Un ap­pel à la paix en der­nier hom­mage au père Ha­mel

FUNÉRAILLES. Près de 2000 per­sonnes ont as­sis­té hier dans la ca­thé­drale de Rouen aux ob­sèques du prêtre as­sas­si­né mar­di der­nier. Ses proches ont prô­né la to­lé­rance, le res­pect et le dis­cer­ne­ment.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Rouen (Seine-Ma­ri­time) De nos en­voyés spé­ciaux L’ar­che­vêque de Rouen JILA VAROQUIER

LA CÉ­RÉ­MO­NIE n’a pas com­men­cé que dé­jà ré­sonnent les chants de jeunes fi­dèles tout juste re­ve­nus des Jour­nées mon­diales de la jeu­nesse. Hier, près de 2 000 per­sonnes ont as­sis­té à la ca­thé­drale de Rouen aux ob­sèques du père Ha­mel, tué mar­di der­nier. A l’in­té­rieur, une ma­jo­ri­té de ca­tho­liques ano­nymes à qui le dio­cèse a sou­hai­té faire une large place, mais aus­si des mu­sul­mans, ve­nus pour cer­tains de Pa­ris. Des of­fi­ciels sont là comme le mi­nistre de l’In­té­rieur ou l’an­cien chef du Quai d’Or­say Laurent Fa­bius.

A l’ex­té­rieur, dans un trou­blant si­lence, plu­sieurs cen­taines de per­sonnes se re­cueillent de­vant le grand écran ins­tal­lé sur le par­vis : « Il n’au­rait pas ai­mé cette foule, ces ca­mé­ras, s’ex­cuse presque l’ar­che­vêque de Rouen, Do­mi­nique Le­brun, en en­ta­mant cette messe qui du­re­ra presque trois heures. Mais il n’au­rait vou­lu ex­clure per­sonne. » Sur le cô­té de l’au­tel, les re­pré­sen­tants de l’Eglise copte or­tho­doxe, de l’is­lam chiite et sun­nite as­sistent à la cé­ré­mo­nie : « Je sens ici que nous sommes bien ac­cueillis, parce que les gens cherchent cette union. Ils at­tendent que nous soyons là pour ré­pé­ter que tout ce qui se passe, ce n’est pas l’is­lam », souffle Mo­ham­med Ali.

Le son du glas re­ten­tit. Le cer­cueil du père Ha­mel entre dans la ca­thé­drale peu après 14 heures. Dé­po­sé au pied de l’au­tel, il est re­cou­vert d’une aube blanche et d’une étole rouge. Une cou­leur choi­sie par l’ar­che­vêque de Rouen « parce qu’elle est celle de l’Es­prit saint, du sang et du mar­tyr ». Il n’au­ra de cesse en­suite d’ap­pe­ler à la paix et au par­don. Ci­tant no­tam­ment ce pas­sage de l’Evan­gile se­lon Matthieu : « Moi je vous dis de ne pas r i pos t e r a u mé­chant ; mais si quel­qu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui en­core l’autre […]. Ai­mez vos en­ne­mis, et priez pour ceux qui vous per­sé­cutent. » La voix de l’ar­che­vêque est po­sée, les mots len­te­ment énon­cés.

Des pa­roles de paix re­prises par la fa­mille du prêtre as­sas­si­né. Comme le bou­le­ver­sant hom­mage de sa nièce Jes­si­ca, très émue : « Après Char­lie Heb­do, j’avais pos­té cette phrase : Puis­sions-nous gar­der to­lé­rance et dis­cer­ne­ment. Je ne pen­sais pas de­voir me l’ap­pli­quer avec au­tant de force et de convic­tion […]. Mais je vais le faire. Comme toi, je choi­sis le res­pect, comme toi, je choi­sis l’amour. » Sa voix se brise, em­por­tant avec elle l’as­sem­blée. Un peu plus tard, les fi­dèles sont même in­vi­tés à prier pour « ces as­sas­sins et ceux qui nous per­sé­cutent ».

« Nous sommes bles­sés, at­ter­rés, mais pas anéan­tis », conclut l’ar­che­vêque. L’oc­ca­sion pour lui de re­layer l’ap­pel de la Con­fé­rence des évêques de France à se rendre dans une église, le 15 août, « pour dire votre re­fus de voir souiller un lieu saint et pour af­fir­mer que la vio­lence ne pren­dra pas le des­sus sur votre coeur ».

La cé­ré­mo­nie s’achève, puis une salve d’ap­plau­dis­se­ments ac­com­pagne le cer­cueil du père Ha­mel lors­qu’il quitte la ca­thé­drale. Comme un der­nier hom­mage avant qu’il ne soit in­hu­mé dans un lieu te­nu se­cret à la de­mande de sa fa­mille.

« Nous sommes bles­sés, at­ter­rés, mais pas anéan­tis »

Ils lui ont ren­du un der­nier hom­mage le­pa­ri­sien.fr

Rouen (Seine-Ma­ri­time), hier. C’est peu après 14 heures, au son du glas, de­vant une foule re­cueillie, que la dé­pouille du père Ha­mel a été por­tée dans la ca­thé­drale.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.