Les Ira­niens osent le voile

SO­LI­DA­RI­TÉ.SO Pour r dé­non­cer l’obli­ga­tion faite aux femmes de se cou­vrir la tête, des hommes se met­tentnt à por­ter le hid­jab… le temps d’une photo.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - FRÉ­DÉ­RIC GERSCHEL

de­vance dé­sor­mais de 7 points son ad­ver­saire ré­pu­bli­cain, alors que les ré­centes in­ten­tions de vote don­naient les deux ri­vaux à éga­li­té, voire une lé­gère avance au mil­liar­daire ré­pu­bli­cain. Clin­ton pro­fite de la réus­site de la conven­tion dé­mo­crate, qui l’a adou­bée la se­maine der­nière. Autre ex­pli­ca­tion de ce re­bond : les der­nières dé­cla­ra­tions in­cen­diaires de Trump en­vers une fa­mille mu­sul­mane qui a per­du un fils à la guerre. Si ce n’était pas la pre­mière fois qu’il ci­blait l’is­lam, il a cette fois com­mis un im­pair : en Amé­rique, la mé­moire des sol­dats tués au com­bat est sacrée. L’INI­TIA­TIVE ITIATIVE à pour nom de code Men in hi­jab (« les h hommes mmes en hid­jab »). Et elle com­mence à faire un ta­bac sur In­ter­net. L’idée est simple : pour pro­tes­ter contre le port obli­ga­toire du voile is­la­mique pour les femmes de son pays, une jour­na­liste ira­nienne, Ma­sou­meh Ali­ne­jad-Gho­mi, in­cite les hommes à se cou­vrir la tête et à pos­ter leurs photos sur les ré­seaux so­ciaux.

Plu­sieurs di­zaines d’entre eux se sont pris au jeu et ont dé­fié les mol­lahs de Té­hé­ran en s’af­fi­chant, tout sou­rire, sur une page Fa­ce­book spé­cia­le­ment ou­verte pour l’oc­ca­sion, My Steal­thy Free­dom (« Ma liberté fur­tive »). « Je par­ti­cipe à cette cam­pagne car je sou­tiens les femmes de ma fa­mille, ra­conte un des fron­deurs. eurs. Ce de de­vrait être un droit pour chaque haque être hu­main de s s’ha­bille­rha­bi comme il l’en­tend. » Un autre se dit cho­qué par la fa­çon ar­chaïque dont les femmes sont trai­tées en Iran : « Je n’ai pas pu por­ter ce hid­jab plus d’une se­conde. Je ne sais pas com­ment les femmes s’en ac­com­modent. Quand, ailleurs, cer­taines sont en lice pour de­ve­nir pré­si­dentes, chez nous, le gou­ver­ne­ment cherche à res­treindre leur liberté. »

En Iran, de­puis la ré­vo­lu­tion de 1979 et l’ar­ri­vée au pou­voir de l’aya­tol­lah Kho­mey­ni, les femmes doivent se voi­ler la tête et por­ter un vê­te­ment qui couvre leurs épaules, leurs bras, leurs fesses. Les tou­ristes de pas­sage ne sont pas vrai­ment concer­nées. Une simple cas­quette, un cha­peau, un fou­lard vite e noué sont to­lé­rés. Pour les Ira­nie­na­niennes, Ira­niennes, en re- vanche, la police re­li re­li­gieu­sei et les tri­bu­naux ne plai­santent pas. Forte amende, peine de pri­son, dis­grâce : la liste des pu­ni­tions est longue.

Ré­fu­giée à New York après avoir vé­cu en Grande-Bretagne, Ma­sou­meh Ali­ne­jad-Gho­mi ne risque pas grand-chose, sauf peut-être si elle re­tourne un jour dans son pays. Ap­pa­rem­ment, les hommes qui té­moignent sur son site et qui vivent tou­jours en Iran, non plus. « Ici, per­sonne n’est au cou­rant de cette cam­pagne, tem­père un Fran­çais qui ha­bite à Té­hé­ran. Les ré­seaux so­ciaux sont très contrô­lés. Le port du voile ne fait pas vrai­ment dé­bat. La der­nière fois qu’un homme po­li­tique a osé re­mettre en cause cette pra­tique, il a dé­clen­ché un scan­dale. Et le su­jet a vite été étouf­fé. »

Le voile obli­ga­toire de­puis la ré­vo­lu­tion de 1979

@fger­schel

En so­li­da­ri­té avec leurs amies, leurs soeurs, leurs épouses… les hommes se couvrent la tête et postent leurs photos sur les ré­seaux so­ciaux. Une cam­pagne In­ter­net bap­ti­sée Men in hi­jab.

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