Un de­mi-siècle de

Pré­sen­ta­teur, com­men­ta­teur spor­tif, cy­cliste ac­com­pli, il a tous les ta­lents et connaît tout le monde. Feuille­ter l’al­bum-pho­to de Mi­chel Dru­cker, c’est aus­si faire dé­fi­ler plus de cin­quante ans d’his­toire et de té­lé.

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - Pro­pos re­cueillis par HÉLÈNE BRY

l nous re­çoit dans son bu­reau du Stu­dio Ga­briel, aux Champs-Ely­sées. L’antre co­sy et cha­leu­reux de ce ca­dor de la té­lé, tou­jours dans le pe­lo­ton de tête des ani­ma­teurs (pour prendre une image cy­cliste, car Dru­cker est fou de vé­lo) « de­puis cin­quante-trois ans » comme il se plaît à le ré­pé­ter. Son pe­tit chien jappe quelques ins­tants sous son bu­reau, his­toire de jau­ger qui prend place sur le ca­na­pé à cô­té de son maître, dans cet es­pace très per­son­nel, peu­plé de livres et de pho­tos. Im­mé­dia­te­ment, Dru­cker, en par­fait gent­le­man, nous fait ap­por­ter un ex­cellent ca­fé. On re­marque im­mé­dia­te­ment des

Icli­chés de son frère Jean, dis­pa­ru en 2003, un peu par­tout ; ain­si que des di­zaines d’autres de Da­ny (sa femme), Sté­fa­nie (sa fille), Ma­rie et Léa (ses nièces)… L’en­droit est à l’image du « tau­lier » de la té­lé : agréable et dé­li­cat. A un mo­ment, la porte s’en­trou­vri­ra et Mi­chel nous pré­sen­te­ra son os­téo. « Il s’oc­cupe de mon dos chaque se­maine la veille de mes émis­sions. Car mes émis­sions, je les pré­pare comme un match », confie ce spor­tif in­quiet de na­ture et ul­tra-per­fec­tion­niste, qui ne laisse rien au ha­sard. L’ani­ma­teur star a ac­cep­té de nous ou­vrir l’al­bum-pho­to de sa vie. AVEC SON FRÈRE JEAN VERS 1955 « Sur cette pho­to, on a 12 ans. Elle est très im­por­tante pour moi, car elle illustre notre re­la­tion fu­sion­nelle. On était presque ju­meaux, nés presque le même jour avec treize mois d’écart, lui le 12 août 1941, moi le 12 sep­tembre 1942. Jean était mon idole, et sa perte reste le drame de ma vie. Il est mort il y a treize ans, le week-end de Pâques 2003, le week-end où je l’avais convain­cu de s’as­so­cier avec moi. Le rêve de nos pa­rents, c’était qu’un jour l’au­to­di­dacte que je suis et l’énarque qu’il était puissent faire route en­semble. Il avait pris ses dis­tances avec M 6, et je l’avais convain­cu de me re­joindre. A sa dis­pa­ri­tion, j’ai re­non­cé dé­fi­ni­ti­ve­ment à prendre un poste à res­pon­sa­bi­li­té, et j’ai es­sayé de res­ter sal­tim­banque jus­qu’au bout. Jean était le phé­nix de la fa­mille, le pre­mier de la classe, pre­mier par­tout, pre­mier avec les filles, l’ENA, la voie royale, pa­tron de RTL, il a créé M 6, sa­crée aven­ture. C’était un des gent­le­men de ce mé­tier. » AVEC ANQUETIL ET ZITRONE, VERS 1965 « Léon Zitrone a été l’un de mes maîtres. Et Jacques Anquetil est le plus beau cou­reur que j’aie vu sur une piste cy­clable. Ma pas­sion du vé­lo, je l’ai dé­cou­verte en 1989 lorsque Laurent Fi­gnon a été bat­tu de 8 se­condes sur les Champs-Ely­sées par Greg LeMond. A la fin de ce Tour, j’ai eu en­vie de sa­voir ce que c’était. J’ai com­men­cé à 48 ans : c’est très tard ! Mais j’ai été mor­du par ce sport de dou­leur, de ma­so. Je roule comme un fac­teur, comme un re­trai­té, je fais tous les jours 40 mi­nutes de home trai­ner dans mon bu­reau, je roule tous les wee­kends,ends je fais 3 500 km par an. Et en va­cances, 150 à 200 km par se­maine. Le vé­lo, c’est la dis­ci­pline, et la té­lé res­semble au vé­lo. Il faut sa­voir se faire dis­cret, ne pas être Maillot jaune tout le temps, si­non on ne res­te­ra pas. En té­lé, il y a les sprin­teurs et les ma­ra­tho­niens : je suis un ma­ra­tho­nien, je trace le sillon. »

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