L’ul­time quête de To­ny Par­ker

BAS­KET (H). Pour ses adieux aux Bleus, qui dé­butent face à l’Aus­tra­lie (19 h 15), la star tri­co­lore rêve d’une apo­théose en fi­nale contre ses potes de la Dream Team amé­ri­caine.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Rio (Bré­sil) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux To­ny Par­ker ÉRIC MI­CHEL

19 H 15

IL A DONC DÉ­JÀ IMA­GI­NÉ l’adieu idéal : le 21 août, en fi­nale des JO contre les in­vin­cibles Amé­ri­cains et ses co­pains de la NBA qui le consi­dèrent comme leur égal. En­suite, le plus grand bas­ket­teur fran­çais de tous les temps, 34 ans et pa­pa pour la deuxième fois de­puis une se­maine d’un pe­tit Liam, ne por­te­ra plus le maillot bleu. « L’équipe de France, c’est comme une his­toire d’amour. Quand ce se­ra fi­ni, elle me man­que­ra. Ça me fe­ra bi­zarre les pre­miers étés, quand il ne fau­dra plus re­ve­nir. Mais je se­rai tou­jours le plus fervent sup­por­teur des Bleus. »

To­ny Par­ker, cham­pion de France en tant que pré­sident avec l’Asvel, tourne une sa­crée page de sa jeune exis­tence avec, pour le mo­ment, une émo­tion bien maî­tri­sée. « J’ai don­né beau­coup de ma vie aux Bleus. Ma vie a com­men­cé avec l’équipe de France, celle des ca­dets à l’époque. Après, tous les ans j’étais là pour es­sayer d’ame­ner le bas­ket fran­çais le plus haut pos­sible. » Après quelques mo­ments de gloire et beau­coup de ga­lères, des cam­pagnes qui l’ont conduit jusque dans les coins les plus im­pro­bables du conti­nent, TP y est par­ve­nu il y a trois ans en Slo­vé­nie en rem­por­tant le Cham­pion­nat d’Eu­rope, som­met d’une car­rière qui af­fiche au­jourd’hui 175 sé­lec­tions : « Je n’ai au­cun re­gret avec l’équipe de France. Le seul que j’au­rais pu avoir, c’est si je n’avais ja­mais rien ga­gné. Ça m’au­rait h a n t é l o n g t e mp s après ma car­rière. Le jour où j’ai ga­gné en Slo­vé­nie, un poids énorme s’est sou­le­vé de me s é p a u l e s . Tout est par­ti d’un coup. Je me suis sen­ti tel­le­ment sou­la­gé, li­bé­ré. J’avais l’im­pres­sion de por­ter le pays. On di­sait la gé­né­ra­tion Par­ker-ci, la gé­né­ra­tion Par­ker-là, mais on ne ga­gnait pas. Ce n’était pas lourd à por­ter mais, la veille de la fi­nale, la pres­sion, tu la sens car tu n’as pas en­vie de dé­ce­voir. »

Aux JO à Rio, pour ce qu’il consi­dère comme « un des plus grands évé­ne­ments au monde avec le Su­per Bowl, les fi­nales NBA et la Coupe du monde de foot », To­ny Par­ker ne res­sent ni stress ni pres­sion. Même si le lea­deur de la plus belle gé­né­ra­tion du bas­ket tri­co­lore veut aus­si gom­mer un Eu­ro en France dé­ce­vant mal­gré la mé­daille de bronze qu’il a rap­por­tée à San An­to- nio. « On reste en­core dé­çus. Per­son­nel­le­ment, j’au­rais pu mieux jouer car je vou­lais tel­le­ment bien faire, mais c’est comme ça, c’est la vie. Le mois qui a sui­vi, ça m’a han­té. Mais je ne pou­vais res­ter triste trop long­temps. Je suis tel­le­ment né sous une bonne étoile que je ne peux pas me plaindre. »

« Dans ma car­rière, j’ai réa­li­sé tout ce que je vou­lais »

Le joueur ori­gi­naire de Bruges (Bel­gique) d’un pa­pa amé­ri­cain et d’une ma­man néer­lan­daise, né au bas­ket entre Fé­camp et Mont-Saint-Ai­gnan, ne se plain­dra pas non plus si ses Bleus ne sont pas mé­daillés. « Mon but, c’était de ga­gner quelque chose avec l’équipe de France, un titre, n’im­porte le­quel. On n’avait ja­mais eu de mé­daille d’or avant ça et, pour moi, c’était le plus im­por­tant. J’ai donc dé­jà réa­li­sé tout ce à quoi je rê­vais. La mé­daille olym­pique ne me manque pas vrai­ment. Elle se­ra juste un jo­li bo­nus, la ce­rise sur le gâ­teau d’une fin rê­vée ici aux JO. Quand j’étais pe­tit, je vou­lais jouer en NBA. Je vou­lais être cham­pion NBA, c’était ça mon rêve. Dans ma car­rière, j’ai réa­li­sé tout ce que je vou­lais : 4 titres NBA, MVP des fi­nales (NDLR : en 2007, ré­com­pense pour le joueur ayant mon­tré le meilleur jeu du­rant les fi­nales NBA). Tous mes ob­jec­tifs, je les ai dé­jà réus­sis. Et je sais que je laisse les Bleus dans de très bonnes mains. » Celles des Ba­tum et De Co­lo. Pour sa 9e par­ti­ci­pa­tion aux JO, l’équipe de France de bas­ket se conten­te­rait d’éga­ler la per­for­mance des Bleus de 1948 et 2000. À Londres comme à Syd­ney, les bas­ket­teurs tri­co­lores avaient échoué en fi­nale face aux Amé­ri­cains. Ces deux fi­nales per­dues ont ap­por­té les deux seules mé­dailles dé­cro­chées par la sé­lec­tion mas­cu­line.

Rio (Bré­sil), le 3 août. To­ny Par­ker aborde la com­pé­ti­tion sans stress ni pres­sion.

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