Un élu bles­sé par balles ac­cu­sé de pres­sions

VIO­LENCES. L’homme qui a ti­ré sur un élu de Noi­sy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) s’est li­vré à la jus­tice. Il dit avoir été pous­sé à cette ex­tré­mi­té à cause de pres­sions sur son en­tre­prise.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Bou­ba­ker M., l’un des au­teurs pré­su­més de l’agres­sion de Mi­loud Gher­ras STÉ­PHANE SELLAMI

IL AS­SURE n’avoir eu d’autre choix pour dé­fendre sa di­gni­té et mettre fin aux « pres­sions » et aux « in­ti­mi­da­tions ». Mer­cre­di, Bou­ba­ker M., 28 ans, ha­bi­tant de la ci­té du Lon­deau à Noi­sy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), a été mis en exa­men pour « ten­ta­tive d’as­sas­si­nat en bande or­ga­ni­sée » par un juge d’ins­truc­tion de Bo­bi­gny, avant d’être pla­cé en dé­ten­tion pro­vi­soire à la pri­son de Ville­pinte. Ce jeune en­tre­pre­neur dans le sec­teur du bâ­ti­ment s’est li­vré lun­di aux en­quê­teurs de la po­lice ju­di­ciaire de Seine-Saint-Denis.

Son nom cir­cu­lait de­puis plu­sieurs jours comme le co­au­teur des tirs contre un élu de Noi­sy-le-Sec, le 19 juillet, sur un par­king du quar­tier du Lon­deau. Son com­plice pré­su­mé est tou­jours ac­ti­ve­ment re­cher­ché. Ce soir­là, Mi­loud Gher­ras, conseiller mu­ni­ci­pal sans éti­quette, âgé de 39 ans, est pris pour cible par deux hommes qui agissent à vi­sage dé­cou­vert.

Ar­més de deux pis­to­lets de ca­libre 9 mm et 7,65 mm, ils font feu à plu­sieurs re­prises dans sa di­rec­tion avant de l’at­teindre de cinq balles dans les jambes. Ra­pi­de­ment pris en charge par les se­cours, Mi­loud Gher­ras est éva­cué vers l’hô­pi­tal Hen­ri- Mon­dor à Cré­teil (Val-de-Marne), mais ses jours ne sont pas en dan­ger.

Quelques ins­tants avant de se li­vrer à la po­lice, l’un des au­teurs pré­su­més des faits s’est confié à notre jour­nal. Bou­ba­ker M. nous a in­di­qué « as­su­mer son geste » même s’il est « conscient d’avoir tout per­du ». « Je ne pou­vais plus le lais­ser faire, ex­plique-t-il en évo­quant Mi­loud Gher­ras. Cet homme agit en ter­ro­ri­sant les gens, parce que c’est un an­cien boxeur et que rien ne peut se faire au Lon­deau sans pas­ser par lui. De­puis 2014, il n’a ces­sé de nous mettre la pres­sion parce que nous avions une pe­tite so­cié­té de net­toyage, puis de tra­vaux, qui com­men­çait à bien mar­cher à Noi­sy-le-Sec. »

Bou­ba­ker M. ajoute qu’il a « pé­té les plombs », le 19 juillet, lors­qu’il a vu Mi­loud Gher­ras ten­ter d’in­ti­mi­der un de ses frères. « C’était la goutte d’eau, pour­suit l’au­teur pré­su­mé des faits. Quand je suis par­ti le trou­ver, c’était pour lui dire qu’il n’était pas le caïd du Lon­deau. Mais il s’est tout de suite mis en garde à la fa­çon d’un boxeur. Je vou­lais juste lui faire com­prendre qu’il fal­lait qu’il ar­rête. » Pour­quoi n’a-t-il pas dé­non­cé ces pres­sions à la po­lice ? « J’ai agi se­lon le code de la ci­té, c’est vrai, confie-t-il. Ici, si tu portes plainte, tu es une vic­time. J’au­rais dû par­tir du Lon­deau. Mais ce qui est fait est fait. »

Après son agres­sion, Mi­loud Gher­ras avait af­fir­mé sur les ré­seaux so­ciaux que le maire UDI de la ville, Laurent Ri­voire, connais­sait ses agres­seurs. L’élu avait por­té plainte.

« Même s’il est clair que de tels actes de la part de mon client sont graves, les élé­ments de contexte, qui se­ront dé­mon­trés par l’ins­truc­tion, ra­mè­ne­ront cette af­faire à ce qu’elle doit être : une ac­tion de défense, certes dis­pro­por­tion­née, mais ren­due iné­luc­table par l’at­ti­tude du plai­gnant ! » sou­tient Me Jo­seph Co­henSab­ban, l’avo­cat de Bou­ba­ker M.

Sol­li­ci­tée hier, Me Ma­li­ka Iba­za­tene, l’avo­cate de Mi­loud Gher­ras, n’a pas « sou­hai­té s’ex­pri­mer tant que les in­ves­ti­ga­tions sont en cours ».

« Je vou­lais lui dire qu’il n’était pas le caïd du quar­tier »

Mi­loud Gher­ras, conseiller mu­ni­ci­pal de Noi­sy-le-Sec, a re­çu cinq balles dans les jambes le 19 juillet der­nier.

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