Le der­nier tour de piste des gré­vistes d’Air France

SO­CIAL. Les hô­tesses et ste­wards re­prennent ce soir leur tra­vail sans avoir ob­te­nu d’avan­cées. La di­rec­tion a re­fu­sé de re­prendre les né­go­cia­tions pen­dant la grève.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - Christelle Aus­ter, se­cré­taire gé­né­rale ad­jointe du SNPNC BO­RIS CASSEL ET VICTOR TASSEL

PAS DE NÉ­GO­CIA­TIONS, pas de conces­sions pen­dant une grève. C’est la ligne de conduite, le plan de vol de la di­rec­tion d’Air France. Et il semble fonc­tion­ner. Après avoir rem­por­té son bras de fer contre les pi­lotes dé­but juin, les pa­trons de la com­pa­gnie aé­rienne fran­çaise sont en passe de faire plier un autre corps de l’en­tre­prise : les PNC, per­son­nel na­vi­gant com­mer­cial.

Les hô­tesses et ste­wards ont an­non­cé, hier, mettre un terme à une grève qui dure de­puis sept jours. « Le pré­avis qui se ter­mine mar­di soir (NDLR : au­jourd’hui) ne se­ra pas re­nou­ve­lé », ex­plique Christelle Aus­ter, se­cré­taire gé­né­rale ad­jointe du Syn­di­cat national du per­son­nel na­vi­gant com­mer­cial (SNPNC).

Si quelques per­tur­ba­tions sont en­core à pré­voir au­jourd’hui — Air France compte as­su­rer 90 % de ses vols, dont 100 % des vols long-cour­riers —, le tra­fic de­vrait donc re­ve­nir to­ta­le­ment à la nor­male dès mer­cre­di.

Très im­po­pu­laire en ces temps de dé­part en vacances, la grève a été lan­cée la se­maine der­nière par les syn­di­cats SNPNC-FO et Un­sa-PNC. Avec un ob­jec­ti f en tête : pro­tes­ter contre le re­nou­vel­le­ment pour dix-sept mois de l’ac­cord d’en­tre­prise fixant leurs règles de tra­vail, de ré­mu­né­ra­tion et d’avan­ce­ment. Une du­rée j ugée i nsuf­fi­sante. Mais, au terme de leur plus long et plus dur conflit de­puis 2007 — plus de 40 % des sa­la­riés gré­vistes les pre­miers jours se­lon la di­rec­tion —, les PNC vont re­dé­col­ler sans rien de nou­veau en soute. « Il n’y a pas eu d’avan­cées », re­con­naît Christelle Aus­ter. Et pour cause. « Nous n’avons eu au­cun contact avec notre di­rec­tion pen­dant la grève, as­sure cette syn­di­ca­liste. La fin du pré­avis est un si­gnal envoyé à notre di­rec­tion. La prio­ri­té, c’est la re­prise des dis­cus­sions. »

Aussi coû­teuse soit elle — la gr è ve e s t é va­luée à plu­sieurs di­zaines de mil­lions d’eu­ros —, la stra­té­gie de la di­rec­tion a donc fait mouche. « Nous dis­cu­tons de fa­çon apai­sée, dans la re­cherche du com­pro­mis. Mais on ne lâche plus pen­dant les conflits », as­sure un haut cadre de l’en­tre­prise. D’où le peu d’em­pres­se­ment ces der­niers jours à en­ta­mer de nou­velles né- go­cia­tions avec l es syn­di­cats. D’au­tant qu’of­fi­ciel­le­ment, la di­rec­tion n’avait pas le temps. Trop oc­cu­pée par… les consé­quences du mou­ve­ment so­cial. « Pen­dant le conflit, nous avions à gé­rer l’im­pact sur les clients », ex­plique-t-on à la di­rec­tion d’Air France.

Les syn­di­cats de­vraient se réunir ven­dre­di pour évo­quer les suites à don­ner à leur mou­ve­ment. Ils es­pèrent d’ici là un coup de fil de leur di­rec­tion pour leur fixer une date de re­prise des dis­cus­sions. Mais ils pour­raient aussi, à l’oc­ca­sion, dé­ci­der de dé­pla­cer le conflit sur le ter­rain ju­ri­dique en en­ga­geant des re­cours pour « en­trave à la grève ». Se­lon les syn­di­cats, des dé­cla­ra­tions d’ar­rêt de tra­vail au­raient été mal prises en compte par leur en­tre­prise, contrai­gnant des gré­vistes à tra­vailler.

« La prio­ri­té, c’est la re­prise des dis­cus­sions »

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