« Je trouve ce­la nor­mal de par­tir »

Ca­pu­cine*,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Ca­pu­cine, lo­ca­taire d’une HLM

DANS SA TÊTE, elle est « presque dé­jà par­tie ». Ca­pu­cine, 33 ans, lo­ca­taire d’une belle HLM de la RIVP ( 2 e b a i l l e ur de Pa r i s ) da ns le XIVe ar­ron­dis­se­ment, quit­te­ra son deux-pièces de 47 m2 à la fin de l’an­née. Comme 85 autres lo­ca­taires iden­ti­fiés de­puis 2011 par son bailleur, elle n’est plus en droit de gar­der son lo­ge­ment so­cial. Mo­tif ? Le sa­laire de celle qui tra­vaille ac­tuel­le­ment dans la mode avoi­sine les 4 000 € par mois. « Je com­prends qu’il faille par­tir, je trouve ce­la nor­mal », es­time la jeune femme, qui va donc cher­cher dans le parc pri­vé. Con­trai­re­ment à d’autres lo­ca­taires, Ca­pu­cine n’at­ten­dra pas l’avis d’ex­pul­sion. Elle ne contes­te­ra pas non plus cette dé- ci­sion de­vant un tri­bu­nal. « J’ai as­sez de temps pour me re­tour­ner. »

C’est en 2003, en fin d’études, que cette Pa­ri­sienne a dé­cro­ché une HLM. A l’époque, elle ga­gnait peu, et son loyer était de 370 € par mois. Cinq ans plus tard, Ca­pu­cine dé­croche un bon job et ex­plose le pla­fond des re­ve­nus. « Mon loyer est alors pas­sé à 1 200 €, se sou­vient-elle, mais je trou­vais nor­mal de payer un sur­loyer. »

Sauf que deux ans plus tard, elle fait un burn-out et se re­trouve au c h ô ma g e . « D u jour au len­de­main, je me suis re­trou­vée avec 1 600 € d’As­se­dic et tou­jours 1 200 € de loyer. » Son bailleur re­fuse d’en te­nir compte. « On me di­sait : At­ten­dez l’an pro­chain, avec votre pro­chaine feuille d’im­pôt, alors que j’étais au fond du trou ! » Ca­puc i n e e mp r u n t e r a f i n a l e me n t 5 000 € à ses proches, une dette qu’elle rem­bourse en­core.

De­puis, Ca­pu­cine a re­bon­di pro­fes­sion­nel­le­ment. Gagne bien sa vie. A tel point, d’ailleurs, que la RIVP l’a iden­ti­fiée comme l’un de ces lo­ca­taires « trop riches » pour pou­voir res­ter. Mi-2014, le bailleur l’a in­for­mée que « confor­mé­ment à la loi », son bail se­rait pro­lon­gé pour une du­rée de trois ans, non re­nou­ve­lable, à comp­ter du 1er jan­vier 2014. Son contrat de lo­ca­tion ar­ri­ve­ra donc à terme le 31 dé­cembre 2016. Si ce n’est ce bug du­rant son an­née de chô­mage, Ca­pu­cine s’es­time heu­reuse d’avoir ob­te­nu une HLM : « Pen­dant des an­nées, ça m’a sau­vée ! »

* Son pré­nom a été mo­di­fié.

« J’ai as­sez de temps pour me re­tour­ner »

Ses re­ve­nus ayant aug­men­té, Ca­pu­cine va quit­ter son lo­ge­ment so­cial.

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