Un site In­ter­net aide les ré­fu­giés à dé­cro­cher un em­ploi

SO­LI­DA­RI­TÉ. Un site unique en son genre pro­pose de mettre en re­la­tion les de­man­deurs d’asile en quête d’un em­ploi et les en­tre­prises. Par­mi les obs­tacles à leur in­té­gra­tion, la langue et l’équi­va­lence des di­plômes.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Val-d’Oise Diane Bin­der, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion Ac­tion em­ploi ré­fu­giés AN­THO­NY LIEURES

CE SITE de re­cherche d’em­ploi* ne res­semble à au­cun autre. Et pour cause : il s’adresse ex­clu­si­ve­ment aux ré­fu­giés qui ont ob­te­nu le droit d’asile ou fait leur de­mande de­puis plus de neuf mois. En­core ex­pé­ri­men­tale, la plate-forme, qui vise à fa­ci­li­ter les contacts avec les employeurs dé­si­reux de leur don­ner une chance, de­vrait pro­po­ser une ver­sion dé­fi­ni­tive en oc­tobre.

Conçu par l’as­so­cia­tion Ac­tion em­ploi ré­fu­giés, le site a dé­jà noué un par­te­na­riat avec la so­cié­té d’in­té­rim Adec­co. « L’em­ploi est le meilleur fac­teur d’in­té­gra­tion. Il per­met d’ac­qué­rir les codes cultu­rels, des ré­seaux, une connais­sance du pays », ex­plique Diane Bin­der, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion.

En France, quelque 330 000 em­plois, se­lon le Me­def, ne sont pas pour­vus. « Ces per­sonnes sont un ré­ser­voir de com­pé­tences et de ta­lents, sou­ligne Diane Bin­der. Les ré­fu­giés peuvent beau­coup ap­por­ter à nos en­tre­prises, pour­suit-elle. Ils viennent avec leur par­cours, leur ex­pé­rience, et sur­tout une vo­lon­té ex­tra­or­di­naire de s’in­té­grer. » Et ce, mal­gré de mul­tiples bar­rières à leur ar­ri­vée dans l’Hexa­gone, la prin­ci­pale étant celle de la langue. Ac­tion em­ploi ré­fu­giés, qui tra­vaille avec des as­so­cia­tions qui donnent des cours de fran­çais, conseille aux ré­fu­giés d’ac­cep­ter par­fois des em­plois moins qua­li­fiés, le temps d’ap­prendre la langue.

Une jeune ex­perte-comp­table sy­rienne vient, par exemple, d’ou­vrir un res­tau­rant as­so­cia­tif dans le XIIIe ar­ron­dis­se­ment de Paris. Autre dif­fi­cul­té, faute d’équi­va­lence à leurs di­plômes, cer­tains ré­fu­giés doivent re­prendre leurs études. « Un avo­cat sy­rien de 28 ans est contraint de se ré­ins­crire ici à la fa­cul­té pour ap­prendre le droit fran­çais », pour­suit Diane Bin­der. En­fin, l’as­so­cia­tion est « consciente des in­quié­tudes des Fran­çais », vis-à-vis de l’ar­ri­vée des ré­fu­giés, dans un pays mi­né par le chô­mage. Mais, rap­pelle Diane Bin­der, « les de­man­deurs d’asile ne re­pré­sentent « que 0,0014 % de la po­pu­la­tion fran­çaise et ces ré­fu­giés sont com­pé­tents, di­plô­més et mo­ti­vés » et donc une source de ri­chesse pour l’éco­no­mie fran­çaise.

« Ces per­sonnes sont un ré­ser­voir de ta­lents »

* Ac­tio­nem­ploi­re­fu­gies.com.

Sar­celles (Val-d’Oise), le 15 août 2015. D’après le comité de sou­tien aux chré­tiens d’Irak, près de 400 d’entre eux sont ar­ri­vés, no­tam­ment après la prise par Daech de Mos­soul, prin­ci­pale ville chré­tienne du pays, en juin 2014.

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