Le fou plon­geant a réus­si son saut de l’ange

EX­PLOIT. Le cas­ca­deur Luke Ai­kins a sau­té sans pa­ra­chute de 7 620 m d’al­ti­tude de­puis un avion avant d’at­ter­rir dans un fi­let géant de dé­cé­lé­ra­tion.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Luke Ai­kins, cas­ca­deur VINCENT MONGAILLARD

LE FOU PLON­GEANT n’a pas ra­té sa cible. L’Amé­ri­cain Luke Ai­kins, qui a sau­té sa­me­di soir sans pa­ra­chute d’un avion à 7 620 m d’al­ti­tude, a at­ter­ri sans en­combre à près de 200 km/h dans un fi­let géant de dé­cé­lé­ra­tion à l’is­sue de deux mi­nutes de chute libre d’une folle in­ten­si­té. Une pre­mière pla­né­taire qui s’est dé­rou­lée en Ca­li­for­nie, dif­fu­sée en très lé­ger dif­fé­ré à la té­lé­vi­sion. « He’s in ! », tra­dui­sez « Il est de­dans ! » a souf­flé le pré­sen­ta­teur de la Fox, au mo­ment où le casse-cou ter­mi­nait son odys­sée dans du ny­lon blanc très so­lide sus­pen­du à 76 m du sol. Ce fon­ceur de 42 ans, qui a joué les cas­ca­deurs dans « Iron Man 3 » et to­ta­li­sait dé­jà 18 000 sauts, mais avec une toile dans le dos, ne s’est donc pas dé­gon­flé. Juste avant d’em­bar­quer dans l’avion le condui­sant à son ex­ploit, il avait pour­tant re­çu l’ordre de la Screen Ac­tors Guild, le puis­sant syn­di­cat des ac­teurs de ci­né­ma et de té­lé­vi­sion outre-At­lan­tique, de se je­ter dans le vide avec un pa­ra­chute, au cas où. Mais il a dé­ci­dé de bra­ver la consigne et de s’élan­cer sans, es­ti­mant que ce poids s u p p l é me n t a i r e au­rait pu le dés­équi­li­brer et rendre le chal­lenge « en­core plus dan­ge­reux ». Comme pré­vu, il a plon­gé avec un masque à oxy­gène qu’il a re­mis après 3 500 m de des­cente ver­ti­gi­neuse à l’un de ses trois com­plices équi­pés, eux, de pa­ra­chutes. Pour s’orien­ter, il pou­vait comp­ter sur son oreillette, son GPS et des pan­neaux lu­mi­neux à proxi­mi­té de sa cible. Quand le blanc s’af­fi­chait, c’est que la tra­jec­toire était bonne. Quand c’était rouge, c’est qu’il de­vait la cor­ri­ger d’ur- gence avec ses mou­ve­ments de corps pour ne pas fi­nir en bouillie sur les col­lines en­vi­ron­nantes. Deux se­condes avant la fin des pé­ré­gri­na­tions aé­riennes, le trompe-la-mort s’est re­tour­né sur le dos, per­met­tant au « ma­te­las » sal­va­teur d’ab­sor­ber au mieux l’im­pact. La ré­cep­tion était par­faite, presque en dou­ceur. Fi­nan­cée par une marque de che­wing-gum, cette opé­ra­tion très mar­ke­tée bap­ti­sée Hea­ven Sent (« tom­bé du ciel ») est une mis­sion ac­com­plie.

Pris dans les mailles du fi­let, le hé­ros cas­qué à la com­bi­nai­son verte en est res­sor­ti triom­phant. Il bran­dis­sait le poing de la vic­toire, un peu comme Fe­lix Baum­gart­ner, l’Au­tri­chien qui, en 2012, avait fran­chi le mur du son de­puis la stra­to­sphère avant d’ou­vrir, lui, un pa­ra­chute. Une aven­ture his­to­rique pour la­quelle Luke Ai­kins avait d’ailleurs ser­vi de consul­tant. Dans une mise en scène comme l’adore l’Amé­rique, il s’est alors je­té dans les bras de son épouse, Mo­ni­ca, pa­ra­chu­tiste aux 2 000 sauts, avant d’être re­joint par Lo­gan, le fis­ton de 4 ans. Son père, ses deux frères ain­si que sa soeur étaient aus­si là pour l’ap­plau­dir et l’en­la­cer. Mais pas sa mère. « Elle me sou­tient, mais elle ne sou­tient pas ce pro­jet », sou­riait-il avant de pas­ser à l’ac­tion. De­vant les ca­mé­ras, « Lu­cky Luke » est res­té qua­si­ment bouche bée. « Je suis presque en lé­vi­ta­tion… C’est in­croyable, ce qui vient de se pas­ser, je ne peux même pas dire ce que je res­sens ! » com­men­tait ain­si ce­lui qui va en­cais­ser un jo­li chèque — au mon­tant gar­dé se­cret — si­gné de son spon­sor.

« Je suis presque en lé­vi­ta­tion, c’est in­croyable »

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