« Jouer un mau­vais gar­çon, ça me plaît »

SÉ­RIE. Nous avons ren­con­tré James Spa­der, l’an­ti­hé­ros au bor­sa­li­no de « The Bla­ck­list », la sé­rie po­li­cière de l’été sur TF 1.

Aujourd'hui en France - - CINÉMA ET TÉLÉVISION - New York (Etats-Unis) De notre en­voyée spé­ciale Pro­pos re­cueillis par MA­GA­LI GRUET

IL A BEAU­COUP CHAN­GÉ de­puis son ex­plo­sion et son prix d’in­ter­pré­ta­tion à Cannes pour « Sexe, men­songe et vidéo » en 1989, mais, à 56 ans, James Spa­der, de­ve­nu un ha­bi­tué des sé­ries — « The Prac­tice », « Bos­ton Le­gal », « The Of­fice » — reste un ac­teur au calme dé­con­cer­tant. As­sis dans une bou­lan­ge­rie fran­çaise de New York, à deux pas du parc où il vient de tour­ner une scène de la sai­son 3 de « The Bla­ck­list », et à peine sor­ti de son cos­tume, il ré­pond aux ques­tions d’une voix lente et mys­té­rieuse qui laisse se de­man­der qui de James ou de Red­ding­ton, son per­son­nage sombre et re­dou­table, est in­ter­viewé. Red, ce hé­ros aty­pique, est un tueur à gages re­pen­ti qui aide une agente du FBI à re­pé­rer toute une sé­rie de cri­mi­nels et ter­ro­ristes par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reux, la fa­meuse « bla­ck­list » ou liste noire du titre. Que pen­sez-vous de cette troi­sième sai­son ? JAMES SPA­DER. cl ai­re­ment mar­quée par les ef­fets de sur­prise. Lorsque j’ai ac­cep­té le rôle, je sa­vais que cette his­toire al­lait être tour­men­tée et com­pli­quée, mais c’est vrai­ment cette an­née que cet as­pect at­teint tout son po­ten­tiel. J’aime que cette sé­rie puisse prendre à la fois des di­rec­tions et des to­na­li­tés in­at­ten­dues. Ce n’est pas un simple drame, c’est beau­coup plus que ça. Et j’es­saie d’in­jec­ter de l’hu­mour dès que pos­sible. A quel point la sé­rie s’ins­pire-telle d’évé­ne­ments réels ? Nous n’es­sayons ja­mais de re­créer des évé­ne­ments qui ont eu lieu. C’est un uni­vers pa­ral­lèle. Je pense que les sé­ries dra­ma­tiques ont beau­coup Cette sai­son est James Spa­der in­carne Red­ding­ton, tueur à gages re­pen­ti qui aide une agente du FBI. chan­gé de­puis le 11 Sep­tembre, mais cette dif­fé­rence de ton et de conte­nu au­rait eu lieu avec ou sans cet évé­ne­ment. Le monde dans le­quel nous vi­vons est dif­fé­rent, et nous nous ser­vons de ce qui s’y passe pour don­ner de « The Bla­ck­list » l’illu­sion qu’il est réel. Qu’est-ce qui vous plaît chez Red ? C’est un mau­vais gar­çon. J’aime que Red­ding­ton soit tout à fait à l’aise avec le chaos. C’est un avan­tage dans le monde dans le­quel on vit. Beau­coup de choses vont mal se pas­ser cette sai­son, et il est le meilleur pour l es en­cais­ser. Il va trou­ver des moyens de re­tom­ber sur ses pieds mieux que per­sonne. Il dit et fait des choses dont la plu­part des gens ne sont pas ca­pables, et je pense que c’est ce qui plaît aux té­lé­spec­ta­teurs. A quel point votre voix vous ai­det-elle à in­car­ner le rôle ? Ma voix est un ou­til et mon tra­vail au théâtre m’a ai­dé à la peau­fi­ner, à la mo­du­ler, et c’est très utile dans le cas de « The Bla­ck­list ». Je sais quand quelque chose sonne juste, et c’est très im­por­tant pour moi. Par­fois je juge la qua­li­té d’une scène non pas se­lon ce que je vois à l’écran, mais par ce que j’en­tends. Et puis j’en­tends très bien, ça aide, ça me vient de ma mère (rires). Qui re­garde « The Bla­ck­list » ? Il n’y a pas un pu­blic par­ti­cu­lier, et c’est une chance. Je vis à New York, je voyage beau­coup en Eu­rope, et des gens de tous âges, genres, classes so­ciales viennent me par­ler de la sé­rie. Ce n’était pas le cas dans mes rôles pré­cé­dents, et c’est ap­pré­ciable.

« J’aime que Red soit tout à fait à l’aise avec le chaos »

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