Khyar, ja­mais sans sa mère

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Wa­lide Khyar, cham­pion d’Eu­rope 2016 SAN­DRINE LE­FÈVRE

sume Wa­lide.

C’est elle, en outre, qui a mis le jeune homme sur les ta­ta­mis — « parce qu’il re­muait tel­le­ment qu’il fal­lait le ca­na­li­ser » —, elle en­core qui, après le tra­vail, l’ac­com­pa­gnait à l’en­traî­ne­ment et aux com­pé­ti­tions. « Au dé­but, on n’avait pas de voi­ture, on par­tait

« C’est tout juste si elle n’est pas sur le ta­ta­mi avec moi »

tel­le­ment tôt pour les tour­nois qu’il nous ar­ri­vait de prendre le bus de nuit. On en a pas­sé des heures dans les tran­sports ! se sou­vient Wa­lide. C’était l’une des rares ma­mans à être tou­jours pré­sentes sur les bords des ta­ta­mis. »

« J’étais aus­si pa­rent d’élève, pré­cise Na­jat. Même quand il était au pôle es­poirs de Rouen, puis au pôle France d’Or­léans, j’al­lais aux réunions, pré­cise-t-elle. Je sur­veillais aus­si de près ses notes, j e vou­lais qu’il soit le meilleur. » « C’est elle qui m’a fait in­té­grer les pôles, pour­suit le cham­pion d’Eu­rope des moins de 60 kg. Elle s’était ren­sei­gnée sur In­ter­net et m’a fait écrire des CV et rem­plir des dos­siers. Moi, je pen­sais être trop jeune pour tout ce­la. Ma mère, ce qu’elle a fait pour moi, c’est beau, c’est fort. »

« Ma­man, c’est un peu l’agent de Wa­lide », plai­sante Sou­fiane, le frère aî­né. Fiè­re­ment, Na­jat montre des pho­tos. La Rou­ma­nie en 2014, Du­baï l’an pas­sé, Mia­mi et la Tu­ni­sie. « Ma mère et mes frères viennent par­tout avec moi en com­pé­ti­tion », pré­cise Wa­lide. « J’en pro­fite pour prendre des va­cances et pour vi­si­ter », pour­suit Na­jat.

Rio ne pou­vait pas se faire sans elle. « C’est tout juste si elle n’est pas sur le ta­ta­mi avec moi, s’amuse Wa­lide. Quand je suis en plein com­bat, je sais où elle est, je tourne ra­pi­de­ment la tête et je la re­garde. » « Je suis tel­le­ment fière qu’il soit aux Jeux olym­piques ! s’illu­mine la ma­man. Quand il m’a ap­pris la nou­velle, j’étais aus­si heu­reuse que le jour où il a dé­cro­ché son bac. Je rêve main­te­nant qu’il dé­croche la mé­daille d’or ! »

Cham­pion d’Eu­rope en titre, Wa­lide Khyar a dé­bu­té le ju­do à sept ans.

Brie-Comte-Ro­bert (Seine-et-Marne), le 11 juin. Le lien entre le ju­do­ka Wa­lide Khyar et sa ma­man Na­jat est in­des­truc­tible.

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