La jus­tice classe sans suite l’af­faire Bar­ba­rin

PÉDOPHILIE. Le cardinal Bar­ba­rin ne se­ra pas pour­sui­vi pour non-dé­non­cia­tion d’abus sexuels. Les vic­times de­vraient se por­ter par­tie ci­vile.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Un proche de Phi­lippe Bar­ba­rin FLO­RENCE MÉRÉO

IL AVAIT ÉTÉ au­di­tion­né dix heures ; per­qui­si­tion­né deux fois. Hier, après plu­sieurs mois d’in­ves­ti­ga­tions, la jus­tice a tran­ché en fa­veur du cardinal Bar­ba­rin. Le pro­cu­reur de Lyon a en ef­fet an­non­cé le clas­se­ment « sans suite » de l’en­quête ou­verte après cinq plaintes pour non-dé­non­cia­tion d’agres­sions sexuelles sur mi­neurs vi­sant l’ar­che­vêque de Lyon. Les vic­times du père Bernard Prey­nat ac­cu­saient le cardinal, très in­fluent dans l’Eglise ca­tho­lique, de ne pas avoir dé­non­cé les actes pé­do­philes du re­li­gieux com­mis il y a vingt­cinq ans.

« J’ai d’abord été dé­çu, puis en co­lère, ex­plique Alexandre Dus­sot, plai­gnant et co­fon­da­teur de la Pa­role li­bé­rée, une as­so­cia­tion très ac- tive qui fé­dère les vic­times. En co­lère parce que le par­quet dit bien que le dio­cèse sa­vait qu’il y avait des soup­çons sur Prey­nat mais que cette pé­riode est cou­verte par la pres­crip­tion (NDLR : de trois ans en ma­tière de non-dé­non­cia­tion). La jus­tice a par­lé, dont acte, mais que reste-t-il de la mo­rale ? Elle ne se­ra, elle, ja­mais pres­crite… »

Bertrand Vi­rieux, autre fi­gure de l’as­so­cia­tion, confirme : « La suite ju­ri­dique la plus pro­bable est que les vic­times se consti­tuent par­tie ci­vile et sai­sissent di­rec­te­ment le juge d’ins­truc­tion. Nous ne pou­vons pas en res­ter là. » Dans un mes­sage sur le site du dio­cèse de Lyon, le cardinal a re­dit aux vic­times « sa prière, son sou­tien et sa gra­ti­tude ».

« Il veut plus que ja­mais mettre en place des dis­po­si­tifs contre les abus sexuels », ex­plique un de ses proches. Le pri­mat des Gaules avait d’ailleurs dé­taillé des « normes nou­velles » fin juin. Par­mi elles, l e f ait d’écar­ter « dé­fi­ni­ti­ve­ment et de tout mi­nis­tère » tout prêtre ayant com­mis des agres­sions sexuelles sur mi­neurs « quelles que soient les dates des faits ». Du cô­té des évêques, on as­sure qu’il faut al­ler plus loin après le scan­dale qui a se­coué l’Eglise. « Il était né­ces­saire que la jus­tice soit sai­sie. Elle a fait son tra­vail et a sta­tué sur la non-res­pon­sa­bi­li­té du cardinal. Main­te­nant, à nous tous de pour­suivre les chan­tiers. Des cel­lules psy­cho­lo­giques pour l’ac­cueil des vic­times doivent conti­nuer à être mises en place. J’y tra­vaille aussi », fait re­mar­quer Pas­cal De­lan­noy, évêque de Saint-Denis.

Pro­chai­ne­ment, le cardinal de­vrait « tendre la main » à la Pa­role li­bé­rée et lui pro­po­ser un tra­vail en com­mun. Mais l’as­so­cia­tion compte conti­nuer à « dé­non­cer le si­lence cou­pable d’hommes à la tête de l’Eglise ».

« Le cardinal veut mettre en place des dis­po­si­tifs contre les abus sexuels »

le­pa­ri­sien.fr Une vic­time du prêtre pé­do­phile ex­plique pour­quoi elle a por­té plainte

Lyon (Rhône), le 3 avril. Le cardinal Bar­ba­rin était mis en cause pour n’avoir pas dé­non­cé les actes pé­do­philes com­mis par un re­li­gieux il y a vingt-cinq ans.

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