La jour­née bur­ki­ni fait des vagues

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - VINCENT MONGAILLARD

C’EST UN ÉVÉ­NE­MENT pri­vé sur la com­mune des Pennes-Mi­ra­beau (Bouches-du-Rhône) qui fait des vagues, jus­qu’à « cho­quer » le maire qui en de­mande l’in­ter­dic­tion. Le mois pro­chain, le centre aqua­tique Speed­wa­ter Park se­ra pri­va­ti­sé, une jour­née du­rant, par une as­so­cia­tion ac­cueillant des femmes au­to­ri­sées à na­ger en bur­ki­ni, une te­nue de bain is­la­mique cou­vrant le corps de la tête aux che­villes.

Smile 13, « as­so­cia­tion cultu­relle, spor­tive et d’en­traide pour femmes et en­fants », in­vite la clien­tèle à res­pec­ter l’awra (dans l’is­lam, par­ties du corps à ne pas mon­trer par pu­deur) et donc à « ne pas ve­nir en deux-pièces ». Sur le flyer, il est in­di­qué que le corps doit être cou­vert « de la poi­trine aux ge­noux ». « Le mi­ni­mum est un maillot une pièce avec pa­réo ou short-ca­le­çon », pré­cise le do­cu­ment. Les gar­çons jus­qu’à 10 ans sont ac­cep­tés mais pas les hommes. Cette ma­ni­fes­ta­tion dans un lieu pri­vé n’a, a prio­ri, rien d’illé­gal. Mais elle a pro­vo­qué hier une le­vée de bou­cliers, ali­men­tée es­sen­tiel­le­ment par des élus les Ré­pu­bli­cains et Front na­tio­nal. Valérie Boyer, dé­pu­tée LR des Bouches-duR­hône, y voit « un en­fer­me­ment so­cial » : « Ce type d’évé­ne­ment ne va pas dans le sens des lois de la Ré­pu­blique, de l’éga­li­té hom­mes­femmes. Ce qui me choque, c’est qu’on dise à des femmes qu’il faut qu’elles se couvrent, si­non elles sont im­pu­diques. »

Un ar­rê­té d’in­ter­dic­tion en pro­jet

Pour Stéphane Ra­vier, sé­na­teur­maire FN des XIIIe et XIVe ar­ron­dis­se­ments de Mar­seille, « cette jour­née is­la­mique dé­montre » qu’un « cer­tain nombre de mu­sul­mans se coupent vo­lon­tai­re­ment de notre mo­dèle ré­pu­bli­cain ».

Face aux risques de dé­bor­de­ments, Mi­chel Amiel, sénateur-mai- re sans éti­quette (mais de sen­si­bi­li­té de gauche) des Pennes-Mi­ra­beau ne veut pas de cette ma­ni­fes­ta­tion dans sa ville. « Je vais prendre un ar­rê­té mu­ni­ci­pal l’in­ter­di­sant au mo­tif qu’il est sus­cep­tible de troubles à l’ordre pu­blic. Si, sur le plan ju­ri­dique, le pré­fet es­time que cet ar­rê­té n’est pas lé­gal, il n’a qu’à le dé­fé­rer au tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif. C’est une pro­vo­ca­tion dont on n’a pas be­soin dans le contexte ac­tuel. » De son cô­té, l’as­so­cia­tion Smile 13, qui « res­pecte tout le monde » et qui n’est « pas cultuelle », s’étonne de cette polémique. « On est dans un pays faus­se­ment libre. Cer­taines femmes ne peuvent pas se bai­gner dans ce parc en temps nor­mal car elles ont des convic­tions re­li­gieuses ou per­son­nelles et ne sou­haitent pas se dé­nu­der de­vant cer­taines per­sonnes », jus­ti­fie Mé­li­sa Thi­vet, sa tré­so­rière. Contac­té hier, le parc aqua­tique n’a pu être joint.

Pour ac­cueillir les femmes en bur­ki­ni, la pis­cine de Pennes-Mi­ra­beau (Bou­ches­du-Rhône) se­ra pri­va­ti­sée une jour­née.

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