Le sable, un ami qui vous veut du mal

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - VINCENT MONGAILLARD

ON S’Y DORE la pi­lule, on y plante son pa­ra­sol, on y édi­fie des châ­teaux… Le sable rime avec va­cances. Mais il faut s’en mé­fier. Mer­cre­di, sur la plage de Mo­liets (Landes), un homme de 21 ans qui avait creu­sé un trou de 2 m a failli mou­rir as­phyxié. Il a été sau­vé de jus­tesse par une chaîne hu­maine. Voi­ci quelques pré­cau­tions à prendre.

In­ter­dic­tion for­melle de s’en­ter­rer !

Il n’est pas rare de voir des jeunes s’en­ter­rer jus­qu’au cou pour le plai­sir d’un sel­fie. « C’est un jeu idiot et dan­ge­reux. Il suf­fit que l’eau ar­rive brus­que­ment ou qu’il y ait un af­fais­se­ment et la per­sonne se trouve en- se­ve­lie », pré­vient Jean-Mi­chel La­poux, se­cré­taire de la Fé­dé­ra­tion des maîtres na­geurs sau­ve­teurs. Chaque an­née, « 2 à 3 ac­ci­dents », par­fois mor­tels, sont re­cen­sés.

Il n’y a au­cune rai­son, en re­vanche, d’in­ter­dire à ses en­fants de construire un mini-ra­vin de 10 cm pro­té­geant le châ­teau de sable. Néan­moins, il est im­pé­ra­tif de re­bou­cher tous les trous avant de le­ver le camp, ce­la em­pê­che­ra les dis­traits de s’y tordre la che­ville.

Une ser­viette contre les my­coses

A l’ins­tar des bi­pèdes, les mi­cro-or­ga­nismes adorent se pré­las­ser au so­leil. En été, les der­ma­to­phytes, des cham­pi­gnons mi­cro­sco­piques, pro­li­fèrent sur le sable et s’at­taquent à la peau, pro­vo­quant, entre autres, des my­coses du pied ou des ongles. « S’al­lon­ger sur une ser­viette, c’est mieux qu’à même le sable », sou­ligne Clau­dine Blan­chet-Bar­don, vi­ce­pré­si­dente du Syn­di­cat na­tio­nal des der­ma­to­logues-vé­né­ro­logues. Pour se dé­ba­ras­ser de tous les in­dé­si­rables, rien ne vaut une douche. Le vi­rus des ver­rues s’in­vite éga­le­ment sur le sable. Une paire de tongs ou de mé­duses li­mite alors les risques.

Gare aux pi­qûres des pois­sons in­vi­sibles

Pré­sente le long des côtes fran­çaises, la vive, pois­son do­té d’épines vé­né- neuses sur sa crête dor­sale, peut gâ­cher des congés. Elle est in­vi­sible, en­fouie dans le sable. Gé­né­ra­le­ment, on s’y pique la plante des pieds à ma­rée basse. C’est ex­trê­me­ment dou­lou­reux et ça s’ac­com­pagne par­fois de nau­sées. Les per­sonnes al­ler­giques peuvent su­bir un choc ana­phy­lac­tique, aux consé­quences po­ten­tiel­le­ment graves. Pour neu­tra­li­ser le ve­nin, cer­tains sug­gèrent de soi­gner la plaie en plon­geant le pied dans un bac d’eau chaude. « Le mieux, c’est d’abord d’al­ler voir les se­cou­ristes sur la plage qui pour­ront orien­ter vers un mé­de­cin », conseille plu­tôt Clau­dine Blan­chet-Bar­don.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.