs ten­ta­tives de come-back in­fruc­tueuses, mais dans les an­nées 1980 et 1990, les stars du dis­co étaient 17 sep­tembre. Le pre­mier McDo­nald’s de France ouvre à Stras­bourg. 20 sep­tembre. Des­ti­tu­tion de l’em­pe­reur de Cen­tra­frique Bo­kas­sa Ier. 17 oc­tobre. Mère Te­re­sa ob­tient le prix No­bel de la paix. 30 oc­tobre. Dé­cès mys­té­rieux de Ro­bert Bou­lin, mi­nistre du Tra­vail. 2 no­vembre. Jacques Mes­rine, en­ne­mi pu­blic nu­mé­ro un, est abat­tu par la po­lice, porte de Cli­gnan­court, à Pa­ris. 4 no­vembre. Dé­but de la prise d’otages à l’am­bas­sade amé­ri­caine de Té­hé­ran. 18 dé­cembre. Dé­but de l’in­ter­ven­tion so­vié­tique en Af­gha­nis­tan. bla­ck­lis­tées. Et puis, j’ai fi­ni par prendre les choses du bon cô­té. Une telle chan­son, pour son au­teur, c’est un ca­deau du ciel. Et une telle manne ! Elle est uti­li­sée dans des pubs, des films, des com­pi­la­tions, il y a des ver­sions dans toutes les langues, même en ta­hi­tien. On peut en vivre toute sa vie si on gère bien les droits. »

A 67 ans, Pa­trick Her­nan­dez est « un homme heu­reux et chan­ceux », qui vit en fa­mille dans la quié­tude et le so­leil de L’Isle-sur-la-Sorgue. En août, il va quit­ter le Vau­cluse pour tour­ner la suite du film « Stars 80 », puis re­prendre la route en no­vembre pour la tour­née des 10 ans de « Stars 80 ». « En no­vembre, je de­vrais aus­si sor­tir mon au­to­bio­gra­phie, ré­vè­let-il. Mon his­toire est si par­ti­cu­lière qu’elle mé­rite que je la ra­conte à ma fille de 9 ans. » Le livre s’in­ti­tu­le­ra « Still Alive ».

« En sor­tant du stu­dio, je suis per­sua­dé que l’on tient une bombe ato­mique, mais per­sonne n’en vou­lait »

We were born to be alive We were born to be alive Born, born to be alive ( (Won’t you be alive) Y You see you were born B Born, born ( (Born to be alive)

Peo­pleP ask me why I ne­ver find a place to stop And set­tle down, down, down But I ne­ver wan­ted all those things People need to jus­ti­fy Their lives, lives, lives You see you were Born, born, born to be alive (Born to be alive) You see you were Born, born, born (Born to be alive) It’s good to be alive To be alive To be alive Eric_Bureau

1979. Pa­trick Her­nan­dez sort le tube dis­co « Born to Be Alive ». Il est ven­du à plus de 25 mil­lions d’exem­plaires.

Cannes, 1980. Le chan­teur en­tou­ré de disques d’or.

2012. Pen­dant l’en­re­gis­tre­ment de l’émis­sion « Vi­ve­ment di­manche » sur France 2.

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