Bou­li­mie de cam­brio­lages en Gua­de­loupe

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - NI­CO­LAS JAC­QUARD

TROIS PER­SONNES, au coeur de la nuit de sa­me­di à di­manche der­nier. Trois in­di­vi­dus sus­pects qui en­chaînent les al­lers-re­tours entre leur voi­ture et un uti­li­taire ga­ré sur un par­king des Abymes, en Gua­de­loupe. Il est vers 2 heures du ma­tin, et l’équi­page de la BAC qui in­ter­vient com­prend vite qu’elle est sur un un jo­li coup. Un dis­po­si­tif est ra­pi­de­ment mis sur pied, les trois hommes sur­veillés puis ap­pré­hen­dés. Leur four­gon­nette est équi­pée comme celle du par­fait plom­bier : cha­lu­meau, piedde-biche, pinces-mon­sei­gneur XXL et dis­queuses pro­fes­sion­nelles. Le même at­ti­rail re­trou­vé à deux re­prises au cours des der­niers mois par des pa­trouilles de po­lice et de gen­dar­me­rie dans deux autres uti­li­taires faus­se­ment im­ma­tri­cu­lés, aban­don­nés par leurs uti­li­sa­teurs noc­turnes.

Sa­me­di, la troi­sième fois fut donc la bonne. En in­ter­pel­lant ces in­di­vi­dus, âgés de 22, 32 et 42 ans, les ser­vices de po­lice met­taient un coup d’ar­rêt à une équipe sus­pec­tée de pas moins de trente « casses » de­puis dé- but jan­vier, et sur la­quelle la PJ et la sû­re­té dé­par­te­men­tale tra­vaillaient conjoin­te­ment avec as­si­dui­té. Deux des mal­frats étaient connus pour des faits de pe­tite dé­lin­quance, le troi­sième était chauf­feur rou­tier.

5 000 à 10 000 € par coup

Confron­tés à des élé­ments in­con­tes­tables — traces pa­pil­laires, iden­ti­fi­ca­tion du vé­hi­cule no­tam­ment —, les trois « cas­seurs » n’ont eu d’autre choix que d’avouer six pas­sages à l’acte, dont trois coup sur coup la nuit de leur in­ter­pel­la­tion. Mais au fi­nal, « on les soup­çonne ef­fec­ti­ve­ment d’au moins une tren­taine de faits de­puis le dé­but de l’an­née, dé­ve­loppe Ch­ris­tian Nuss­baum, com­mis­saire di­vi­sion­naire à la tête de la di­rec­tion in­ter­ré­gio­nale de la PJ An­tilles-Guyane. Et il n’est pas im­pos­sible qu’on en re­trouve d’autres. C’était de vé­ri­tables sta­kha­no­vistes, qui ef­fec­tuaient au préa­lable de sé­rieux re­pé­rages ».

Leur seul cri­tère : la pré­sence d’un coffre-fort, éven­tré sur place ou em­me­né pour être dé­cou­pé ul­té­rieure- ment. Pour le reste, les cibles étaient des plus di­verses, de la can­tine d’une école à un ga­rage au­to­mo­bile en pas­sant par des so­cié­tés de BTP. Pour par­ve­nir à leurs fins, les mal­fai­teurs n’hé­si­taient pas, par­fois, à dé­fon­cer les murs à l’aide d’un ou­tillage adap­té, afin d’ac­cé­der aux pré­cieux coffres, à l’in­té­rieur des­quels ils ré­colt ai ent en moyenne de 5 000 à 10 000 €. Au cours des per­qui­si­tions, des ca­goules et une arme de poing ap­pro­vi­sion­née ont par ailleurs été re­trou­vés.

En Gua­de­loupe no­tam­ment, les casses et autres bra­quages à main ar­mée, plus qu’ailleurs, sont un fléau. Zones po­lice et gen­dar­me­rie confon­dues, près de 200 faits ont été en­re­gis­trés de­puis le dé­but de l’an­née. « La lutte contre ce phé­no­mène est une de nos prio­ri­tés, re­lève le com­mis­saire Nuss­baum. Et sur un dos­sier comme ce­lui-ci, la conju­gai­son de notre ex­per­tise PJ et de celle de nos col­lègues de sé­cu­ri­té pu­blique a por­té ses fruits. » @ni­co­jac­quard

Les Abymes (Gua­de­loupe). Le 16 avril der­nier, les mal­frats ont no­tam­ment éven­tré au cha­lu­meau le coffre d’un res­tau­rant.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.