Une voix, un oeil et

Il n’y a pas que « The Voice » dans la vie. Et dans le cas de son pré­sen­ta­teur, on peut même dire que c’est l’arbre qui cache la fo­rêt. Ren­contre en photos avec le Fran­co-Grec pré­fé­ré des té­lé­spec­ta­teurs.

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - Pro­pos re­cueillis par SANDRINE BAJOS

LDe Ni­kos Alia­gas, on connaît s urt out l ’ ani ma­teur de « The Voice » et « 50 mi­nutes In­side ». Un peu moins le jour­na­liste grand re­por­teur qu’il fut à la sor­tie de la fac ou le pas­sion­né de lit­té­ra­ture et de photos. Ni­kos, qui a fê­té ses 47 ans en mai, est un fils d’im­mi­grés grecs né à Pa­ris. Sa maî­trise de lettres mo­dernes et clas­siques en poche, ce mor­du d’in­fo et po­ly­glotte — il parle 5 langues (fran­çais, grec, an­glais, es­pa­gnol, ita­lien) — est em­bau­ché sur la chaîne Eu­ro­news comme jour­na­liste po­li­tique. Il y reste six ans, couvre no­tam­ment la guerre du Ko­so­vo et dé­croche l’in­ter­view de per­son­na­li­tés comme Ma­de­leine Al­bright, alors se­cré­taire d’État amé­ri­caine, ou en­core du lea­deur pa­les­ti­nien Yas­ser Ara­fat. Ni­kos a la bou­geotte. En 1999, à une époque où per­sonne ne croit vrai­ment à l’Eu­rope, il est nom­mé co­ré­dac­teur en chef de l ’ émis­sion « Union libre ». Pa­ral­lè­le­ment, il est pré­sen­ta­teur du JT de 20 h 30 sur la chaîne grecque Al­ter Chan­nel, et du­rant deux ans il par­tage sa vie entre Athènes et Pa­ris. C’est Etienne Mou­geotte, alors pa­tron de l’an­tenne de TF 1, qui vient le cher­cher en 2001 pour pré­sen­ter la Star Aca­de­my. L’aven­ture mu­si­cale ne fait que com­men­cer. Ni­kos a bas­cu­lé sur « The Voice », où il pré­sen­te­ra la sai­son 6 l’an pro­chain. Je suis à Mis­so­lon­ghi, chez mes grands-pa­rents ma­ter­nels, j’ai 3 ans et de­mi et je me sou­viens par­fai­te­ment de cette pho­to, je ne vou­lais pas po­ser. J’ai pas­sé mon en­fance à évi­ter les ob­jec­tifs. Elle me touche beau­coup, car je suis en co­lère. En co­lère contre la souf­france. J’ai été très ma­lade dès ma nais­sance, j’ai été opé­ré et j’ai pas­sé de longs mois à l’hô­pi­tal. Ce fut aus­si ter­rible pour ma mère, qui n’avait que 19 ans, et mon père, âgé de 29 ans. Il y a aus­si de la mé­lan­co­lie dans mon re­gard. Je ne di­sais rien, j’en­cais­sais la dou­leur comme j’en­caisse les épreuves en gé­né­ral. Mais elle n’est pas triste, cette pho­to, car re­gar­dez comme il est dé­ter­mi­né, ce ga­min. Il ne lâche pas l’af­faire et ja­mais il ne la lâ­che­ra. Je ne l’ai ja­mais tra­hi… Cette pho­to est prise de­vant la ta­verne de Stam­na, le vil­lage des Alia­gas de­puis le XVIIIe siècle. Mon père a cas­sé la chaîne en ve­nant vivre à Pa­ris. Il a ren­con­tré ma mère en Mai 1968, sur les bar­ri­cades. Le 13 mai 1969, je nais­sais à la cli­nique des Bleuets, dans le XIe ar­ron­dis­se­ment. Je suis très proche de mes pa­rents, ils me touchent énor­mé­ment. Ma mère n’a peur de rien,rien el­lell m’a tou­jours dit : Si tu veux, tu peux. Les dé­buts de la Star Ac ont été très vio­lents et j’ai vou­lu tout ar­rê­ter. Elle ne m’a pas don­né le choix : On fi­nit ce qu’on com­mence. Je lui dois beau­coup. Mon père, c’est un tai­seux, il a les pieds sur terre, et il m’a tou­jours dit : La cé­lé­bri­té, elle n’est pas à toi, on te la prête, n’ou­blie pas de la lais­ser sur ton pa­lier avant de ren­trer chez toi. Il m’a aus­si dit de ne ja­mais faire de po­li­tique, un sage con­seil.

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