« Toute la cau­tion au­rait pu y pas­ser »

Ayoub,

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - Ayoub E.B.

AU­JOURD’HUI, il met ça sur le compte de l’in­ex­pé­rience. « J’avais 19 ans, je ve­nais d’avoir mon per­mis quelques mois au­pa­ra­vant. C’était la li­ber­té. Avec une bande de co­pains, on a loué une Peu­geot 308 pour une vi­rée de deux se­maines sur la Côte d’Azur. »

Ayoub est alors en­core étu­diant. Les deux seuls cri­tères qui re­tiennent son at­ten­tion à ce mo­ment­là, c’est le prix et le ki­lo­mé­trage illi­mi­té. « 1 200 € pour quinze jours, c’était dans notre bud­get. Mais évi­dem­ment, on n’a pas vrai­ment fait at­ten­tion aux clauses du contrat ou au mon­tant de la fran­chise. » Il tique un peu quand il dé­couvre au comp­toir, juste avant de prendre les clés, le mon­tant de la cau­tion qu’il doit lais­ser : 1 500 €. « Fi­na­le­ment, j’ai si­gné le chèque en me di­sant qu’on fe­rait bien at­ten­tion et qu’on n’au­rait pas d’ac­ci­dent. » Mais c’est sans comp­ter l’eu­pho­rie et l’in­sou­ciance des va­cances. Et l’ef­fet de groupe aus­si, qui fait qu’à cer­tains mo­ments, au bord de la plage, ou le soir en se ga­rant pour al­ler en boîte, Ayoub fait son cré­neau un peu trop vite, heurte un pare-chocs ou frotte un mur.

« Sur le mo­ment, on n’a pas vrai­ment fait gaffe, on avait autre chose en tête, sou­ligne-t-il en ri­go­lant. C’est sur le che­min du re­tour, à la fin des va­cances, qu’on s’est ren­du compte des dé­gâts. » Le bi­lan est peu glo­rieux : des rayures un peu par­tout sur la car­ros­se­rie, et un pare-chocs avant en­fon­cé. Ayoub se rend compte que toute sa cau­tion va y pas­ser.

« En ar­ri­vant à Pa­ris, je suis al­lé voir un ga­ra­giste que je connais­sais, en lui ex­pli­quant la si­tua­tion. Il m’a ra­con­té qu’il avait l’ha­bi­tude, et que ré­gu­liè­re­ment on ve­nait le voir pour ce genre d’his­toires. Par exemple des gens qui louaient une voi­ture de luxe pour un ma­riage et qui l’ame­naient le lun­di ma­tin toute ca­bos­sée. » Mon­tant de la ré­pa­ra­tion : 300 €. Soit cinq fois moins que sa cau­tion.

« Lorsque j’ai fi­na­le­ment dé­po­sé la voi­ture, le loueur n’y a vu que du feu. Le tra­vail avait été bien fait. » Ayoub a bien ap­pris la le­çon. Il est de­ve­nu un conduc­teur plus ex­pé­ri­men­té. Mais plus avi­sé aus­si. « Dé­sor­mais, je ne re­garde pas que le prix. Je prends aus­si le temps de lire les contrats d’as­su­rance, en fai­sant bien at­ten­tion au mon­tant des fran­chises et des cau­tions avant de faire mon choix. »

« Dé­sor­mais, je ne re­garde pas que le prix. Je prends aus­si le temps de lire les contrats d’as­su­rance »

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