Jul écrit une chan­son tous les deux jours

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - EM­MA­NUEL MAROLLE

IL NE VEUT PAS mon­ter à Pa­ris. Nous n’avons pas le temps de des­cendre à Mar­seille. Alors, la ren­contre avec Jul se fe­ra par té­lé­phone. Après de mul­tiples ren­dez-vous man­qués, nous voi­ci donc en contact. « Je me fais dis­cret, je n’aime pas dé­bal­ler ma vie, je la dé­balle as­sez dans mes chan­sons. » Et ça marche. De ma­nière spec­ta­cu­laire. A plu­sieurs re­prises ces der­nières se­maines, ce jeune rap­peur mar­seillais s’est re­trou­vé en tête des ventes de disques avec son nou­vel al­bum, « Emo­tions », qui a dé­jà convain­cu près de 100 000 ache­teurs en un mois. Pas vrai­ment une sur­prise quand on se penche sur ses suc­cès pré­cé­dents : cinq al­bums en à peine trois ans, tous écou­lés à plus de 100 000 exem­plaires, sans par­ler de l’al­bum gra­tuit qu’il a of­fert il y a quelques se­maines.

Il de­vrait faire de même à l’au­tomne, avant un nou­vel en­re­gis­tre­ment payant en fin d’an­née, soit quatre disques de­puis jan­vier. « Je tra­vaille beau­coup, j’ai in­ven­té un style avec des pa­roles as­sez dures sur des rythmes dan­sants », se contente de ra­con­ter Jul, alias Ju­lien Marie, 26 ans, qui fait tout tout seul, les pa­roles, les mu­siques, les pro­duc­tions, sur un la­bel qu’il a lui-même créé.

Le triomphe du sys­tème D. « Je fonc­tionne comme ça parce que j’ai com­men­cé comme ça et que je n’ai rien chan­gé. Je conti­nue à en­re­gis­trer mes chan­sons dans ma chambre en ca­le­çon et en cla­quettes. » Ce qu’il fai­sait dès l’âge de 12 ans dans son quar­tier de Saint-Jean-du-Dé­sert, à Mar­seille, « au mi­lieu d’une fa­mille mo­deste ». Il n’en di­ra pas plus sur ses pa­rents. « Je pré­fère res­ter dis­cret. » Au dé­tour d’une phrase, il gaf- fe en évo­quant son père ma­çon avec qui, pen­dant quelque temps, il a fait des pis­cines. « Je por­tais la brouette. » Une fa­çon de ra­con­ter qu’il n’était pas doué pour les études et en­core moins pour autre chose que la mu­sique. « Je dor­mais toute la jour­née. Ma mère pé­tait les plombs. J’at­ten­dais qu’elle rentre du bou­lot pour me le­ver. Je n’avais pas d’idées sur l’ave­nir : j’ai fait un BEP ventes, ça n’a pas mar­ché ; j’ai tra­vaillé dans la sécurité, ça n’a pas mar­ché. J’avais du mal à me concen­trer à l’école. Ce qui me plai­sait, c’était la mu­sique. »

On ima­gine le pe­tit Mar­seillais à l’ac­cent dé­jà chan­tant se ré­pé­ter dans sa chambre : « Pour­quoi pas moi ? » « Pas du tout, rec­ti­fie-t-il. Je n’en at­ten­dais rien, je n’avais au­cun contact dans la mu­sique. J’ai com­men­cé à rap­per sur des mu­siques que je pre­nais à droite à gauche sur des disques. Et en­suite, j ’ ai fait mes propres sons parce que per­sonne ne m’en don­nait. Je ne sor­tais pas de mon quar­tier, de Mar­seille. Et un jour, j’ai fait une chan­son qui s’ap­pe­lait Au quar­tier, je l’ai mise sur mon Fa­ce­book et là, elle a com­men­cé à être par­ta­gée. »

De­puis, rien n’a chan­gé pour Jul, « sauf qu’il y a un peu plus d’ar­gent », ajoute-t-il du bout des lèvres. « Si­non, j’ai ma mai­son, mon pe­tit tour en voi­ture, ma PlayS­ta­tion, ma mu­sique. Je pro­duis tout le temps, une chan­son tous les deux jours. J’en ai au moins qua­rante d’avance. »

« Je tra­vaille beau­coup, j’ai in­ven­té un style avec des pa­roles as­sez dures sur des rythmes dan­sants »

D’or et de pla­tine, 11,99 € en CD, en té­lé­char­ge­ment gra­tuit sur Ju­le­mo­tions.com.

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