Les sous-trai­tants du luxe re­crutent

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - SO­LENNE DUROX

S ON I MPOSANT CH­TEAU fort mé­dié­val se voit de loin. Ce­pen­dant, la ville de Fou­gères, en Ille-et-Vi­laine, a bien d’autres atouts à faire va­loir. C’est en toute dis­cré­tion qu’une di­zaine de sous-trai­tants du luxe pros­pèrent dans les en­vi­rons. Par­mi eux, le groupe France In­ter Mode (FIM), qui fa­brique des vê­te­ments, des maillots de bain et de la ma­ro­qui­ne­rie pour cinq marques d’ul­tra­luxe fran­çaises. Leurs noms sont connus dans le monde en­tier mais l’en­tre­prise a pour consigne de ne pas les ci­ter. Pour vivre heu­reux, vi­vons ca­chés.

Afin de ré­pondre aux exi­gences poin­tues de ses clients, la so­cié­té, créée en 1986, mise sur des ma­chines très per­for­mantes mais aus­si sur un sa­voir-faire ar­ti­sa­nal. « Les créa­teurs de luxe nous en­voient leurs des­sins et nous réa­li­sons en­suite toutes les étapes, du pa­tron aux es­sayages », ex­plique Jacques Mar­tin-La­lande, gé­rant de FIM.

Ef­fer­ves­cence avant les dé­fi­lés

Les usines du groupe tournent à plein ré­gime, no­tam­ment du­rant la pé­riode des col­lec­tions. « C’est l’ef­fer­ves­cence. Un taxi at­tend par­fois à l’ex­té­rieur de l’usine pour ré­cu­pé­rer un seul vê­te­ment qui doit dé­fi­ler quelques heures plus tard à Pa­ris », ra­conte-t-il. Le groupe, qui compte 150 sa­la­riés, est en plein dé­ve­lop­pe­ment. « Il y a une forte de­mande pour le made in France. C’est une ten­dance de fond qui ne concerne plus seu­le­ment le luxe. » En ef­fet, de plus en plus de marques se re­ven­di­quant éthiques et po­si­tion­nées sur les mar­chés dits « de niche », ces mar­chés très étroits cor­res­pon­dant à des pro­duit très spé­cia­li­sés, sol­li­citent FIM. Elles peuvent ain­si mettre en avant une pro­duc­tion lo­cale.

RW Cou­ture, ins­tal­lé à Lou­vi­gné-du-Dé­sert, près de Fou­gères, pro­fite éga­le­ment de l’ef­fet made in France. Ses ef­fec­tifs ont dou­blé de­puis 2015. Ces sous-trai­tants concur­rents ont un point com­mun : ils ont beau­coup de mal à re­cru­ter. « Dans les an­nées 1990, quand l’in­dus­trie tex­tile fran­çaise était mal en point, on em­bau­chait les sa­la­riés qui avaient été li­cen­ciés à la suite des fer­me­tures d’ usi nes » , e xpl i que J acques Mar­tin-La­lande.

Au­jourd’hui, les en­tre­prises ne trouvent plus de per­son­nel for­mé. FIM a donc dé­ci­dé de créer son propre centre de for­ma­tion et de pro­po­ser des pré­pa­ra­tions à l’em­ploi à des per­sonnes en re­con­ver­sion pro­fes­sion­nelle. Une tren­taine d’entre elles se­ront re­cru­tées à la ren­trée sur la base de leurs ap­ti­tudes.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.