A 83 ans, le son­neur cherche un ap­pren­ti

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - ARMELLE PARION

LA COM­MUNE de Pré­ser­ville (Haute-Ga­ronne) cherche un suc­ces­seur pour faire tin­ter les cloches de son église. Julien Au­douy oc­cupe cette fonc­tion, dans ce vil­lage de 800 ha­bi­tants, de­puis dix-huit ans. Der­nier son­neur en chair et en os du Lau­ra­gais, il avait rem­pla­cé sa femme à son dé­cès, après trente-quatre ans de bons et loyaux ser­vices. Julien a été éco­lier et en­fant de choeur ici, avant de de­ve­nir ma­çon, ou­vrier agri­cole puis mar­brier. Au­jourd’hui âgé de 83 ans, il a beau être en bonne san­té, il n’est pas éternel. « Après lui, il nous fau­drait quel­qu’un de pas­sion­né, pour ap­prendre et ac­cep­ter la contrainte. J’ai pen­sé à sa fille, mais pour l’ins­tant, elle ne dit ni oui ni non », ex­plique le maire de Pré­ser­ville, Pa­trick de Pé­ri­gnon.

Faire ré­son­ner tous les jours les douze coups de mi­di, an­non­cer la messe do­mi­ni­cale une fois par mois, mais aus­si les ma­riages, les bap­têmes et les ob­sèques… Le son­neur a même son­né le glas après l’at­taque ter­ro­riste du prêtre à Saint-Etienne- du-Rou­vray. Il doit ti­rer les cordes de toutes ses forces, et ce­la né­ces­site une bonne oreille et de la maî­trise. « J’at­tends qu’il soit mi­di pile, grâce au ré­veil que j’ai là-haut, puis j’ac­tionne une cloche avec le pied et les deux autres à la main. J’ai vu faire mon épouse pen­dant des an­nées. J’avais le son dans la tête. J’es­père que ma fille ac­cep­te­ra de prendre le re­lais. Les jeunes ne s’in­té­ressent plus à ce­la », re­grette Julien Au­douy.

Si le maire de Pré­ser­ville ne trouve pas de suc­ces­seur, il de­vra au­to­ma­ti­ser l’an­gé­lus. « Ce­la coû­te­ra beau­coup plus cher et nous per­drons tout le charme et l’au­then­ti­ci­té des cam­pagnes d’an­tan. »

Julien Au­douy sonne les cloches de l’Eglise de Pré­ser­ville de­puis 18 ans .

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