« Les Amé­ri­cains se com­portent comme des sa­li­gauds ! »

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Un ex-haut res­pon­sable de la DG­SI, à pro­pos des ob­jec­tifs de UANI B.C. ET M.PE.

cains, cer­ti­fie ce haut fonc­tion­naire. Elle a des liens avec le dé­par­te­ment d’Etat — est-ce qu’elle porte des agents sous cou­ver­ture ? — en tout cas il est évident qu’elle par­ti­cipe à une forme de diplomatie amé­ri­caine… »

De fait, d’autres in­dices viennent cor­ro­bo­rer cette ana­lyse. En 2014, alors qu’un riche ar­ma­teur grec, ac­cu­sé par UANI de faire des af­faires avec l’Iran, porte plainte pour dif­fa­ma­tion, le mi­nis­tère de la Justice amé­ri­cain im­pose l’aban­don de la pro­cé­dure, au nom de la sé­cu­ri­té na­tio­nale. L’af­faire est pas­sée sous le bois­seau au titre du « se­cret d’Etat ». Une me­sure ex­cep­tion­nelle outre-At­lan­tique, em­ployée par exemple pour ve­nir à bout des pour­suites sur le pro­gramme d’écoutes sans man­dat de la NSA. Mais, jus­qu’ici, ja­mais in­vo­quée dans une af­faire pri­vée…

« UANI est une arme, ré­sume un ex-haut res­pon­sable de la Di­rec­tion gé­né­rale de la sé­cu­ri­té ex­té­rieure (NDLR : les es­pions fran­çais). Elle est uti­li­sée dans le cadre d’une stra­té­gie glo­bale qui consiste à em­pê­cher des so­cié­tés étran­gères de s’im­plan­ter en Iran. Ob­jec­tif ? Se ré­ser­ver la part du lion au mo­ment où le mar­ché s’ouvre. » C’est mot pour mot l’ex­pé­rience vé­cue par un pa­tron du CAC 40, qui s’est confié à notre jour­nal : « Les Amé­ri­cains se com­portent comme des sa­li­gauds ! Ça en de­vient gros­sier ! Même s’ils re­fusent de l’ad­mettre, ils pro­tègent le mar­ché. Il y a un cer­tain Wal­lace (NDLR : Mark D. Wal­lace, an­cien am­bas­sa­deur aux Na­tions unies sous l’ad­mi­nis­tra­tion de George W. Bush, co­fon­da­teur d’UANI) qui di­rige une struc­ture créée par des fonds du dé­par­te­ment d’Etat. Ils nous adressent des lettres pour sa­voir avec qui nous sommes en con­tact en Iran et me­nacent : Si vous ne ré­pon­dez pas, nous or­ga­ni- se­rons un boy­cott contre vous. »

Bref, de la guerre com­mer­ciale pur jus. Le dis­cours d’UANI opère comme une bombe à frag­men­ta­tion. Si la me­nace ne dis­suade pas les en­tre­prises, elle pèse en­suite sur les banques fran­çaises sol­li­ci­tées pour fi­nan­cer les pro­jets. Car les sanc­tions in­ter­na­tio­nales sur l’Iran ont beau avoir été le­vées, des res­tric­tions amé­ri­caines sont tou­jours en place. En 2014, BNP Pa­ri­bas en avait fait l’ap­pren­tis­sage, condam­né à une amende re­cord de 8,9 Mds$ pour vio­la­tion des em­bar­gos amé­ri­cains… en Iran no­tam­ment. « Les banques sont té­ta­ni­sées, ce qu’on peut com­prendre », sou­pire un pa­tron.

« Se ré­ser­ver la part du lion »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.