« En ce mo­ment, on a be­soin d’être en­semble »

Anne Rou­ma­noff,

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - Pro­pos re­cueillis par R.P.

L’HU­MO­RISTE nous a confié ses im­pres­sions sur une pé­riode ten­due, juste après son spec­tacle. « Ai­mons-nous les uns les autres », c’est un titre par­ti­cu­liè­re­ment d’ac­tua­li­té… ANNE ROU­MA­NOFF. Oui, et pour­tant je l’avais choi­si avant « Char­lie Heb­do ». Je sen­tais beau­coup de ten­sions en France et pour moi c’était un titre iro­nique. Je me suis aper­çue que l’amour était le fil conduc­teur du spec­tacle : pas l’amour gnan­gnan, mais la dif­fi­cul­té à ai­mer dans le couple, l’en­tre­prise, la fa­mille… Le mes­sage, c’est que l’amour c’est dif­fi­cile, mais qu’il faut ai­mer quand même. Dans ce contexte où il y a tel­le­ment de ten­ta­tions de tom­ber dans la haine, et bien jus­te­ment es­sayons de nous ai­mer ! Mais je ne suis pas dans une pos­ture naïve. Je constate que les gens sont en­core plus sen­sibles à ce mes­sage qu’au­pa­ra­vant. En ce mo­ment on a be­soin d’être en­semble, de com­mu­nier. Et vous, est-ce que vous vous ai­mez suf­fi­sam­ment ? Je m’aime mieux qu’avant, ça, c’est sûr. De­puis que j’ai 50 ans, je me sens mieux dans ma peau. Je suis contente du tra­vail ac­com­pli. Après, ce que j ’ ai­me­rais, c’est construire une oeuvre de plus longue ha­leine. C’est pour ça qu’en ce mo me n t je tra­vaille sur un scé­na­rio de film. C’est une co­mé­die dans la­quelle je joue­rai, qui parle des femmes de 50 ans. Vous al­lez plus loin sur scène qu’à la té­lé­vi­sion, où votre hu­mour semble plus sage. C’est un choix ? La té­lé ou la ra­dio laissent des traces, c’est vrai que je cadre plus les choses. Je n’y vais ja­mais avec une vanne que je n’ai pas tes­tée au­pa­ra­vant sur scène, où je peux prendre des risques. C’est le cas avec le sketch où vous in­ter­pré­tez une élue d’ex­trême droite, dans le­quel vous al­lez plus loin que la plu­part des hu­mo­ristes qui ont trai­té le su­jet… Oui, ce sketch a été très long à mettre au point. Parce que c’est un su­jet dé­li­cat où une seule phrase peut vous faire perdre la salle. Ça a été sur un fil. Le but, c’est de faire rire tout le monde, de ne pas dres­ser les uns contre les autres. Pro comme an­ti. Le 22 août, vous faites votre grand re­tour sur Eu­rope 1 avec une de­mi-heure quo­ti­dienne… L’émis­sion va s’ap­pe­ler « Ça pique mais c’est bon ». Ce se­ra tous les jours à mi­di, sept jours sur sept. J’ai re­cru­té une ving­taine d’hu­mo­ristes qui vont tour­ner, ils se­ront trois chaque jour à mes cô­tés, avec un in­vi­té people le mer­cre­di et un politique le ven­dre­di. Je veux que ce soit mor­dant tout en res­tant sym­pa­thique, le but n’est pas d’agres­ser. Je veux qu’il y ait du sens, que ce ne soit pas juste une ac­cu­mu­la­tion de vannes et qu’après il n’en reste rien. Il y au­ra aus­si des ca­nu­lars au té­lé­phone. Le week-end, au lieu d’un simple best of, les meilleurs mo­ments de la se­maine se­ront ac­com­pa­gnés par un jeu, un coup de gueule de Di­dier Porte le sa­me­di et des pas­tiches si­gnés d’un au­teur très doué, Pas­cal Fio­ret­to, le di­manche. Je suis contente parce que j’ai une grande li­ber­té.

« Le but, c’est de faire rire tout le monde, de ne pas dres­ser les uns contre les autres »

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