De la tente aux cot­tages

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Ro­que­brune (Var) De nos en­voyés spé­ciaux An­gé­lique, res­pon­sable mar­ke­ting du cam­ping CHRISTINE MATEUS

ENTRE MER ET COLLINES, à l’ombre des chênes-lièges et des pins pa­ra­sols s’étendent 60 ha de ver­dure au doux par­fum de Pro­vence. Mal­gré un nom plein d’em­phase, le Do­maine de la ber­ge­rie n’est pas une vil­la d’ex­cep­tion mais un cam­ping la­bel­li­sé cinq étoiles. Short en jean et tongs aux pieds, une ado ré­flé­chit tout haut : « Il ne fait pas trop chaud, je crois que je vais al­ler faire du rol­ler au Ci­ty Park. » Loin du fa­meux concours Miss Cam­ping 2016, ici la liste des ac­ti­vi­tés est plé­tho­rique : mi­ni­golf, ten­nis, parc aqua­tique, centre de fit­ness, club en­fant, halte-gar­de­rie, deux dis­co­thèques, de l’art plas­tique, des per­cus­sions, sau­na, ham­mam, paint­ball… « Dans un cam­ping 5 étoiles, on a l’im­pres­sion d’être en club avec l’es­prit fa­mille en plus. Ça ne frime pas, alors qu’on au­rait tout pour, ri­gole Do­mi­nique, 56 ans, du Loi­ret. L’autre avan­tage, par rap­port aux autres cam­pings moins bien clas­sés, c’est qu’on n’est pas les uns sur les autres. »

Pour ce qui est du pied-à-terre, les étu­diants ont en­core la pos­si­bi­li­té d’y ré­ser­ver un em­pla­ce­ment stan­dard pour leur tente deux places (44,50 € la nuit). Les ama­teurs de confort optent, eux, pour les cot­tages tout équi­pés, dont le plus cher, ni­ché sur les hau­teurs, en pleine na­ture, est à 2 163 € la se­maine. Un es­pace de 38 m2 do­té de 3 chambres, d’une cui­sine amé­na­gée, d’un écran plat, d’une ter­rasse avec sa­lon de jar­din et tran­sats… Cer­tains ont même un so­la­rium sur le toit. Mais est-ce en­core du cam­ping ?

« Non, pas vrai­ment. Il faut bien le re­con­naître, ré­pond Syl­vie Jon­det, pro­prié­taire du Do­maine. Ceux qui les oc­cupent sont sur­tout des per­sonnes qui louaient dans des ré­si­dences hô­te­lières. Cette for­mule leur per­met d’as­so­cier la vie en plein air aux nom- breux ser­vices pro­po­sés. » C’est pré­ci­sé­ment ce qui mo­ti­vait Mar­tine, ve­nue avec son époux et ses deux pe­tits-en­fants des Alpes-Ma­ri­times, et dont la der­nière ex­pé­rience de cam­ping re­monte à ses vingt ans. « Jus­qu’à main­te­nant, nous pre­nions des lo­ca­tions tra­di­tion­nelles. Ici, c’est plus cher mais les pres­ta­tions an­nexes le jus­ti­fient, avec tous ces jeux aqua­tiques pour les en­fants, le res­tau­rant et un mo­bile-home spa­cieux et cli­ma­ti­sé… C’est par­fait et sé­cu­ri­sé. »

C’est en 1967 que le Do­maine de la ber­ge­rie, jus­qu’ici dé­dié à la culture de la vigne, est trans­for­mé en cam­ping. Le site n’a ces­sé de s’adap­ter aux de­mandes de plus en plus exi­geantes des cam­peurs. Ce qui lui a per­mis de dé­cro­cher ses cinq étoiles en 2012. « Mais le cam­ping pur n’est pas mort, pré­cise Syl­vie Jon­det. La tente re­vient en force, le cam­ping­car ex­plose… » Et les fon­da­men­taux de­meurent. « Cinq étoiles ou pas, confie An­gé­lique, la res­pon­sable mar­ke­ting, la pé­tanque fait tou­jours un ta­bac et reste in­con­tour­nable. »

« Cinq étoiles ou pas, la pé­tanque fait tou­jours un ta­bac »

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