« Daech lui a re­tour­né la tête »

Franck Pe­tit­jean,

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Franck Pe­tit­jean, père d’Ab­del Ma­lik Pe­tit­jean N.J.

UN PÈRE ATTERRÉ. Franck Pe­tit­jean est ce­lui qui a éle­vé Ab­delMa­lik, l’un des deux as­sas­sins du père Jacques Ha­mel, mar­di à Saint-Etienne-du-Rou­vray (Sei­neMa­ri­time). Un père adop­tif qui a re­con­nu l’en­fant lors­qu’il n’avait que 6 mois, en 1997, et qui s’est confié au quo­ti­dien « Sud-Ouest ».

Une in­ter­view mo­ti­vée no­tam­ment par une peur : celle que la pe­tite soeur d’Ab­del-Ma­lik, cette fille de 17 ans que Franck a eue avec la mère du gar­çon, prenne au­jourd’hui le même che­min que lui, ce­lui de la ra­di­ca­li­sa­tion. D’après « Sud Ouest », Franck Pe­tit­jean, sou­deur par in­té­rim, a contac­té l’hô­tel de po­lice de Bor­deaux mer­cre­di soir, dès que l’iden­ti­fi­ca­tion du corps de son fils a été of­fi­cielle.

Il y a lon­gue­ment été en­ten­du, et mis hors de cause. De­puis 2011, date à la­quelle il avait di­vor­cé de sa mère, les re­la­tions avec Ab­delMa­lik étaient épi­so­diques. « Je ne l’avais pas vu de­puis en­vi­ron trois ans. En re­vanche, je l’ai eu au té­lé­phone au dé­but du mois de juillet, évoque Franck Pe­tit­jean. Il était avec son cou­sin à Nan­cy. Il m’a dit qu’il vou­lait ve­nir en va­cances à Bor­deaux au mois d’août… » Son père adop­tif, ori­gi­naire comme la ma­man de Saint-Dié-des-Vosges, garde le sou­ve­nir d'« un bon ga­min. » Lorsque ce­lui-ci lui avait in­di­qué vou­loir de­ve­nir com­mer­cial, en­chaî­nant les stages après avoir pas­sé un bac pro c om­merce, Franck lui avait ré­pon­du « d’y al­ler à fond ». « Tous ses col­lègues de tra­vail, ses co­pains, disent qu’il était po­li et ser­viable. Daech a réus­si à lui re­tour­ner la tête en trois mois. » C’est jus­te­ment il y a trois mois que son ex-femme l’avait ap­pe­lé, pour lui ex­pli­quer la dé­rive de l’adol es­cent. La ma­man d’Ab­del-Ma­lik ra­conte alors à Franck qu’elle a été convo­quée par l’imam d’Aix-les-Bains, qui s’in­quiète des fré­quen­ta­tions du j eune homme, et de tous ces « bar­bus » avec les­quels il traîne.

De­puis qu’Ab­del-Ma­lik a com­mis ce crime atroce, Franck se dit « bri­sé ». « Ça fait deux jours que je ne dors plus. Quand une telle his­toire vous tombe des­sus, c’est ter­rible », a souf­flé le qua­dra­gé­naire à « Sud Ouest », qui se dit donc dé­sor­mais très in­quiet pour sa fille, qui a éga­le­ment été en­ten­due par les en­quê­teurs, et dont il est sans nou­velles. « Elle aus­si vit à Aix-les-Bains. Elle était très proche de son frère. Au­jourd’hui je tire la son­nette d’alarme. J’ai peur qu’elle se venge, et ne soit à son tour en­rô­lée par l’Etat is­la­mique. »

« Tous ses col­lègues de tra­vail, ses co­pains, disent qu’il était po­li et ser­viable »

Bor­deaux (Gi­ronde), ven­dre­di.

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