Bai­gnades : ne ja­mais lâ­cher un en­fant du re­gard

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - Les pé­diatres des ur­gences de la Ti­mone MARC LERAS M.L.

C’EST UN VÉ­RI­TABLE cri d’alarme que lancent, au coeur de la sai­son bal­néaire, les ur­gen­tistes et les pé­diatres des hô­pi­taux mar­seillais. A la plage, dans 89 % des cas, comme au bord des pis­cines, les noyades d’en­fants se mul­ti­plient de­puis dé­but juin. En deux mois, « nous avons ac­cueilli seize en­fants aux ur­gences pé­dia­triques après une noyade, dont un quart en ré­ani­ma­tion. Trois sont dé­cé­dés, d’autres gar­de­ront pos­si­ble­ment des sé­quelles neu­ro­lo­giques », dé­plorent les doc­teurs Vio­laine Bres­son, Au­ré­lie Bou­tin et So­phie Pail­hous, pé­diatres aux ur­gences en­fants de la Ti­mone à Mar­seille (Bouches-duR­hône), et Mi­chaël Tsa­pis, mé­de­cin ré­ani­ma­teur au Smur.

« Con­trai­re­ment aux i dées re­çues, il suf­fit de très peu d’eau pour se noyer : in­ha­ler l’équi­valent d’un grand verre d’eau peut pro­vo­quer des lé­sions pul­mo­naires com­pro­met­tant l’oxy­gé­na­tion », sou­li- gne le doc­teur Tsa­pis. « L’ir­rup­tion d’eau dans les pou­mons peut pro­vo­quer ra­pi­de­ment l’ar­rêt car­diaque et le dé­cès si le pa­tient n’est pas se­cou­ru à temps », in­siste la doc­teur Bou­tin. « La pré­ven­tion est pri­mo r d i a l e , e t la pre­mière des sur­veil l ances, c’ est celle des pa­rents », in­siste la doc­teur Bres­son pour qui la plu­part de ces noyades pour­raient être évi­tées. « Les plages de Mar­seille ac­cueillent des mil­liers de bai­gneurs chaque jour et les maîtres na­geurs ne peuvent pas sur­veiller deux cents en­fants en même temps. »

Un en­fant sans sur­veillance peut se noyer dans 20 cm d’eau en quelques mi­nutes. « Il faut faire com­prendre aux pa­rents qu’entre 2 et 4 ans on doit les sur­veiller sans cesse », mar­tèle l’Inpes (Ins­ti­tut na­tio­nal de pré­ven­tion et d’édu­ca­tion pour la san­té), qui re­lève que, dans les trois quarts des cas de noyades en pis­cine, les pa­rents sont à moins de 20 m, mais oc­cu­pés à autre chose. « Un adulte doit être dé­si­gné pour sur­veiller un en­fant et ne pas le lâ­cher du re­gard. En trente se­condes, le temps de ré­pondre au té­lé­phone ou d’ache­ter une bois­son, tout peut bas­cu­ler », pré­viennent les mé­de­cins.

En trente se­condes, le temps de ré­pondre au té­lé­phone, tout peut bas­cu­ler 15 % des morts par noyade ont moins de 6 ans

En France, chaque été, les noyades sont res­pon­sables d’en­vi­ron cinq cents dé­cès. C’est la pre­mière cause de mor­ta­li­té par ac­ci­dent de la vie cou­rante chez les moins de 15 ans. Et, se­lon l’Ins­ti­tut na­tio­nal de pré­ven­tion et d’édu­ca­tion pour la san­té (Inpes), les en­fants de moins de 6 ans re­pré­sentent 15 % des dé­cès par noyade ac­ci­den­telle chaque an­née. Les en­quêtes ont mon­tré que un Fran­çais sur cinq ne sa­vait pas na­ger et que un en­fant sur deux ne maî­tri­sait pas la flot­tai­son à son en­trée en classe de 6e.

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