Les ha­bi­tués ont du mal à y croire

Aujourd'hui en France - - EN FRANCE - J.M.

COMME TOUS LES LILLOIS, Jus­tine, Em­ma­nuel et Ber­nar­do, trois amis qui se sont re­trou­vés sur un banc du parc Jean-Bap­tiste-Le­bas, n’avaient hier que l’an­nu­la­tion de la bra­de­rie à la bouche. « Avec tout ce qui s’est pas­sé, ça pa­raît nor­mal, sur­tout qu’on est très proche de la Bel­gique et de ses ré­seaux. Mais chaque an­née, c’est le grand ren­dez-vous, la pro­me­nade en fa­mille et entre amis… Moi, ça fait vingt-cinq ans que je suis à Lille, je l’ai faite vingt-cinq fois, et j’ai ex­po­sé deux fois », sou­rit Ber­nar­do.

« C’est très triste, pour les en­fants comme pour les adultes, sou­pire Jus­tine, lil­loise de­puis tou­jours. On est ha­bi­tués à pas­ser la jour­née en ville, à voir du monde, à man­ger une moules-frites, à chi­ner… Là, ça va faire vrai­ment bi­zarre, ça va pas être la même am­biance ! En tout cas, c’est sûr, on ne va pas avoir le sou­rire. »

Em­ma­nuel, qui connaît la bra­de­rie de­puis qu’il est « haut comme ça », a tou­jours du mal à croire à la nou­velle. « On com­men­çait dé­jà à voir les gens mettre des af­fi­chettes pour ré­ser­ver leur em­pla­ce­ment, comme chaque an­née. C’est in­croyable de pen­ser que tout ça est an­nu­lé à cause de ces fous fu­rieux ! On va plus pou­voir rien faire à cause d’eux ! Je com­prends la dé­ci­sion qui a été prise, mais en même temps, s’ils veulent frap­per Lille, ils peuvent le faire n’im­porte quand, dans les grands ma­ga­sins, à la gare, à la foire… C’est vrai­ment dom­mage pour la bra­de­rie, et vrai­ment in­com­pré­hen­sible qu’ils aient au­to­ri­sé les fan-zones pen­dant l’Eu­ro… »

Une dé­cep­tion d’au­tant plus grande que le trio se pré­pa­rait à ar­pen­ter la bra­de­rie comme chaque an­née, sans in­quié­tude par­ti­cu­lière pour la sé­cu­ri­té. « Si la bra­de­rie avait été main­te­nue, on l’au­rait faite comme d’ha­bi­tude, bien sûr ! Je pense qu’on n’au­rait même pas cher­ché à évi­ter la foule. A ce compte-là, on ne fait plus rien, de toute fa­çon », es­time Jus­tine. Qui, fi­dèle à la tra­di­tion, compte bien s’of­frir une moules-frites le 3 sep­tembre, bra­de­rie ou pas.

Lille, hier. Pour Jus­tine, Em­ma­nuel et Ber­nar­do, la bra­de­rie est un ren­dez-vous in­con­tour­nable.

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