Den­ti­frices et gels douche dans le vi­seur

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Pro­pos re­cueillis par CA­MILLE MOR­DE­LET E.C.

LES CO­TONS-TIGES ne sont pas les seuls sur la liste noire des par­le­men­taires. Les mi­cro­billes de plas­tique, ajou­tées à cer­tains den­ti­frices, gels douche, masques ou gom­mages pour leurs pro­prié­tés flui­di­fiantes et ex­fo­liantes, se­ront elles aus­si in­ter­dites, et ce, dès le 1er jan­vier 2018. Et pour cause ! Elles ont beau me­su­rer moins de 5 mm, elles peuvent faire des ra­vages. Elles s’in­filtrent dans les ca­na­li­sa­tions, échappent au trai­te­ment des eaux usées… Et at­ter­rissent dans l’es­to­mac des pois­sons. « Ce sont sur­tout les es­pèces fil­treuses comme les sau­mons ou les ba­leines qui sont tou­chées », in­dique An­ti­dia Ci­tores, porte-pa­role de l’as­so­cia­tion Sur­fri­der Foun­da­tion Eu­rope.

Le hic, c’est que ces gra­nules in­ter­viennent au­jourd’hui dans la com­po­si­tion de près de 10 % des pro­duits cos­mé­tiques pré­sents sur le mar­ché, au bas mot. Pour les éra­di­quer, une vé­ri­table ré­vo­lu­tion s’im­pose donc dans l’in­dus­trie cos­mé­tique. « Le pro­ces­sus est en marche », af­firme Pa­trick O’Quin, pré­sident de la Fé­dé­ra­tion des en­tre­prises de la beau­té. « Dès 2012, cer­tains adhé­rents se sont en­ga­gés vo­lon­tai­re­ment à éli­mi­ner ces po­ly­mères de leurs pro­duits. Mais on ne trouve pas de so­lu­tions de rem­pla­ce­ment en un cl aque­ment de doigt ! Il faut re­for­mu­ler, mo­di­fier les em­bal­lages, re­faire des tests. C’est un pro­ces­sus long et coû­teux. » Un faux pré­texte pour Ro­main Ruth, PDG de Cos­me­bio, as­so­cia­tion pro­fes­sion­nelle re­grou­pant 350 en­tre­prises adhé­rentes et 400 marques.

Des so­lu­tions na­tu­relles existent

« La pé­tro­chi­mie es­saie de nous faire croire qu’on ne peut pas se pas­ser des mi­cro­billes en plas­tique mais les so­lu­tions existent, et de­puis long­temps : la si­lice, la poudre d’amande, d’olive ou de pé­pins de rai­sin ou tout sim­ple­ment le sucre ou le sel mé­lan­gés à des huiles vé­gé­tales, énu­mère-t-il. Certes, ce­la coûte plus cher mais, si on veut vrai­ment pro­té­ger l’en­vi­ron­ne­ment, il n’y a pas le choix : les pra­tiques doivent chan­ger. »

En at­ten­dant que les mi­cro­plas­tiques soient of­fi­ciel­le­ment chas­sés des rayons, la fon­da­tion Sur­fri­der pro­pose une ap­pli­ca­tion mo­bile, Beat the Mi­cro­bead, qui per­met au consom­ma­teur de dé­tec­ter la pré­sence de ces gra­nules sim­ple­ment en scan­nant le code-barres de l’ar­ticle. Im­pos­sible de tri­cher !

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