Mys­tère au vil­lage

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Un en­quê­teur MURIELLE KASPRZAK

POUR­QUOI Sa­lah a-t-il été as­sas­si­né ? Cet homme de 33 ans dis­cu­tait avec son beau-frère près de son do­mi­cile, si­tué dans une im­passe à Bouillargues (Gard), di­manche vers 22 heures, quand un deux-roues s’est ar­rê­té à sa hau­teur. Le conduc­teur, un casque intégral sur la tête, lui a fait signe de s’ap­pro­cher, puis a fait feu à quatre re­prises avec une arme de poing. Tou­ché au tho­rax et à l’ab­do­men, Sa­lah s’est ef­fon­dré sous les yeux de membres de sa fa­mille.

Une exé­cu­tion dont les en­quê­teurs cherchent tou­jours à per­cer le mys­tère. Toutes les pistes sont en­vi­sa­gées, dont la thèse de l’er­reur de cible, tant la vio­lence du crime tranche avec la personnalité de la vic­time.

A l’an­nonce de sa mort, de nom­breuses per­sonnes sont ve­nues sou­te­nir ses proches, éprou­vés par cet as­sas­si­nat ju­gé in­com­pré­hen­sible. « C’était quel­qu’un de sé­rieux », s’est conten­té de dire un oncle, re­fu­sant de s’ex­pri­mer da­van­tage. La fa­mille de Sa­lah jouit d’une bonne ré­pu­ta­tion dans le quar­tier ré­si­den­tiel, com­po­sé de pa­villons en­tou­rés de pe­tits jar­dins et si­tué à l’en­trée du vil­lage, où elle est ins­tal­lée de­puis en­vi­ron vingt­cinq ans. « Ce sont des gens simples et les en­fants n’ont ja­mais po­sé de pro­blèmes », té­moigne un voi­sin de longue date, aba­sour­di par l a vio­lence des faits.

Au bou­lo­drome, amé­na­gé s ous l es grands arbres du parc Bla­chère, seul lieu ani­mé du vil­lage écra­sé par la cha­leur, c’est la conster­na­tion. « C’est très sur­pre­nant, Bouillargues est plu­tôt calme, même s’il y a des pe­tits tra­fics comme dans tous les vil­lages, s’étonne un bou­liste. Quand on a un conten­tieux avec quel­qu’un, on l’em­plâtre… on ne le plombe pas comme ça. » Sa­lah est dé­crit par les rares ha­bi­tants qui le connais­saient comme un gar­çon po­li et dis­cret qui ne fré­quen­tait guère le centre-ville de ce bourg de 6 300 ha­bi­tants à la tra­di­tion tau­rine. Ma­ga­si­nier à Nîmes, ville dis­tante d’une poi­gnée de ki­lo­mètres, il vi­vait dans la mai- son fa­mi­liale avec son épouse. « C’était un em­ployé ap­pré­cié de son em­ployeur, de ses col­lègues et des clients, ré­sume un en­quê­teur. On ne trouve trace d’au­cun lien avec des tra­fics ou du ban­di­tisme. Il me­nait une vie tout à fait nor­male. C’est très éton­nant. » « Les rai­sons de ce fait cri­mi­nel sont pour le mo­ment to­ta­le­ment mystérieuses », confirme la pro­cu­reur de la Ré­pu­blique à Nîmes, Laure Bec- cuau, qui a confié l’en­quête pré­li­mi­naire pour as­sas­si­nat à la sec­tion de re­cherches de Nîmes et au grou­pe­ment de la gen­dar­me­rie du Gard. Les en­quê­teurs s’at­tachent ac­tuel­le­ment à com­prendre l’en­vi­ron­ne­ment du tren­te­naire pour dé­cou­vrir qui lui en vou­lait au point de le sup­pri­mer. « L’en­quête s’an­nonce as­sez longue », pré­vient un gen­darme.

« Il me­nait une vie tout à fait nor­male. C’est très éton­nant. »

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