« Tout le monde doit avoir les mêmes obli­ga­tions »

Serge Con­tat,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR -

SERGE CON­TAT, 57 ans, in­gé­nieur d e f o r mat i o n , d i r i g e l a R I V P , 2e bailleur so­cial de la ca­pi­tale der­rière Pa­ris Ha­bi­tat. Pour lui, le champ de la loi Molle doit être éten­du au nom de la so­li­da­ri­té na­tio­nale. Etes-vous fa­vo­rable à la loi Molle ? SERGE CON­TAT. Clai­re­ment, car le mes­sage que l’on fait pas­ser est es­sen­tiel : oui, le parc so­cial de lo­ge­ments tourne. Et les nou­veaux en­trants sont sen­si­bi­li­sés au fait qu’ob­te­nir un lo­ge­ment so­cial est une vraie chance. A la RIVP, nous avons eu 98 cas de­puis la mise en place de la loi. Les gens concer­nés ac­ceptent-ils de par­tir ? A Pa­ris, l’idée a du mal à pas­ser : les loyers étant éle­vés, les lo­ca­taires ont peur de de­voir s’ins­tal­ler en ban­lieue. Ce qui est faux : avec ce ni­veau de pla­fond de re­ve­nus, il reste pos­sible de se lo­ger dans le parc pri­vé à Pa­ris. En re­vanche, le fait de leur lais­ser trois ans pour s’or­ga­ni­ser une fois la dé­ci­sion prise n’est pas un luxe : il faut les ren­con­trer, leur ex­pli­quer les choses. En­suite, beau­coup dé­mé­nagent d’eux-mêmes, sans que l’on ait be­soin de lan­cer une pro­cé­dure. Je suis convain­cu que cette loi fi­ni­ra par ren­trer dans les moeurs. Comme pour les sur­loyers ? Exac­te­ment. Les sur­loyers (NDLR : ins­tau­rés en 2009 pour les lo­ca­taires qui dé­passent un cer­tain pla­fond de res­sources) ont long­temps été mal vus, chez les po­li­tiques comme dans les as­so­cia­tions de lo­ca­taires. Au­jourd’hui, ils sont consi­dé­rés comme un ins­tru­ment de jus­tice s ociale. A l a RIVP, s ur 50 000 lo­ge­ments, 1 600 lo­ca­taires ac­quittent un sur­loyer. Vous êtes par­ti­san d’étendre la loi Molle aux lo­ge­ments in­ter­mé­diaires. Pour­quoi ? Les PLI, comme on les ap­pelle, sont des lo­ge­ments qui bé­né­fi­cient d’une aide pu­blique au même titre que les lo­ge­ments dits so­ciaux. Les lo­ca­taires oc­cu­pant un lo­ge­ment in­ter­mé­diaire de­vraient donc êt r e eux aus­si

« Il y a eu un ef­fort fi­nan­cier de la col­lec­ti­vi­té. Une contre­par­tie so­ciale est donc lé­gi­time »

sou­mis à l’en­quête an­nuelle de re­ve­nus, qui per­met (le cas échéant) de cal­cu­ler le sur­loyer à payer, mais aus­si, dé­sor­mais, de dé­fi­nir qui est concer­né ou non par la loi Molle. Il n’y a au­cune rai­son que les sa­la­riés lo­gés en PLI il y a vingt ou trente ans quand ils étaient en dé­but de car­rière, de­ve­nus pour cer­tains des cadres su­pé­rieurs, aient des loyers, mais aus­si des obli­ga­tions, moindres que les lo­ca­taires HLM clas­siques. Y com­pris les lo­ca­taires des lo­ge­ments à loyer libre, qui font par­tie du parc so­cial mais ne sont pas as­su­jet­tis aux sur­loyers, alors même qu’ils ont par­fois de très hauts re­ve­nus ? Oui. Pour ces lo­ge­ments aus­si, il y a eu un ef­fort fi­nan­cier de la col­lec­ti­vi­té. Une contre­par­tie so­ciale est donc lé­gi­time. Concrè­te­ment, ce­la chan­ge­rait-il vrai­ment les choses ? Bien sûr ! A la RIVP, sur en­vi­ron 50 000 lo­ge­ments, seuls 35 000 sont conven­tion­nés : quelque 5 000 PLI et 10 000 loyers libres échappent à l’en­quête de re­ve­nus, et donc aux sur­loyers et à la fin pos­sible du main­tien dans les lieux ! Tout le monde doit être lo­gé à la même en­seigne.

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