DROITE.

Pour être can­di­dat à la primaire, Ni­co­las Sar­ko­zy cé­de­ra à la fin du mois les com­mandes du par­ti à son nu­mé­ro deux dont les am­bi­tions in­quiètent dans son camp.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Un par­le­men­taire VALÉRIE HACOT

« SI TU DONNES les clés à Wau­quiez, pense à faire un double ! » Cette pique lâ­chée par un élu des Ré­pu­bli­cains — pa­ra­phra­sant le bon mot de Jean-Fran­çois Co­pé à l’adresse de Ni­co­las Sar­ko­zy lorsque ce der­nier avait nom­mé Xa­vier Bertrand à la tête de l’UMP en 2009 — en dit long sur l’état d’es­prit d’une par­tie des troupes de l’op­po­si­tion.

Le très am­bi­tieux nu­mé­ro deux du par­ti et pré­sident de la ré­gion Au­vergne - Rhône-Alpes s’ap­prête à prendre la di­rec­tion de la for­ma­tion dès la fin du mois d’août, lan­ce­ment de la cam­pagne de Ni­co­las Sar­ko­zy oblige. Les sta­tuts de LR pré­voient en ef­fet qu’après la dé­mis­sion de son pré­sident, l’in­té­rim est as­su­ré par le vice-pré­sident et le se­cré­taire gé­né­ral, Eric Woerth. Sur le pa­pier, les deux hommes, qui sont des sou­tiens af­fi­chés de Ni­co­las Sar­ko­zy, se ré­par­ti­ront les rôles équi­ta­ble­ment. « Mais il y au­ra sans doute une hié­rar­chie entre les deux, Laurent Wau­quiez est le vi­ce­pré­sident, c’est lo­gique », pré­cise-ton au siège des Ré­pu­bli­cains.

« Wau­quiez se se­rait bien vu tout seul à la tête du par­ti », per­sifle un dé­pu­té LR. Car si Woerth fait plu­tôt consen­sus au sein des Ré­pu­bli­cains — « c’est un type calme, po­sé, sé­rieux, pas mé­chant », dé­crypte un proche d’Alain Jup­pé — Wau­quiez, qui n’était pas joi­gnable hier, est loin de faire l’una­ni­mi­té. Au fil des ans, il s’est même for­gé de so­lides ini­mi­tiés. « Vous ne trou­ve­rez pas grand monde pour le dé­fendre. Wau­quiez, c’est tout pour ma pomme, sou­pire un par­le­men­taire. Il est très sar­ko­zyste au­jourd’hui, mais en 2012 après la dé­faite à la pré­si- den­tielle, le pre­mier qui a dé­gai­né le droit d’in­ven­taire de la pré­si­dence Sar­ko­zy, c’était lui. »

Sa proxi­mi­té ac­tuelle avec l’an­cien chef de l’Etat donne en tout cas des sueurs froides à cer­tains lieu­te­nants des autres can­di­dats à la primaire : « Le risque, c’est que le par­ti donne plus de moyens à un can­di­dat (NDLR : à Sar­ko­zy). On va être très vi­gi­lant là-des­sus », mar­tèle l’un d’eux. Des in­quié­tudes in­fon­dées à en croire de nom­breux cadres. « Entre sep­tembre et no­vembre, la primaire se­ra sous le contrôle de la haute au­to­ri­té. La di­rec­tion in­té­ri­maire ne fe­ra que gé­rer les af­faires cou­rantes », as­sure le sénateur sar­ko­zyste Ro­ger Ka­rout­chi. Un point de vue par­ta­gé par le dé­pu­té Her­vé Ma­ri­ton : « Laurent Wau­quiez au­ra l’in­tel­li­gence de de­ve­nir neutre », glisse, non sans ma­lice, le can­di­dat à la primaire.

Et pour cause : en bon ani­mal politique, Wau­quiez joue le coup d’après. « Il est in­tel­li­gent, il va tout faire pour mon­trer qu’il n’est pas l’homme de Sar­ko­zy, avec le se­cret es­poir de gar­der les rênes du par­ti », an­ti­cipe un proche de Bru­no Le Maire. En clair, son ob­jec­tif se­rait de res­ter à la tête de la for­ma­tion au len­de­main du 27 no­vembre. Et comme le pa­tron des Ré­pu­bli­cains se­ra dé­si­gné par le ga­gnant de la primaire, il n’a pas in­té­rêt à se brouiller avec les can­di­dats. Si Sar­ko­zy l’em­porte, il est sûr d’être re­con­duit. Si un autre com­pé­ti­teur s’im­pose, cette stra­té­gie lui per­met de ne pas perdre toutes ses chances.

« Le vain­queur se­ra obli­gé de ras­sem­bler toute la fa­mille, cal­cule un par­ti­san de Le Maire. Wau­quiez pour­rait ain­si gar­der son poste. » Un poste stra­té­gique : Jacques Chi­rac et Ni­co­las Sar­ko­zy avaient oc­cu­pé le fau­teuil de pa­tron du par­ti avant d’être élus à l’Ely­sée…

« Vous ne trou­ve­rez pas grand monde pour le dé­fendre. Wau­quiez, c’est tout pour ma pomme. »

@vha­cot1

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