A Rio, ce sont les tou­ristes qui mettent l’am­biance

Aujourd'hui en France - - LA UNE - Rio (Bré­sil) De notre cor­res­pon­dante Texte et pho­tos : MORGANN JEZEQUELQUEL Pro­pos re­cueillis par SA­BRI­NA BENNOUI

« ON VIENT TOU­JOURS mar­cher ici et on s’at­ten­dait à trou­ver la plage bien plus bon­dée. C’est vrai­ment éton­nant ! » Miguel et Li­liane re­gardent au­tour d’eux. En ce jeu­di ex­cep­tion­nel­le­ment fé­rié, l’ave­nue At­lan­ti­ca, qui longe la plage de Co­pa­ca­ba­na, a en par­tie été fer­mée à la cir­cu­la­tion pour se trans­for­mer en voie pié­tonne. Sous un so­leil aus­si clément, elle de­vrait être noire de monde. Mais à un jour de l’ou­ver­ture des JO, le quar­tier a été dé­ser­té par les Ca­rio­cas, nom don­né aux lo­caux.

Une autre ha­bi­tante du quar­tier est ve­nue dé­am­bu­ler le long de la plage avec son pe­tit-fils. Al­ber­ti­na vit de­puis qua­rante ans ici. A 54 ans, elle a ar­rê­té le beach-vol­ley il y a peu mais a ache­té des billets pour al­ler voir quelques matchs.hs « Dans ma fa­mille, on fait tous du sport. Les Ca­rio­cas sont sû­re­ment les per­sonnes les plus spor­tives du Bré­sil, Rio était donc la ville idéale pour ac­cueillir les Jeux olym­piques. Mais le mo­ment est mal choi­si. On au­rait d’abord dû in­ves­tir dans la san­té et l’édu­ca­tion, et en­suite or­ga­ni­ser cette com­pé­ti­tion », sou­ligne-t-elle.

Un peu plus loin, sur les trot­toirs pa­vés, la foule gros­sit au­tour du Mé­gas­tore de Rio 2016. A Co­pa­ca­ba­na, ce sont sur­tout les tou­ristes qui sont de sor­tie. Pen­dant que cer­tains vont ache­ter une pe­luche de la mas­cotte des JO, d’autres font la queue pour se prendre en pho­to de­vant les an­neaux olym­piques, af­fi­chant un large sou­rire. Ve­nues d’Aus­tra­lie, Kate et Meg sont ravies.

Les deux soeurs, en voyage pour cinq se­maines en Amé­rique du Sud, ont dé­ci­dé de faire un cro­chet par le Bré­sil, juste pour la com­pé­ti­tion. « Nous avons des amis qui sont ve­nus tra­vailler comme vo­lon­taires, alors on vou­lait tous se re­trou­ver. Et nous avons quelques billets pour le foot­ball et la na­ta­tion », ex­plique Kate. « En Aus­tra­lie, il n’y a que des mau­vaises nou­velles sur ces JO de Rio. Mais nous, nous sommes très contentes. On se sent en sé­cu­ri­té, les gens sont ac­cueillants. Au­cun re­gret ! »

Des col­lec­tion­neurs de pin’s du monde en­tier

As­sis à une table en bois de­vant la bou­tique de Rio 2016, Ser­gio a fiè­re­ment éta­lé sa col­lec­tion de pin’s olym­piques et mar­chande dé­jà avec des pas­sants. Pé­kin, Londres, Sot­chi, cet Es­pa­gnol s’en­vole à chaque com­pé­ti­tion olym­pique avec 20 kg de pin’s dans ses ba­gages, qu’il dis­tri­bue, échange ou vend à d’autres afi­cio­na­dos. « Des col­lec­tion­neurs du monde en­tier sont ici ! Pen­dant la com­pé­ti­tion, je se­rai de­vant le vil­lage olym­pique avec mes pin’s ! En­fin, quand je ne se­rai pas en train d’as­sis­ter à une épreuve. J’irai en voir quatre par jour pen­dant ces JO ! »

A 8 km de là, près de l’an­cien aque­duc de La­pa, les tou­ristes se bous­culent de­vant l’es­ca­lier le plus connu de Rio, ce­lui de Se­la­ron, un ar­tiste chi­lien qui a re­cou­vert les marches de car­reaux de faïence is­sus du monde en­tier. Dé­jà très pri­sée, l’oeuvre at­tire en­core plus les foules en cette pé­riode olym­pique. « Nous sommes ar­ri­vés sa­me­di der­nier et nous en avons pro­fi­té pour dé­jà connaître les prin­ci­paux points tou­ris­tiques », lance un groupe de Fran­çais ori­gi­naires de Pa­ris, en va­cances pour la pre­mière fois au Bré­sil.

« Main­te­nant, place aux JO. On a des billets pour le bas­ket, le hand­ball, le ju­do… » Pour le reste des épreuves, ils comptent al­ler s’as­seoir de­vant l’écran géant du Club France, où Fran­çois Hol­lande est d’ailleurs at­ten­du ce ven­dre­di pour déf e ndre l a can­di­da­ture de Par i s 2 024. « C’ e s t bien nor­mal qu’il vienne le faire. Mais nous n’avons pas pré­vu d’al­ler le voir… », sou­rient les va­can­ciers fran­çais.

Rio, hier. Dans les rues, l’am­biance est à la fête avec des vi­si­teurs du monde en­tier. Rio, hier.

de pin’s étale fiè­re­ment sa col­lec­tion Ser­gio (cas­quette bleue) dé­jà avec des pas­sants. olym­piques et mar­chande Rio, hier. On se bous­cule de­vant l’es­ca­lier le plus connu de Rio, ce­lui de Se­la­ron.

Rio, hier. Des tou­ristes se sont fait les ongles aux cou­leurs du Bré­sil.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.