A Rio, Hol­lande can­di­dat… pour 2024

JO. Le pré­sident, qui s’en­vole mer­cre­di à Rio, ira dé­fendre les cou­leurs de Pa­ris pour les Jeux olym­piques qui se dé­rou­le­ront dans huit ans. Trois jours d’in­tense lob­bying.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - PHI­LIPPE MARTINAT

À QUOI PENSERA Fran­çois Hol­lande en mon­tant mer­cre­di soir dans l’avion pré­si­den­tiel qui doit l’em­me­ner à Rio de Ja­nei­ro pour l’ou­ver­ture des Jeux olym­piques ? A la me­nace ter­ro­riste qui plane tou­jours ? A la courbe du chô­mage qui peine dé­ci­dé­ment à s’in­ver­ser ? Ou aux fou­cades de son ex-chou­chou Em­ma­nuel Ma­cron ? Peut-être à tout ce­la.

Mais le chef de l’Etat, qui ren­tre­ra sa­me­di soir en France, es­père sur­tout res­pi­rer un autre air au Bré­sil, loin de la France. Une courte pa­ren­thèse qu’il em­ploie­ra à dé­fendre la can­di­da­ture de Pa­ris aux JO de 2024 aux cô­tés des spor­tifs et d’Anne Hi­dal­go, la maire de la ca­pi­tale, qui dé­colle pour le Bré­sil de­main, ain­si que de Va­lé­rie Pé­cresse, la nou­velle pa­tronne de la r é g i o n I l e - de - France.

Le pro­gramme s u r p l a c e au­ra en tout cas de quoi dis­traire le pré­sident de ses sou­cis hexa­go­naux. Pour s e mettre e n jambes, Hol­lande com­men­ce­ra j eu­di ma­tin par une re­mise de dé­co­ra­tion à l’an­cienne star du football bré­si­lien (qui a joué aus­si à l’OM), Pau­lo Ce­sar. A Rio, le chef de l’Etat ira vi­si­ter le vil­lage olym­pique et sa­luer les ath­lètes f r an­çais avant d’en­ta­mer une série d’en­tret i ens avec des res­pon­sables du CIO. Le soir, le pré­sident du Co­mi­té olym­pique, Tho­mas Bach, don­ne­ra un dî­ner en son hon­neur avant un en­tre­tien en tête à tête le len­de­main. Un vé­ri­table agen­da de lob­byiste : dès le len­de­main, il par­ti­ci­pe­ra à une confé­rence de presse pour « vendre » la can­di­da­ture de Pa­ris en 2024 face à Rome, Bu­da­pest et sur­tout Los An­geles. Et ce, à un an de la dé­si­gna­tion de la ville hôte.

Bien ca­lé der­rière le pool des spor­tifs (Tony Es­tan­guet, Guy Drut, Ber­nard La­pas­set et De­nis Mas­se­glia) qui portent la can­di­da­ture pa­ri­sienne, Hol­lande — l’un des rares chefs d’Etat oc­ci­den­taux à s’être dé­pla­cé pour la cé­ré­mo­nie d’ou­ver­ture — a com­pris qu’il fal­lait jouer col­lec­tif avec Anne Hi­dal­go et Va­lé­rie Pé­cresse. La ten­sion qui était pa­tente il y a quelques mois avec la maire de Pa­ris — qui n’en­ten­dait pas se faire for­cer la main sur ce dos­sier — n’est plus qu’un loin­tain sou- ve­nir. « Ce mo­ment-là a per­mis de mon­trer à tout le monde que c’était aux spor­tifs d’être au pre­mier plan, et les po­li­tiques en sou­tien », ex­plique-t-on à la mai­rie de Pa­ris. Ef­fi­cace ? En tout cas, le CIO semble ap­pré­cier, cette fois, le bon état d’es­prit qui anime les dé­fen­seurs de la ca­pi­tale fran­çaise.

Il a com­pris qu’il fal­lait jouer col­lec­tif avec Anne Hi­dal­go et Va­lé­rie Pé­cresse

A l’Ely­sée, on se veut réa­liste : ce ne sont pas les JO qui fe­ront ou­blier les tra­gé­dies qui ont mar­qué la France ces der­niers mois ou qui ré­sou­dront les pro­blèmes de la ren­trée. Mais même une pe­tite bouf­fée d’oxy­gène est bonne à prendre. « Tout ce qui per­met de se sou­der, de faire bloc, de mon­trer l e s e n t i me n t d’ a ppart e - nance ou d’exal­ter la fier­té na­tio­nale est utile », as­sure-ton dans l’en­tou­rage du pré­sident.

Rio (Bré­sil). Les JO 2016 ou­vri­ront of­fi­ciel­le­ment vendredi.

Anne Hi­dal­go, la maire de Pa­ris, dé­fen­dra la France aux cô­tés du chef de l’Etat.

Fran­çois Hol­lande au­ra une série d’en­tre­tiens avec des res­pon­sables du CIO.

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