« Ce qui m’a in­té­res­sé, c’est la crise fa­mi­liale »

Eric La­vaine,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Pro­pos re­cueillis par JÉ­RÉ­MIE PAVLOVIC Pro­pos re­cueillis par ALAIN GRASSET

ALORS QU’IL TOURNE en ce mo­ment son pro­chain film, « l’Em­bar­ras du choix », avec à nou­veau Alexan­dra La­my, le réa­li­sa­teur Eric La­vaine, 53 ans, re­vient sur le succès es­ti­val de sa co­mé­die. Com­ment est né « Re­tour chez ma mère » ? ÉRIC LA­VAINE. Il y avait eu deux évé­ne­ments conco­mi­tants. Une amie ar­chi­tecte m’avait ra­con­té qu’elle était re­ve­nue chez sa mère après avoir per­du un pro­cès contre sa so­cié­té, tous ses comptes blo- qués, plus un cen­time d’eu­ro. D’abord, je l’avais hé­ber­gée avec ma femme, puis elle est par­tie vite chez ses pa­rents en pro­vince, près de Nîmes, parce qu’elle ne s’en sor­tait pas. Et main­te­nant, tout va bien pour elle en Ar­gen­tine où elle a re­fait sa vie. Peu de temps après, j’ai vu un re­por­tage sur ces per­sonnes qui re­tournent ha­bi­ter chez leurs pa­rents. Ce qui m’avait mar­qué, c’est l a si­tua­tion d’échec quand on est adulte, et aussi les ré­ac­tions des frères et soeurs qui en veulent à ce­lui ou celle qui re­vient squat­ter chez papa-ma­man. Ce qui m’a beau­coup in­té­res­sé, c’est la crise fa­mi­liale. On aime nos pa­rents, mais ce se­rait un cau­che­mar de vivre avec eux 24 heures sur 24. Vous vous at­ten­diez à tou­cher au­tant ? Ce thème in­té­resse les pays étran­gers aussi, puisque je suis in­vi­té à faire la pro­mo­tion du film en Alle- magne. Il s’ap­pel­le­ra là-bas « Hôtel Ma­ma ». Et l’af­fiche est drôle. Avec Pa­thé, on a choi­si la date de sortie du 1er juin parce que per­sonne n’a vou­lu se po­si­tion­ner sur ce mois à cause de l’Eu­ro. Donc, on a eu peu de concur­rence, peu de co­mé­dies fran­çaises. Le fait que c’est une co­mé­die so­cié­tale a sans doute pous­sé les spec­ta­teurs à ve­nir… Le titre a aussi joué un rôle im­por­tant. Il est ex­trê­me­ment clair. Il y a des films qui sortent et les gens sont in­ca­pables de sa­voir de quoi ils parlent. Le vrai titre de « Re­tour chez ma mère » au­rait dû être « Fa­mille, je vous hais » ou « Crise de fa­mille ». De plus, je n’ai pas vou­lu de bande-an­nonce comme pour « Bar­be­cue ». J’ai pré­fé­ré des ex­traits qui per­mettent de se mettre dans le cli­mat du film. On a eu un tea­ser dans le­quel Stéphanie, l’hé­roïne, ex­plique à sa mère com­ment ou­vrir un mail. En dix jours, il y a eu plus de 2 mil­lions de vues. Le pu­blic aime pou­voir s’em­pa­rer d’un film sans qu’on l’y pousse. Et bien sûr, il y a le cas­ting de votre film qui fonc­tionne très bien... Je sa­vais qu’Alexan­dra La­my était très po­pu­laire à la té­lé­vi­sion. Mais ce­la ne veut pas dire qu’on fait des en­trées au ci­né­ma. Alexan­dra est une su­per co­mé­dienne, qui porte une charge émo­tion­nelle. Elle n’avait pas eu jus­qu’alors le bon film qui la mette en avant. Quant à Jo­siane Ba­las­ko, je cher­chais une ac­trice avec un cô­té ma­ma ita­lienne. Jo­siane est po­pu­laire éga­le­ment, mais ce­la fai­sait quelque temps qu’elle n’avait pas eu un aussi bon rôle.

« Le pu­blic aime pou­voir s’em­pa­rer d’un film sans qu’on l’y pousse »

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