Aux armes, mous­que­taires !

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Er­wann Le Pé­choux, fleu­ret­tiste ÉRIC MI­CHEL

AVEC 115 MÉ­DAILLES dont 41 en or de­puis 1896, l’es­crime r e s t e l e s por t f r an­çais l e plus mé­daillé des Jeux. Les mous­que­taires ne se­ront pas rat­tra­pés à Rio : le cy­clisme (90) et l’ath­lé­tisme (63) sont loin der­rière. Le pro­blème est que le comp­teur s’est ar­rê­té à Pé­kin en 2008. Pour la pre­mière fois de­puis Rome en 1960, les es­cri­meurs sont re­ve­nus bre­douilles de Londres.

Ce fias­co a lais­sé des traces. Elue à la pré­si­dence de la Fé­dé­ra­tion en 2013, Isa­belle La­mour a fait le mé­nage du sol au pla­fond. « Les nou­veaux li­cen­ciés que nous at­ten­dions ne sont pas ve­nus. Notre prio­ri­té a été de re­cons­truire les liens de confiance bri­sés. Il a fal­lu ré­ap­prendre à s’ai­mer. »

Son époux, Jean-Fran­çois, double cham­pion olym­pique au sabre (19841988) et an­cien mi­nistre des Sports, le confirme : « Il y a eu un vrai choc mais ce­la avait gran­di avant. A Pé­kin, il y avait des signes in­quié­tants. Il man­quait un socle. » Nom­mé DTN après le bide, Ch­ris­tian Pee­ters a re­mis l’équipe de France à l’en­droit : « Le mes­sage des ath­lètes a été en­ten­du. Il ne s’agit pas ici d’ef­fa­cer un échec mais d’y gla­ner les suc­cès, de s’y mon­trer conqué­rant. »

Qu’est-ce qui a chan­gé ? La France, qui est au Bré­sil sans au­cun an­cien mé­daillé olym­pique, a re­trou­vé une âme et le goût de la vic­toire. « De la sé­ré­ni­té », es­père Isa­belle La­mour. « Les ath­lètes prennent du plai­sir à s’af­fron­ter à l’en­traî­ne­ment », confirme Hugues Obry, le coach de l’épée. Sous-en­ten­du : ce n’était pas le cas avant. « Nous avons ré­ap­pris à ga­gner au ni­veau mon­dial. La vic­toire ap­pelle la vic­toire et il y au­ra des mé­dailles à Rio », en­chaîne Gau­thier Gru­mier, le no 1 mon­dial à l’épée.

Des mé­dailles, oui, mais com­bien ? Dans toutes les armes, hommes et femmes, en in­di­vi­duel ou par

« Ce n’est pas tou­jours le meilleur qui gagne »

équipes, la France est dans le top 10 mon­dial. « Nous évi­te­rons un nou­veau trou noir ! La France est le seul pays qui a qua­li­fié toutes ses armes. A l’Eu­ro en juin, nous avons ga­gné une mé­daille dans les trois ( NDLR : 9 au to­tal) », glisse la pré­si­dente qui es­père au moins deux po­diums. « Il se­rait in­juste qu’on ne re­parte pas plu­tôt avec trois ou quatre », sou­haite Jean-Fran­çois La­mour.

L’épée est at­ten­due pour le dou­blé avec dans ses rangs Gau­thier Gru­mier, le no 1 mon­dial in­di­vi­duel et par équipes : « Si les jours J (9 et 14 août) nous sommes à notre ni­veau et les autres au leur, nous ne se­rons pas loin d’être cham­pions olym­piques », es­père Hugues Obry. Vincent Ans­tett (no 5 mon­dial) et Cé­ci­lia Ber­der (no 9) au sabre, Jé­ré­my Ca­dot (no 13), Er­wann Le Pé­choux (no 15) et Ysao­ra Thi­bus (no 5) au fleu­ret sont aus­si des es­poirs de suc­cès.

« Notre sport se joue sur une seule jour­née et ce n’est pas tou­jours le meilleur qui gagne. C’est ce qui fait son charme », glisse Er­wann Le Pé­choux, le fleu­ret­tiste aux trois JO der­rière lui.

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