« Une tor­nade, c’est le graal »

Alexandre Flout­tard,

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - F.M.

Dix ans dé­jà qu’Alexandre Flout­tard traque les orages dans le Sud-Ouest. Pré­vi­sion­niste au ser­vice aé­ro­nau­tique de Mé­téo France, il s’est pris de pas­sion pour les pho­tos de cu­mu­lo­nim­bus, consi­dé­ré comme le roi des nuages. Un nuage sou­vent sy­no­nyme de ra­fales de vent, de chute de grêle, de foudre et de ri­deaux de pluie. Des phé­no­mènes spec­ta­cu­laires que ce pas­sion­né adore im­mor­ta­li­ser en images. Pour cap­ter les plus beaux spé­ci­mens, Alexandre a ap­pris à sys­té­ma­ti­que­ment se pla­cer « à l’avant » du phé­no­mène ora­geux. « En gé­né­ral, il faut être entre 20 et 30 km de l’orage », confie le pas­sion­né qui an­ti­cipe plu­sieurs jours à l’avance l’ar­ri­vée d’un orage dans sa ré­gion, grâce aux pré­vi­sions de Mé­téo France. « Avoir pré­vu l’ar­ri­vée d’un orage dans un sec­teur et le voir se concré­ti­ser sur le ter­rain alors que le ciel était bleu le ma­tin, c’est fas­ci­nant. » Alexandre peut pas­ser plu­sieurs jours à pré­pa­rer sa séance pho­to. « Je cible les orages les plus vio­lents et grâce aux sys­tèmes de mo­dé­li­sa­tion nu­mé­rique et aux ra­dars de pré­ci­pi­ta­tion, j’ar­rive à af­fi­ner la zone de chasse et à an­ti­ci­per le mou­ve­ment de l’orage » ex­plique-t-il. Le 29 avril 2012, le pré­vi­sion­niste a réus­si à cap­tu­rer en pho­to une tor­nade, « le graal de tous les chas­seurs d’orages ». « Outre la forme es­thé­tique et les jeux de lu­mière im­pres­sion­nants de cer­tains orages, ce qui me fas­cine est la puis­sance de ces phé­no­mènes, té­moigne Alexandre. Les orages su­per­cel­lu­laires les plus puis­sants concentrent une éner­gie plus grande que deux bombes ato­miques. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.