Comment peut-on en­core rou­ler sans cein­ture !

SÉCURITÉ ROUTIÈRE. Un quart des tués sur au­to­routes ne la por­taient pas alors qu’elle est obli­ga­toire de­puis plus de qua­rante ans. Une hé­ré­sie : dès 20 km/h, un choc su­bi sans être at­ta­ché peut être mor­tel.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Lau­rence Guillerm, porte-pa­role de l’As­fa Pro­pos re­cueillis par RÉBECCA KHANANIÉ HÉLÈNE DAUSCHY

« À L’ARRIÈRE comme à l’avant, on la boucle. » Ce slo­gan, qui vise à sen­si­bi­li­ser au port de la cein­ture de sécurité, a tra­ver­sé les an­nées. Mais il n’a pas pris une ride et reste plus que ja­mais d’ac­tua­li­té. Se­lon une étude que vient de pu­blier l’As­so­cia­tion des so­cié­tés fran­çaises d’au­to­routes (As­fa), 25 % des tués sur au­to­routes n’avaient pas at­ta­ché leur cein­ture. Soit 43 vic­times sur les 174 tués sur au­to­route en 2015.

Alors que Bi­son fu­té a clas­sé noire la jour­née d’hier et que les chas­sés­croi­sés d’au­to­mo­bi­listes vont se mul­ti­plier lors des pro­chains wee­kends, bou­cler sa cein­ture avant le dé­part ne semble pas al­ler de soi pour bon nombre de conduc­teurs. S’at­ta­cher est pour­tant obli­ga­toire de­puis plus de… qua­rante ans. Ce que semble avoir ou­blié Be­noît, qui conduit de­puis plus de deux dé­cen­nies. « Sur les tra­jets que je connais par coeur, je ne boucle pas sys­té­ma­ti­que­ment ma cein­ture. A tort », re­con­naît le qua­dra­gé­naire. « Comme il ne m’est ja­mais rien ar­ri­vé, je ne le fais pas. Je me sens in­vul­né­rable, mais on ne sait pour­tant ja­mais ce qui peut ar­ri­ver. »

Ce qui peut ar­ri­ver, ce sont d’abord des sanc­tions : un conduc­teur non at­ta­ché est pas­sible d’un re­trait de 3 points sur son per­mis et d’une amende de 135 € par pas­sa­ger non at­ta­ché. « La sanc­tion peut très vite mon­ter et pas­ser à 675 € pour le conduc­teur et ses quatre pas­sa­gers non at­ta­chés », pré­vient Lau­rence Guillerm, porte-pa­role de l’As­fa.

L’autre risque, bien plus grave, est d’ajou­ter son nom à ce­lui des 878 per­sonnes qui au­raient pu être sau­vées en France si elles avaient eu le ré­flexe de bou­cler leur cein­ture à l’avant comme à l’arrière.

Si le taux de port glo­bal de la cein­ture s’élève à 98,5 % et at­teint 99,3 % aux places avant, il chute à 91,1 % aux places arrière. Un chiffre qui ne pro­gresse pas. « Nous ne com­pre­nons pas pour­quoi les gens s’at­tachent moins qu’à l’avant », note l’As­fa. Une ha­bi­tude d’au­tant plus dan­ge­reuse lors­qu’elle touche les plus pe­tits. Au cours d’un choc à 50 km/h, la pous­sée est telle qu’un en­fant de 20 kg se trans­for­mer en un pro­jec­tile d’une de­mi-tonne s’il n’est pas main­te­nu par un sys­tème de sécurité adap­té. Heu­reu­se­ment pour beau­coup, comme Lau­ra, 24 ans, mettre sa cein­ture est un ré­flexe qui s’est im­po­sé dès le plus jeune âge. « Je la mets tou­jours. Et si je l’ou­blie, je m’en rends compte moins d’une mi­nute après avoir pris la route. » Ké­vin, âgé d’une ving­taine d’an­nées, ad­met « par­fois la mettre après avoir dé­mar­ré », mais il n’at­tend ja­mais plus d’une mi­nute pour se sé­cu­ri­ser. « L’exemple est souvent don­né par le conduc­teur lui-même, rap­pelle Lau­rence Guillerm. 15 % des pas­sa­gers tendent à re­pro­duire le com­por­te­ment du chauf­feur. » Gé­ral­dine, l’amie de Ké­vin, ne dé­roge ja­mais à cette règle de sécurité. « Je l’at­tache sys­té­ma­ti­que­ment avant le dé­mar­rage, si­non je me sens nue sans elle. »

« La sanc­tion peut mon­ter à 675 € pour le conduc­teur et ses quatre pas­sa­gers non at­ta­chés »

Une étude de l’As­so­cia­tion des so­cié­tés fran­çaises d’au­to­routes (As­fa) ré­vèle que 25 % des tués sur au­to­route n’avaient pas at­ta­ché leur cein­ture.

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